Pallade Veneta - Espagne: hommage national et tensions politiques pour le premier anniversaire des inondations de Valence

Espagne: hommage national et tensions politiques pour le premier anniversaire des inondations de Valence


Espagne: hommage national et tensions politiques pour le premier anniversaire des inondations de Valence
Espagne: hommage national et tensions politiques pour le premier anniversaire des inondations de Valence / Photo: Manaure Quintero - AFP/Archives

L'Espagne rend un hommage solennel mercredi dans des "funérailles d'Etat" aux plus de 230 personnes disparues il y a un an, jour pour jour, dans des inondations qui restent la pire catastrophe naturelle du pays depuis des décennies.

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Douze mois après, de nombreuses questions demeurent sur la gestion désastreuse de la catastrophe par les autorités de droite de la région de Valence, menées par son président Carlos Mazón, dont les habitants des zones sinistrées réclament en vain la démission.

La cérémonie débutera à Valence, troisième ville d'Espagne, à 18H00 locales (17H00 GMT) en présence notamment du roi Felipe VI, de la reine Letizia, et du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez.

Malgré les appels des familles des victimes à ne pas venir, M. Mazón a fait savoir qu'il serait présent.

Parmi les invités figurent également les maires des 78 communes de la périphérie sud de Valence qui furent dévastées ce jour-là par un torrent d'eau et de boue, ainsi que 800 proches des 237 victimes. La quasi-totalité des décès (229) ont été enregistrés dans la province de Valence, huit personnes ayant trouvé la mort dans d'autres régions.

Les autorités de cette région du sud-est de l'Espagne ont décrété une journée de deuil à la mémoire des disparus.

- "Une société traumatisée" -

À Paiporta, ville martyre de 27.000 résidents où il y eut 56 morts, le deuil durera trois jours. Une veille marquée par trois minutes de silence est prévue dans l'après-midi.

"N'importe quel jour un peu nuageux, on peut voir dans l'humeur (des gens) que nous ne sommes pas bien, parce que nous sommes une société traumatisée", confie à l'AFP Mariló Gradolí, la présidente d'une association de victimes.

Personne dans ces localités meurtries n'a oublié ces images d'effroi, celles de torrents d'eau boueuse emportant tout sur leur passage, piégeant de nombreux habitants bloqués dans leur voiture, dans un parking souterrain ou parfois surpris chez eux dans de petites maisons qui ne purent résister aux flots.

Plus de 130.000 véhicules ont été arrachés et emportés, parfois empilés dans des tas gigantesques. Des milliers de logements ont été dévastés et rendus insalubres.

Ce tsunami d'eau et de boue a tout charrié sur son passage, générant un total de 800.000 tonnes de déchets.

La semaine dernière, le corps d'un homme a été retrouvé après avoir été charrié par la rivière Turia. Son décès avait déjà été comptabilisé.

Aujourd'hui, deux corps n'ont toujours pas été retrouvés.

- "On était vraiment seuls" -

Les sinistrés accusent les autorités régionales de ne pas les avoir avertis suffisamment tôt du danger que constituaient ces pluies, alors que les services météorologiques nationaux avaient émis dès le matin une alerte rouge (risque maximal) pour toute la région.

L'heure du SMS d'alerte envoyé par les autorités régionales aux habitants à 20H11 (soit plus de 12 heures après l'alerte rouge de l'agence météorologique) reste ainsi au cœur des débats et à l'origine de l'hostilité populaire à l'encontre de M. Mazón.

Dans ce climat de colère et de désespoir, où les sinistrés se sentaient abandonnés, les souverains espagnols ont été pris à partie lors d'une visite à Paiporta quelques jours après la tragédie, recevant des jets de boue, alors que Pedro Sánchez était exfiltré par la sécurité.

"On était vraiment seuls", se souvient Doly Murcia, 50 ans, une habitante de Paiporta.

Signe que la colère est toujours là, plus de 50.000 personnes ont manifesté samedi dans le centre-ville de Valence pour demander "justice" et réclamer la démission de M. Mazón, qui a été absent pendant des heures ce jour-là et, pour ses détracteurs, n'a pas été à la hauteur.

Son emploi du temps précis le 29 octobre 2024 demeure au centre des discussions et des enquêtes.

Mais il refuse de démissionner, fort du soutien du patron de la droite espagnole, Alberto Núñez Feijóo.

Z.Ottaviano--PV

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