Pallade Veneta - La nouvelle vague chaleur gagne du terrain, les nappes phréatiques se dégradent

La nouvelle vague chaleur gagne du terrain, les nappes phréatiques se dégradent


La nouvelle vague chaleur gagne du terrain, les nappes phréatiques se dégradent

Pour la troisième fois en quelques semaines, de fortes chaleurs étouffent la quasi-totalité du pays, avec 67 départements en vigilance orange canicule mercredi, tandis que les nappes phréatiques s'assèchent et que le risque d'incendies augmente.

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Les conditions anticycloniques "associées à une masse d'air devenant de plus en plus chaude", progressant vers le nord et l'est de l'Hexagone, sont à l'origine de ce nouvel épisode "sévère et durable", explique Météo-France.

Mardi, le thermomètre a grimpé jusqu'à 41,3°C à Angoulême, 40,7°C à Bordeaux et 40,3°C à Carcassonne, selon l'institut qui s'attend ces prochains jours à étendre la vigilance à d'autres départements, en particulier dans la région Grand-Est.

L'indicateur thermique national (moyenne de températures diurnes et nocturnes enregistrée dans une trentaine de stations de référence) a atteint 25,8°C lundi, après 23,6°C samedi et 24,5°C dimanche. Soit plus de 23,4°C durant trois jours d'affilée, l'un des critères définissant une vague de chaleur au sens météorologique.

C'est la deuxième de l'année, après celle survenue durant la deuxième quinzaine de juin, et le troisième épisode caniculaire en moins de deux mois après celui, remarquablement précoce, de la fin mai. Signe du réchauffement climatique, plus de la moitié des 53 vagues de chaleur répertoriées depuis 1947 sont intervenues après 2010.

Dans ce contexte, les réserves d'eau souterraines ont vu leur état se "dégrader" ces dernières semaines, a annoncé mardi le BRGM : au 1er juillet, la quasi-totalité (93%) étaient en baisse, contre 77% un mois plus tôt, et 54% des nappes étaient en dessous de leur niveau normal, alors que la situation était encore jugée "globalement satisfaisante" un mois plus tôt.

- Incendies -

Ces températures suffocantes "nécessitent une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées", souligne Météo-France.

C'est le cas des plus âgés et des plus jeunes. À Grenoble, Nathalie Pothin, assistante maternelle, a conduit les enfants dans un parc équipé d'un brumisateur. "On essaie de les rafraîchir comme on peut, on achète des piscines, on les met dans l'eau. Je pense qu'il faut s'habituer malheureusement", dit-elle.

Dans une pharmacie du centre de Bordeaux, couvertures de survie – à fixer sur les fenêtres – et brumisateurs sont en rupture de stock. "Il y a eu un +trend+ sur TikTok et tout est parti en quelques jours", explique une pharmacienne, citant un autre produit phare du moment: les sels de réhydratation.

À Rennes, cette chaleur inhabituelle "tire sur l'organisme", souligne Albert Briand, égoutier qui travaille dès l'aube en horaires modifiés. "Mais c'est souvent après la vague de chaud que l'organisme accuse le coup. On se sent plus fatigué", s'inquiète le sexagénaire.

Ces très fortes chaleurs, couplées à une sécheresse grandissante, sont aussi à l'origine d'une saison des feux précoce. Dans les Pyrénées-Orientales, un incendie a parcouru près de 5.000 hectares et entraîné l'évacuation de 12.000 personnes, et un autre s'est propagé sur 1.400 hectares dans la Drôme.

Selon la Météo des forêts, le risque de feu sera "très élevé" mercredi dans la Drôme, le Vaucluse, le Gard, l'Hérault, l'Aude, les Bouches-du-Rhône et les Pyrénées-Orientales, et "élevé" dans 47 autres départements.

- Feux du 14 juillet annulés -

Plusieurs communes en Bretagne, dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Creuse ont d'ores et déjà annoncé l'annulation des feux d'artifice du 14 juillet.

Mardi, un expert du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) a estimé que le phénomène El Niño, actuellement en formation, devrait battre des "records" en termes d'intensité dans les prochains mois et augmenter ainsi la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde.

Combiné au changement climatique d'origine humaine, causé par les émissions de gaz à effet de serre, le dernier El Niño avait contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée et de 2024 l'année la plus chaude de tous les temps.

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F.M.Ferrentino--PV