Mégafeu en Gironde: reprises par endroits, Macron appelle à "rester unis" pour "gagner" cette longue bataille
Venu à Bordeaux, Emmanuel Macron a appelé lundi à "rester unis" pour gagner la longue bataille contre le mégafeu en Gironde, qui a déjà ravagé 42.000 hectares et qui, après une accalmie, connaît des reprises avec la remontée des températures.
"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé le chef de l'Etat, venu apporter le soutien de l'Etat aux forces mobilisées contre les incendies dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS).
"On ne fait pas le retour d'expérience en plein milieu de la bataille", a-t-il affirmé face aux critiques naissantes. "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout".
Accompagné du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, il a également exhorté à "replanter et rebâtir une forêt différente" en s'adaptant notamment aux "conditions structurelles de changement climatique".
Sur le terrain, "le feu a repris en début d'après-midi au milieu de la forêt à Claouey", a déclaré à l'AFP le commandant Matthieu Jomain, du Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde (Sdis 33).
Des moyens aériens ont été déployés, dont deux hélicoptères Blackhawks tchécoslovaque, trois hélicoptères bombardiers d'eau et Air Tractor. Un avion A400M a effectué plusieurs largages de produit retardant sur le secteur.
Les pompiers recensent "beaucoup de points chauds". "La situation est plus stable mais reste précaire malgré tout (...) Il faudra des semaines, voire des mois, avant d'éteindre" le brasier, a ajouté M. Jomain.
Selon un point de situation effectué par la préfecture, 2.750 sapeurs-pompiers sont mobilisés, avec le renfort de nouveaux moyens européens, de même que 18 moyens aériens, 1.500 militaires et 1.440 forces de sécurité intérieure.
Météo-France a confirmé une "nouvelle vague de chaleur" à partir de mardi, avec des maximales jusqu'à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs.
Dans un camping du Grand Crohot, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux. Une grosse partie des tentes et caravanes a pu être sauvée du brasier, mais d'autres, sur la route infernale du feu, ont complètement disparu.
A Marcheprime, des pelles mécaniques d'abattage rasent la forêt sur 30 m de large pour priver le feu "de combustible".
- Incendiaires: 162 interpellations -
Au total, plus de 116.000 hectares -nouveau record après 2022- ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué Sébastien Lecornu. "Depuis le 6 juillet, 162 interpellations ont déjà eu lieu (...) (Les incendiaires) seront retrouvés, interpellés et répondront de leurs actes devant la justice", a prévenu le Premier ministre.
Des assureurs également confrontés au "coup de massue" subi par "environ 14.500" entreprises de Gironde qui ont cessé toute activité ou subi des dommages.
Et les dégâts sont aussi "catastrophiques" pour la faune sauvage, a prévenu la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Le feu n'étant pas fixé, aucun retour des évacués n'est envisageable à ce stade en Gironde et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.
A Bordeaux, "un peu plus de 1.000 personnes" étaient toujours hébergées au parc des expositions de la ville, dont "moins d'une centaine" de personnes résidentes d'Ehpad, selon le maire et président de la métropole, Thomas Cazenave.
Aucun TGV ne circule par ailleurs au sud de la ville, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.
- Critiques, "pas le temps de la polémique" -
Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Et voit aussi agriculteurs et particuliers prêter main-forte.
"On est partis à 4h30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", explique à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur, venu avec quatre collègues.
Au Porge, commune qui a payé le plus lourd tribut en nombre de maisons détruites, le propriétaire d'un food-truck, Manu Goncalves, livre à tours de bras des portions de poulets grillés aux pompiers.
Des critiques aussi. "On a eu un sentiment d'abandon" au profit des villas du Ferret, déploré auprès de l'AFP Dorothée Benassy, conseillère municipale.
Juste au sud, dans les Landes, l'incendie de Biscarrosse est "mieux contenu mais pas fixé", après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments. Quelque 8.000 personnes évacuées sur 30.000 ont été autorisées à rentrer chez elles.
Les feux sont par ailleurs toujours actifs ailleurs en France. Ainsi, au 7e jour dans le Var, le feu du massif du Gros Bessillon, est "toujours dynamique, retors" et "pas du tout fixé", a indiqué le préfet, en raison du mistral. 4.500 hectares ont été parcourus au total.
Le feu est aussi toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 ha.
Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
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U.Paccione--PV