Une ONG attaque OpenAI pour infraction à la loi sur les cyberattaques après l'incident Hugging Face
OpenAI a été assigné mardi devant la justice californienne par une organisation d'action juridique pour la sécurité des nouvelles technologies pour infraction à la loi locale sur les cyberattaques, en lien avec l'intrusion d'une intelligence artificielle (IA) du groupe sur la plateforme Hugging Face.
Il s'agit de la première procédure connue contre une entreprise du secteur en rapport avec les récents dérapages spontanés de l'IA dont ont fait état cet été OpenAI, mais aussi Anthropic, Google et Meta.
Elle se concentre sur le cas le plus médiatisé, à savoir l'incident qui a vu, en juillet, deux modèles d'OpenAI sortir de leur milieu confiné pour rejoindre internet et s'attaquer à Hugging Face, sorte de bibliothèque d'IA.
Peu de temps après la révélation de l'épisode, le patron d'Hugging Face, le Français Clément Delangue, avait écarté l'éventualité d'une action en justice contre OpenAI.
"Nous sommes une petite start-up de 200 personnes et nous n'avons ni les moyens financiers ni le temps" de chercher à obtenir réparation devant les tribunaux, avait-il déclaré.
L'association Legal Advocates for Safe Science & Technology (LASST) a, elle, saisi un tribunal civil de San Francisco même si elle n'est pas directement concernée par l'incident.
Elle indique qu'elle a intérêt à agir dans la mesure où elle a consacré des ressources pour mettre en garde contre les dangers de la conduite d'OpenAI.
LASST s'appuie sur la loi californienne qui définit comme une infraction tout accès volontaire et sans permission à des données, un ordinateur ou une plateforme.
L'association invoque aussi un texte voté en 2025 par le parlement de Californie selon lequel une entreprise d'IA "ne peut pas faire valoir que l'intelligence artificielle a occasionné des dommages de manière autonome" à un tiers.
"OpenAI va continuer à développer et évaluer des modèles avancés sans supervision appropriée", prévient LASST. "Sans injonction du tribunal, OpenAI va violer de nouveau la loi."
De nombreuses autres procédures sont en cours contre OpenAI, mais elles concernent surtout le rôle potentiellement joué par l'un de ses chatbots dans l'orientation du comportement d'un utilisateur.
Z.Ottaviano--PV