Ukraine : une trêve localisée, des dirigeants européens appelent Poutine
Un cessez-le-feu localisé, annoncé par Melania Trump en vue d'une opération humanitaire, semblait tenir mardi matin, autour d'Olechky, ville occupée du sud de l'Ukraine en proie à des pénuries.
En parallèle, le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre ont eu mardi un rare entretien avec Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine, a annoncé Helsinki.
Après le président russe, les dirigeants nordiques, qui comptent parmi les soutiens les plus forts de Kiev face à l'invasion russe en cours depuis 2022, ont ensuite appelé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, selon Kiev.
Au-delà de la pause à Olechky, annoncée sur fond de rapprochement entre Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump, les deux pays belligérants ont fait état de frappes dans la nuit dont plusieurs salves de missiles balistiques sur Kiev.
L'Ukraine et la Russie ont toutes les deux confirmé que cette rarissime trêve tenait après avoir commencé à 01H00 GMT à Olechky, où les habitants pris au piège manquent depuis plusieurs semaines de nourriture et de médicaments.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mardi matin que "pour l'instant, aucun signalement de violation" n'avait été rapporté.
Même son de cloche chez Pavlo Drogal, un porte-parole de l'infanterie de marine ukrainienne déployée dans cette zone, qui a affirmé que la trêve tenait en début de matinée.
L'AFP n'est pas en mesure de vérifier sur place l'arrêt des hostilités, dont la durée et les contours géographiques restent flous.
La Première dame des États-Unis Melania Trump avait annoncé vendredi cette trêve à Olechky pour faciliter l'acheminement d'aide humanitaire et l'évacuation d'habitants, la Russie refusant un cessez-le-feu généralisé depuis le lancement de son invasion il y a presque cinq ans.
"Je m'attends à ce que certains veuillent aller en Russie et d'autres en Ukraine", a-t-elle ajouté.
Mardi, la chaîne de télévision d'Etat russe Vesti a diffusé des images, non datées, censée montrer des civils se déplaçant à vélo à Olechky.
- Routes dangereuses -
Moscou a aussi affirmé que les habitants souhaitant partir l'avaient pour la plupart déjà fait, alors que la population d'Olechky, touchée par de graves inondations en 2023 après l'explosion d'un barrage déclenchée par la Russie selon Kiev, est passée d'environ 24.000 habitants à quelque 2.000 aujourd'hui.
Située sur le fleuve Dniepr, qui marque la ligne de front dans la région méridionale de Kherson, Olechky est sous occupation russe depuis les premières semaines de l'invasion russe lancée en février 2022.
La ville se trouve à moins de 10 kilomètres à vol d'oiseau de Kherson, la capitale régionale, reprise lors d'une contre-offensive ukrainienne en novembre 2022 et violemment bombardée par la Russie depuis.
Olechky et ses derniers habitants sont très isolés car leur ville est à la fois sous la menace permanente des drones explosifs russes et ukrainiens, qui attaquent les véhicules, et parce que les routes y conduisant sont minées.
Selon d'anciens résidents interrogés par l'AFP début octobre, cette situation a provoqué de graves pénuries de nourriture et de médicaments ces dernières semaines.
L'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement d'entraver les livraisons de vivres et les évacuations.
- Négociations en novembre -
Cette opération intervient dans un contexte de rapprochement entre le président Donald Trump et la Russie, au grand dam de l'Ukraine et de ses alliés européens.
Lundi, le Kremlin s'est déclaré ouvert à d'autres trêves humanitaires de ce type, tout en soulignant que les négociations prévues en novembre entre Moscou, Kiev et Washington n'impliquaient pas de ralentissement des opérations militaires.
À Kiev, en état d'alerte quasi permanent, des frappes russes lundi soir puis pendant la nuit ont tué une personne et endommagé des installations médicales, un bâtiment universitaire et des dortoirs pour étudiants, selon les autorités locales.
Une quinzaine de personnes avaient été blessées, selon la même source.
Le pont Sud, une infrastructure importante de la capitale qui relie les deux rives du Dniepr, a également été endommagé, entraînant sa fermeture ainsi que celle des plusieurs stations de métro, également touchées, a indiqué le maire Vitali Klitschko.
Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir notamment ciblé dans la nuit des entreprises militaires, des infrastructures de transport à Kiev, ainsi que des navires "utilisés" par l'armée de Kiev.
En territoire ukrainien occupé, un autocar reliant Moscou à la Crimée annexée a été frappé par un drone ukrainien, faisant un mort et 31 blessés, selon le gouverneur installé par la Russie, Evguéni Balitski.
Et en Russie, des attaques de drones ont fait deux morts dans la région frontalière de Briansk, et un autre dans celle de Belgorod, selon les autorités locales.
P.Colombo--PV