Pallade Veneta - Blanchi par la justice, Kevin Spacey peut envisager un retour prudent à l'écran

Blanchi par la justice, Kevin Spacey peut envisager un retour prudent à l'écran


Blanchi par la justice, Kevin Spacey peut envisager un retour prudent à l'écran
Blanchi par la justice, Kevin Spacey peut envisager un retour prudent à l'écran / Photo: Daniel LEAL - AFP/Archives

Paria d'Hollywood depuis six ans, Kevin Spacey peut désormais tenter de reprendre sa carrière, après avoir été blanchi des dernières accusations sexuelles qui le visaient. Mais son éventuel retour à l'écran pourrait s'accompagner d'une surveillance accrue des producteurs, selon les experts.

Taille du texte:

L'acteur oscarisé d'"American Beauty" et de la série "House of Cards" a été acquitté mercredi de l'ensemble des neufs chefs d'accusation retenus contre lui, au terme de son procès à Londres.

Un verdict qu'il a accueilli en larmes. Au cours des audiences, le comédien de 64 ans a affirmé avoir été "brisé" et a évoqué sa "réputation perdue" lorsque les premières accusations d'agression sexuelle ont émergé en 2017, au plus fort du mouvement #MeToo.

Kevin Spacey avait à l'époque été débarqué de "House of Cards", avant de devenir persona non grata à Hollywood.

L'acteur était jusqu'ici "inemployable", résume Christopher Melcher, un avocat habitué à défendre les célébrités. Mais le verdict de mercredi ouvre la porte à son retour, estime-t-il.

La star reste un "acteur très populaire", qui a été soutenu par ses fans tout au long de son procès à Londres, et toujours capable d'attirer le public, observe l'expert.

"Aucune de ces décisions de casting ne sera prise avec bienveillance", explique-t-il à l'AFP. "Il y aura une volonté de gagner de l'argent."

Kevin Spacey lui-même a déjà confié avoir des opportunités. "Je sais qu'il y a des gens prêts à m'engager dès que je serai innocenté des charges à Londres", avait-il assuré mi-juin dans un entretien au journal allemand Die Zeit.

- "Chaperon" sur les tournages? -

Avec cette victoire judiciaire, les producteurs peuvent "justifier le fait de l'embaucher à nouveau", abonde Tre Lovell, avocat spécialiste du divertissement.

Le procès au Royaume-Uni était la dernière tache sur le CV de l'acteur. Il avait déjà été jugé non coupable l'an dernier d'autres accusations portées devant un tribunal civil de New York, et d'autres poursuites pour agression sexuelle dans l'Etat américain du Massachusetts avaient été abandonnées en 2019.

L'image de Kevin Spacey n'en reste pas moins écornée par ces procès lors desquels l'acteur a reconnu des comportements embarrassants.

A Londres, il a notamment admis avoir tenté une "approche maladroite" envers l'un des plaignants et s'être "rapproché de gens sexuellement" pour alléger le "fardeau" de la solitude.

Il a concédé être un "gros dragueur" mais a nié tout comportement "violent", "agressif" ou "douloureux".

Sa défense a, elle, insisté sur les incohérences des plaignants et a fait témoigner le chanteur Elton John en sa faveur.

L'accumulation des accusations, qui émanaient souvent d'autres acteurs, pourrait refroidir les producteurs hollywoodiens, qui engagent leur responsabilité juridique sur un film ou une série, reprend l'avocat Christopher Melcher.

Les producteurs ne pourraient ignorer son passif et "auraient une obligation accrue de protéger les acteurs et l'équipe", insiste l'avocat.

Selon lui, l'acteur pourrait être interdit d'interagir avec les acteurs et l'équipe hors caméra, ou forcé d'être encadré par un "chaperon" sur les tournages.

Des mesures capables de donner aux producteurs "des yeux et des oreilles", et de servir de garantie contre de nouvelles accusations.

- L'exemple de Johnny Depp -

Kevin Spacey pourrait aussi rebondir car le grand public n'a pas suivi les procès en détails et s'arrêtera à "la principale conclusion, à savoir qu'il est innocent", observe Evan Nierman de la société Reb Banyan, spécialisée dans la communication de crise.

Les experts interrogés par l'AFP pointent également l'endurance de Johnny Depp malgré les scandales, notamment après son procès en diffamation remporté contre son ex-femme Amber Heard.

L'acteur a été chaleureusement accueilli par ses fans lors du dernier festival de Cannes et reste l'égérie des parfums Dior.

Comme lui, Kevin Spacey pourrait même voir sa popularité se renforcer auprès de certains fans, qui apprécient les acteurs qui "défendent ce qu'ils pensent être vrai", estime M. Melcher.

"Ce qui s'est passé avec Johnny Depp constitue un excellent modèle pour Kevin Spacey", abonde M. Nierman.

"Dès qu'il a eu le verdict, il s'est replongé dans son travail et les opportunités se sont à nouveau présentées", résume-t-il. "Je pense qu'il en ira de même pour Kevin Spacey."

O.Merendino--PV

En vedette

Kendrick Lamar, le triomphe d'un rap populaire et conscient

Sacré pour la deuxième année consécutive aux Grammy Awards, Kendrick Lamar, figure majeure de la culture afro-américaine contemporaine, s'impose à 38 ans au sommet de l'industrie musicale, avec un rap à la fois populaire et exigeant.

De nouvelles personnalités éclaboussées par les documents Epstein

De nouvelles personnalités sont éclaboussées par les derniers documents liés à l'affaire Epstein publiés par le gouvernement américain : la princesse Mette-Marit, future reine de Norvège, le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, Casey Wasserman, et un conseiller du Premier ministre slovaque Robert Fico, Miroslav Lajčák.

Grammy Awards: Bad Bunny, la voix latino qui a conquis la pop mondiale

Devenu dimanche le tout premier artiste chantant en espagnol à remporter le plus prestigieux des Grammy Awards, celui de l'album de l'année, le Portoricain Bad Bunny, 31 ans seulement, a propulsé en dix ans le reggaeton et la trap latine au sommet de la pop mondiale.

Bad Bunny couronné lors des 68e Grammy Awards, plaidoyer contre la politique migratoire de Trump

Bad Bunny, figure de proue du reggaeton et de la trap latine, est devenu dimanche le premier chanteur récompensé par le Grammy de l'album de l'année pour un disque en espagnol, au cours d'une cérémonie où lui et de nombreux autres artistes ont pris la parole contre la politique migratoire répressive du président américain Donald Trump.

Taille du texte: