Pallade Veneta - Charles III réunit les poids lourds de l'IA en Ecosse pour réclamer des garanties

Charles III réunit les poids lourds de l'IA en Ecosse pour réclamer des garanties


Charles III réunit les poids lourds de l'IA en Ecosse pour réclamer des garanties
Charles III réunit les poids lourds de l'IA en Ecosse pour réclamer des garanties / Photo: Jonathan Brady - POOL/AFP

Le roi Charles III va demander jeudi aux poids lourds de l'intelligence artificielle l'assurance que celle-ci restera "au service de l'humanité", lors d'un sommet qu'il réunit en Ecosse au moment où l'essor fulgurant de cette technologie suscite des inquiétudes dans le monde entier.

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"Ceux qui, dans notre monde, accordent de la valeur à notre humanité et à sa composante morale essentielle attendent anxieusement de vous l'assurance que nous ne perdrons pas le contrôle de notre destin", va-t-il déclarer aux représentants de Google DeepMind, Anthropic, OpenAI ou encore Nvidia, selon des extraits de sa déclaration introductive transmis par Buckingham Palace.

"La tâche qui vous incombe ne consiste donc pas seulement à faire progresser la technologie, mais à veiller à ce qu'elle demeure fermement au service de l'humanité, des communautés et de la nature", va-t-il ajouter.

Ce sommet, dont la date avait été gardée secrète, se tient au domaine de Dumfries House, qui abrite le siège de la King's Foundation, dans la campagne écossaise.

- "Intrigant" -

Le Palais n'a pas publié la liste des invités, mais selon plusieurs sources proches de l'événement, le président de DeepMind, Demis Hassabis, le patron du géant américain des semi-conducteurs Nvidia, Jensen Huang, ainsi que la directrice financière d'OpenAI, Sarah Friar, figurent parmi les participants.

Le ministre britannique de l'IA, Kanishka Narayan, et le patron du groupe américain spécialisé dans le calcul quantique IonQ, Niccolo de Masi, seront également présents.

Ce sommet se tient alors que Charles III est confronté à une polémique après les accusations de Charles Spencer, frère de la princesse Diana. Celui-ci affirme que le roi aurait déclaré, quelques jours après la mort de son ex-épouse en 1997, qu'elle serait "oubliée bien assez tôt", ce que Buckingham dément.

D'après le Times mercredi, la famille royale a par ailleurs été la cible d'une campagne de déstabilisation en ligne opérée par des milliers de "bots", des comptes automatisés par l'intelligence artificielle, basés à l'étranger et propageant de fausses informations.

Le roi, qui juge le développement de l'IA "à la fois intrigant et profondément préoccupant, à parts égales", ne participera pas lui-même aux discussions en Ecosse.

Il rejoindra les participants avant le sommet pour les appeler à réfléchir aux moyens de tirer parti de l'IA "en plaçant la sécurité au cœur" et bâtir une coopération internationale sans "qu'aucune nation ne soit laissée pour compte", selon Buckingham Palace.

Les discussions doivent se poursuivre jusqu'en fin d'après-midi.

Une charte a été préparée en amont par la Ditchley Foundation, une organisation caritative britannique qui supervise les discussions, selon le Sunday Times.

- "Nouvelle espèce" -

Le développement de l'IA alimente des inquiétudes depuis des mois, pour les menaces qu'il fait peser sur l'emploi, mais aussi pour l'impact des centres de données sur les besoins en énergie et le climat.

Le débat est monté en puissance cet été, alimenté par plusieurs incidents et les mises en garde apocalyptiques de professionnels du secteur, ravivant les craintes de voir les concepteurs d'agents d'IA perdre le contrôle de leurs créations.

Le patron d'Anthropic, Dario Amodei, a appelé samedi à ralentir le développement de la technologie pour mieux appréhender les risques, soutenu par le patron d'OpenAI Sam Altman et par Elon Musk.

"Si nous créons tous des IA capables d'agir de manière autonome, de définir leurs propres objectifs, de gagner de l'argent, de détenir des actifs et de diriger des entreprises, nous sommes en substance en train de faire naître une nouvelle espèce", qui sera "en concurrence avec nous pour les ressources, quelle que soit l'attention qu'elle porte à l'humanité", a alerté jeudi sur la BBC le responsable de l'IA chez Microsoft, Mustafa Suleyman.

Mercredi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a jugé "indispensable" une "coordination mondiale", tandis que le pape Léon XIV a lui mis en garde contre la tentation de déléguer des décisions humaines aux algorithmes.

Le président américain Donald Trump a en revanche réitéré ces derniers jours sa volonté de ne pas corseter le secteur, officiellement par crainte de laisser la Chine prendre l'ascendant.

Mark Zuckerberg, patron de Meta, a lui rejeté les appels à ralentir l'IA, jugeant la régulation marché et le risque de poursuites judiciaires suffisants.

F.Abruzzese--PV