Pallade Veneta - Réélu, Miguel Diaz-Canel promet de lutter contre les "problèmes d'"inefficacité" à Cuba

Réélu, Miguel Diaz-Canel promet de lutter contre les "problèmes d'"inefficacité" à Cuba


Réélu, Miguel Diaz-Canel promet de lutter contre les "problèmes d'"inefficacité" à Cuba
Réélu, Miguel Diaz-Canel promet de lutter contre les "problèmes d'"inefficacité" à Cuba / Photo: Ariel LEY - ACN/AFP/Archives

Miguel Diaz-Canel, 62 ans, réélu sans surprise mercredi à la tête de l'île communiste de Cuba, où l'opposition est illégale, a promis de "résoudre les problèmes d'inefficacité" dans le pays, qui traverse sa pire crise économique en trois décennies.

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La candidature unique de cet ingénieur en électronique de formation a recueilli 97,66% des voix des 470 membres de l'Assemblée nationale, dans un pays où l'opposition est illégale. Au total, 459 députés ont voté en sa faveur sur les 462 présents dans l'hémicycle.

Celui qui est aussi depuis 2021 le Premier secrétaire du Parti communiste cubain (PCC) a pressé dans son discours d'investiture son cabinet de "résoudre les problèmes d'inefficacité" dans le pays, afin d'"augmenter l'offre de biens et de services et de contrôler l'inflation".

Il a également fustigé "le bureaucratisme, l'indifférence et la corruption inacceptable" qui freinent les progrès du pays" pris dans "de profondes difficultés".

"Compte tenu des résultats annoncés, je déclare Miguel Mario Diaz-Canel Bermudez président de la République", avait déclaré un peu plus tôt Esteban Lazo, le président de l'Assemblée nationale en présence de Raul Castro, 92 ans.

Vêtu de son traditionnel uniforme vert olive, ce dernier a félicité le président réélu en lui serrant les deux mains.

Lors de la session parlementaire, à laquelle seule la presse d'Etat a eu accès, a également été réélu le vice-président Salvador Valdés Mesa, 77 ans. Le Parlement a en outre réélu son président Esteban Lazo et sa vice-présidente Ana Maria Mari Machado.

Il a été chargé d'accélérer la lente réforme économique initiée par son prédécesseur et mentor politique Raul Castro (2008-2018).

- Pénuries -

Mais il n'a pas été capable d'enrayer la crise que traverse Cuba depuis 2018. Elle est la pire depuis trois décennies, avec des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant, dues au renforcement de l'embargo américain en place depuis 1962, et aux conséquences de la pandémie de Covid-19.

Début 2021, il a mis en œuvre une vaste réforme monétaire mettant fin au taux d'un dollar pour un peso cubain qui prévalait depuis des décennies, mais elle a engendré d'importantes distorsions dans l'économie nationale.

Il a également encouragé le travail indépendant et autorisé les PME, mais ces mesures se sont révélées insuffisantes pour améliorer la situation économique.

"Il n'a pas fait une transition complète et globale vers une économie mixte", juge l'expert cubain en relations internationales Arturo Lopez-Levy, basé aux Etats-Unis. "Certains changements économiques (prévus) n'ont pas eu lieu, et d'autres ont laissé beaucoup de scepticisme quant à leur mise en œuvre".

La réforme monétaire a provoqué une spirale inflationniste et une forte dévaluation du peso, soulevant un fort mécontentement dans la population.

La monnaie cubaine est passée en deux ans de 24 à 120 pesos pour un dollar au taux officiel, tandis que sur le marché noir elle est cotée à 185 pesos pour un dollar.

- "Double crise économique" -

Pour l'opposant Manuel Cuesta, l'"évidence" de sa "réélection" intervient "au milieu d'une double crise économique: celle du modèle et celle des pouvoirs politiques étatiques chargés de trouver des solutions appropriées".

L'une des "rares réussites" de Miguel Diaz-Canel a été "la transition vers un régime dirigé par une nouvelle génération née après 1959, qui ne porte pas le nom de Castro", estime Jorge Duany, de l'Université internationale de Floride.

Il souligne cependant que son "plus grand échec a été la mauvaise gestion des manifestations" de juillet 2021, les plus importantes sur l'île depuis 1959.

Elles ont fait un mort et des dizaines de blessés. Plus de 1.300 personnes ont en outre été arrêtées et près de 500 condamnées à des peines allant jusqu'à 25 ans de prison, selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Cubalex, basée à Miami.

La crise a entraîné l'exode sans précédent de plus de 300.000 Cubains au cours de la seule année 2022.

Z.Ottaviano--PV

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