Pallade Veneta - La BCE attendue sur une nouvelle hausse des taux mais limitée

La BCE attendue sur une nouvelle hausse des taux mais limitée


La BCE attendue sur une nouvelle hausse des taux mais limitée
La BCE attendue sur une nouvelle hausse des taux mais limitée / Photo: Daniel ROLAND - AFP/Archives

La Banque centrale européenne devrait une nouvelle fois relever ses taux d'intérêt jeudi mais en ralentissant le rythme, tenant compte à la fois du timide repli de l'inflation, hors prix de l'énergie, et de la faible croissance économique en zone euro.

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Après une série de six hausses de taux depuis juillet 2022, la BCE estime qu'elle a encore du chemin à faire avant de terminer son cycle de resserrement monétaire.

"Ce n'est pas le moment" d'arrêter de relever les taux, a prévenu fin avril son économiste en chef Philip Lane.

L'institution a relevé ses taux de 3,50 points de pourcentage depuis juillet dernier dans le cadre d'une campagne sans précédent de durcissement des conditions de crédit pour maîtriser la flambée des prix à la consommation.

Même la banque centrale américaine, qui a démarré son resserrement monétaire plus tôt que les gardiens de l'euro, n'a pas encore formellement annoncé de pause.

La Fed a relevé mercredi son principal taux directeur pour la dixième fois d'affilée depuis mars 2022, d'un quart de point de pourcentage, laissant ouverte la suite de sa politique.

Jeudi, les 26 membres du conseil des gouverneurs de la BCE disposeront d'une panoplie de données fraiches pour décider de l'ampleur d'une nouvelle hausse.

Une "majorité" d'entre eux vont se sentir "plus à l'aise avec une hausse plus faible des taux d'intérêt", selon Ulrike Kastens, économiste chez DWS.

Une majorité d'économistes tablent sur un relèvement de 0,25 point de pourcentage, après 0,5 point en mars.

- Effet progressif -

Le taux qui fait référence, en rémunérant les dépôts bancaires excédentaires dormant au guichet de la BCE, serait dans ce cas porté de 3,0% à 3,25%.

En renchérissant le crédit, la BCE veut freiner la demande de prêts immobiliers, à la consommation ou pour les investissements des entreprises et ainsi faire ralentir la hausse des prix.

L'inflation en avril a navigué encore bien au-dessus de l'objectif de 2%, regagnant 0,1 point de pourcentage, à 7,0%, après des mois de ralentissement.

Mais en excluant les prix d'énergie, de l'alimentation, du tabac et de l'alcool, l'inflation "sous-jacente" a reculé pour la première fois en un an, à 5,6% contre 5,7% en mars, selon Eurostat.

Un ralentissement significatif de l'inflation n'est pas attendu à court terme, à voir les hausses de salaire consenties dans plusieurs secteurs, comme en Allemagne pour les employés des services publics.

Dans le secteur bancaire, les conditions d'octroi de prêts se durcissent comme jamais depuis la crise de la dette souveraine de 2011 et la demande de crédits s'en ressent, selon les dernières données de la BCE.

Le resserrement monétaire fait ainsi progressivement son effet : "tous ces impacts vont continuer à se diffuser dans l'économie progressivement, ce n'est pas fini", a pronostiqué M. Lane.

Si le danger de crise bancaire présent en mars s'est éloigné, une hausse forte des taux pourrait créer de nouvelles tensions.

Enfin la faible croissance du Produit intérieur brut de la zone euro, de 0,1% au premier trimestre, atteste de la baisse de régime souhaitée par la BCE, mais aussi de la vulnérabilité de l'économie de la zone euro.

- Vers un pic cet été -

Ces données justifieraient une hausse limitée des taux, mais pas encore de pause: le Conseil de la BCE "n'envisagera de mettre fin au cycle de hausse des taux" que si la "tendance se confirme à la baisse de l'inflation sous-jacente" et "on en est encore loin", selon Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste à la KfW.

Les économistes tablent sur un taux de dépôt culminant entre 3,50% et 3,75% d'ici le creux de l'été.

"Une fois atteint ce +plateau+, les taux devraient se stabiliser pendant une période relativement longue", croit Maxime Mura, gérant chez Swiss Life Asset Managers.

Un autre chantier est en cours à la BCE, avec la réduction, à raison de 15 milliards d'euros par mois en moyenne depuis mars, du stock d'obligations publiques et privées acquises durant les années de basse inflation.

Les "faucons" à la BCE, partisans d'une politique monétaire stricte, pourraient "faire pression (jeudi) pour un rythme plus rapide de réduction du bilan à partir du troisième trimestre", estime Frederik Ducrozet, chef économiste chez Pictet Wealth Management.

L.Guglielmino--PV

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