Pallade Veneta - Le déclin du pub, symbole de la culture britannique

Le déclin du pub, symbole de la culture britannique


Le déclin du pub, symbole de la culture britannique
Le déclin du pub, symbole de la culture britannique / Photo: Daniel LEAL - AFP/Archives

Victimes de la crise du pouvoir d'achat, les pubs, où les Britanniques se réunissent autour de pintes de bière, ferment en nombre ces dernières années, au grand dam des amoureux de ces lieux emblématiques du Royaume-Uni.

Taille du texte:

Selon l'association britannique de la bière et des pubs (BBPA), le Royaume-Uni comptait quelque 60.000 pubs en 2000. Depuis, leur nombre n'a cessé de se réduire, tombant à 45.800 en 2022.

L'organisation explique cette chute par la pandémie de Covid-19, synonyme de longs confinements au Royaume-Uni, suivie de la flambée des prix de l'énergie qui a pesé sur les coûts des pubs et entraîné une chute du pouvoir d'achat des Britanniques.

"Il y aura un moment où cette diminution cessera, quand nous nous rapprocherons du nombre de pubs nécessaires pour répondre à la demande", veut croire Nick Fish, en charge des statistiques pour la BBPA, interrogé par l'AFP.

Paul Richard Jennings, historien et ancien professeur de l'université de Bradford, n'est pas surpris par cette diminution, mais il ne croît pas que les pubs sont menacés de disparition.

"Les gens boivent moins car ils ont d'autres manières d'occuper leur temps libre et de dépenser leur argent", explique le spécialiste, auteur de plusieurs ouvrages sur ces établissements.

- Apogée au XIXe siècle -

En 1869, les pubs atteignaient le nombre colossal de 118.499 en Angleterre et au Pays de Galles.

Mais au XXe siècle, "des changements urbains massifs se sont produits avec la démolition des bidonvilles - et avec eux, celle de nombreux pubs", raconte Paul Richard Jennings.

"Aujourd'hui, il existe d'autres lieux pour aller boire un coup, et beaucoup de gens préfèrent acheter au supermarché plutôt qu'au pub pour économiser de l'argent", souligne l'historien.

En parallèle, les coûts de fonctionnement des pubs n'ont cessé de grimper, avec des factures d'énergie de plus en plus élevées. "Et avec la crise du coût de la vie, les gens y limitent leurs dépenses", ajoute-t-il.

Certains cherchent à sauvegarder la culture du pub, qui remonte aux tavernes de l'époque romaine.

En 1393, le roi Richard II a obligé les propriétaires à placer des pancartes à l'entrée de ces lieux, qui sont devenues part intégrante de l'imaginaire du pub et sont pour certaines exposées dans des musées.

La dénomination "pub", abréviation de "public house", est arrivée un peu plus tard, vers le milieu du XIXe siècle, explique l'historien Paul Richard Jennings.

- Attraction touristique -

Certains pubs sont devenus des attractions touristiques et le National Trust, association en charge de la gestion des sites historiques et naturels au Royaume-Uni, a racheté 39 établissements, comme le George Inn au sud de Londres, qui aurait compté Charles Dickens parmi ses clients.

Certains se disputent le titre du plus ancien du Royaume-Uni. A Londres, The Prospect of Whitby, dont la création remonte à 1520, est généralement considéré comme le plus vieux des 3.500 pubs de la capitale, malgré de vifs débats.

Des entreprises comme Liquid History Tours misent sur cette dimension patrimoniale et proposent des visites guidées dédiées aux pubs.

"Peut-être que certains d'entre eux devront s'adapter au monde qui les entoure, mais il y aura toujours une place pour un pub classique. Que serait Londres sans eux ?", interroge son directeur, John Warland.

Pete Brown, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, pense que la société prône une consommation d'alcool plus raisonnable qu'auparavant, et que "les pubs ont connu leur apogée à l'époque où les foyers n'étaient pas des lieux agréables".

Il relève aussi qu'environ la moitié des établissements appartiennent à des sociétés immobilières pour qui il est plus rentable de remplacer un pub par un supermarché ou des appartements.

Il ne perd cependant pas espoir: "Ils ne disparaîtront jamais vraiment car font partie de notre identité. Nous en aurons moins, mais peut-être qu'ainsi nous les chérirons plus".

H.Lagomarsino--PV

En vedette

Wall Street aborde avec un optimisme prudent le sommet annuel des Nations unies

La Bourse de New York évolue en ordre dispersé mardi, à l'entame de l'Assemblée générale de l'ONU à laquelle prendront part le président américain Donald Trump et plusieurs responsables iraniens, alimentant l'optimisme du marché quant à une avancée sur le Moyen-Orient.

Charles "jovial" après la mort de Diana? Le frère de Lady Di sort son livre choc

Le frère de la princesse Diana, Charles Spencer, règle ses comptes avec la famille royale britannique, en particulier avec le roi Charles III, dans un livre sorti mardi, qui fait les titres depuis plusieurs jours, près de trente ans après la mort de "Lady Di".

Onlyfans ou Mym dans le viseur de l'Assemblée: les députés pour étendre le proxénétisme aux actes de prostitution en ligne

Les députés ont adopté mardi en commission un article de la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles visant à faire entrer les actes sexuels rémunérés réalisés à distance dans le champ du proxénétisme, avec dans le viseur des plateformes comme Onlyfans ou Mym.

Construction ferroviaire: Alstom veut passer de la "haute couture" au "prêt-à-porter"

"Nous aimons beaucoup la haute couture, mais nous voudrions convertir nos clients au prêt-à-porter": le constructeur ferroviaire Alstom engage une révolution de la conception des locomotives et trains, qu'il présente au grand salon Innotrans de Berlin.

Taille du texte: