Pallade Veneta - De magasin en magasin à la recherche d'un cadeau de Noël dans une Argentine en crise

De magasin en magasin à la recherche d'un cadeau de Noël dans une Argentine en crise


De magasin en magasin à la recherche d'un cadeau de Noël dans une Argentine en crise
De magasin en magasin à la recherche d'un cadeau de Noël dans une Argentine en crise / Photo: JUAN MABROMATA - AFP

De magasin en magasin et de ville en ville, Cecilia Rojas parcourt la vaste province de Buenos Aires à la recherche d'un cadeau de Noël pour ses enfants, qui célébreront les fêtes cette année au milieu d'une des pires crises économiques de l'Argentine.

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"Avant, je faisais mes achats dans une chaîne de magasins de jouets bien connue, mais aujourd'hui, je cherche dans des boutiques de quartier plus petites pour trouver le meilleur prix", explique cette psychologue de 47 ans, qui vit avec son compagnon et ses deux enfants de 8 et 17 ans à Ituizango, dans la grande banlieue de la capitale.

Pour qu'il y ait au moins un cadeau sous le sapin pour chacun de ses enfants, elle a parcouru les rues de sa ville, mais aussi celles des villes voisines de Moron et Castellar.

"Avant, nous en achetions plus. Maintenant, il n'y en a plus qu'un pour chacun d'entre nous, mais heureusement j'ai encore le privilège de pouvoir le faire", souligne celle qui travaille dans un centre éducatif et complète ses revenus avec d'autres activités occasionnelles.

L'Argentine termine l'année avec l'inflation la plus élevée de ces 30 dernières années, à plus de 160% sur un an. Et la dévaluation de 50% du peso annoncée par le président ultralibéral Javier Milei le 12 décembre, deux jours seulement après sa prise de fonctions, a entraîné une nouvelle flambée des prix dans un pays qui compte plus de 40% de pauvres.

La Chambre argentine de l'industrie du jouet estime que l'année a été marquée par des augmentations de prix comprises entre 110% et 230%, en fonction du produit et de son origine.

"Certains jouets nationaux ont augmenté au même rythme que l'inflation, mais les jouets importés ont augmenté de plus de 200%", explique Julian Benitez, responsable des relations institutionnelles de la Chambre.

- "prix différents" -

Pour mettre fin à l'inflation dans la troisième économie d'Amérique latine, Javier Milei prévoit des mesures drastiques afin de ramener les dépenses publiques à 5% du PIB.

Mercredi, il a annoncé une dérégulation massive de l'économie du pays et signé un décret modifiant ou abrogeant plus de 300 normes dont celles sur les loyers, les privatisations et le droit du travail.

Le décret doit toutefois encore passer par le Parlement, où le parti de M. Milei est minoritaire.

Ces annonces ont été accueillies par un concert de casseroles dans plusieurs quartiers de Buenos Aires, et des milliers de personnes sont spontanément descendues dans la rue pour exprimer leur rejet.

"Ils affament les gens, ils utilisent des politiques que nous avons déjà vécues, qui n'ont pas fonctionné et dont la seule chose qu'elles font est d'appauvrir la classe ouvrière", a dénoncé Alexandra Mazzei, une enseignante de 49 ans parmi les manifestants.

Agustina Gago, 23 ans, se dit elle chanceuse de pouvoir compter sur sa famille pour pouvoir offrir au moins un cadeaux de Noël à son fils de quatre ans.

"Cette année, nous allons lui acheter un cadeau grâce à l'aide de ses grands-mères et arrière-grands-mères, par chance il en a plusieurs", dit-elle, regrettant la distorsion de prix qui frappe tous les secteurs de l'économie.

"Tu marches un peu et tu trouves le même produit dans différents magasins à des prix différents", souligne la jeune femme qui étudie pour devenir enseignante dans une école maternelle et travaille chez un marchand de vin.

Ruben Gerszonowicz, 63 ans, propriétaire d'un magasin de jouets à Buenos Aires, explique lui qu'on ne lui demande cette année que des articles bon marché. "Je n'apporte même pas les articles les plus chers, car les gens ne les achètent pas", assure-t-il.

F.M.Ferrentino--PV

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