Pallade Veneta - Pour les réassureurs, des perspectives de stabilité malgré la baisse des prix

Pour les réassureurs, des perspectives de stabilité malgré la baisse des prix


Pour les réassureurs, des perspectives de stabilité malgré la baisse des prix
Pour les réassureurs, des perspectives de stabilité malgré la baisse des prix / Photo: Christof STACHE - AFP/Archives

Les réassureurs, qui se retrouvent à partir de samedi pour plusieurs jours à Monaco pour leurs traditionnels "Rendez-vous de septembre", s'apprêtent à faire face à une baisse des prix dans ce secteur, qui ne bousculera toutefois pas leur stabilité, selon les analystes.

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Les réassureurs, dont le métier consiste à assurer les assureurs, commencent à l'automne les négociations annuelles avec leurs clients assureurs sur le montant des primes que ces derniers leur versent. En échange, les réassureurs prennent en charge une partie des risques portés par les assureurs, en se positionnant sur les risques les plus extrêmes et moins fréquents (tempêtes, feux de forêt, émeutes, attentats terroristes...).

En 2024, le marché de la réassurance mondiale s'élevait à 400 milliards de dollars, près de 20 fois moins que celui de l'assurance traditionnelle.

Lors des précédentes années, les principaux réassureurs mondiaux, comme Munich Re ou Swiss Re, avaient imposé une hausse des prix et établi des conditions tarifaires et contractuelles qui leur étaient plus favorables.

Mais, selon les analystes, le pic des prix de la réassurance est aujourd'hui passé.

"On a atteint un point haut en 2024. Et depuis, on le voit au niveau du renouvellement (des contrats), les prix ont tendance à baisser", a expliqué à l'AFP Manuel Arrivé, de l'agence de notation Fitch. "On pense que cette tendance va perdurer" car "il y a une dynamique d'offre et de la demande de plus en plus en faveur des assureurs et en défaveur des réassureurs".

L'agence de notation considère que le secteur sera "détérioré" en 2026. Elle met entre autres en avant l'augmentation des coûts des sinistres.

Ceux des incendies dévastateurs de Los Angeles, évalués à 40 milliards de dollars, pèsent eux seuls pour la moitié des sinistres liés aux catastrophes naturelles.

"On a déjà 80 milliards (de dollars) de sinistres à fin juin. Il fait peu de doute qu'on va dépasser 100 milliards avec le deuxième semestre", a précisé Alexis Valleron, délégué général de l'Association des professionnels de la réassurance en France (Apref), devant la presse vendredi.

2024 a été la cinquième année consécutive où le coût des sinistres des périls naturels a dépassé 100 milliards de dollars dans le monde.

- Risque émeutes en hausse -

Face à la multiplication des catastrophes naturelles, la plupart des réassureurs ont décidé ces dernières années de moins s'exposer à certains périls.

Dans ce contexte, les réassureurs peuvent compter sur leurs capitaux.

S&P Global considère "le secteur mondial de la réassurance comme stable, soutenu par le capital robuste des réassureurs, des marges de souscription solides, des rendements d'investissement élevés et des perspectives de bénéfices encore favorables au-dessus du coût du capital du secteur", décrit l'agence de notation dans un rapport.

Les dirigeants de l'Apref ont également évoqué le risque émeutes après des années marquées par les troubles sociaux en France, notamment en 2023 après la mort de Nahel, adolescent tué par un tir policier, ou l'insurrection en Nouvelle-Calédonie à l'été 2024.

Les émeutes en Nouvelle-Calédonie ont, à elles seules, coûté un milliard d'euros aux assureurs (dont 500 millions aux réassureurs), sur un coût total des dégâts estimé à 2,2 milliards. Le bilan des émeutes de l'été 2023 en France avait été de 730 millions d'euros (200 millions pour les réassureurs).

Selon un article des Echos publié jeudi, le gouvernement prévoit de créer un fonds de réassurance pour couvrir les dégâts liés aux émeutes, sur le modèle du régime des catastrophes naturelles.

"Il faut qu'il y ait une définition précise et il faut savoir ce que prendra en charge un mécanisme d'Etat", a insisté Dominique Lauré, vice-président de l'Apref.

Selon lui, "il faut qu'il y ait une incitation au maintien de l'ordre pour l'Etat". Et non pas "un mécanisme qui fait que l'Etat n'a finalement plus intérêt à maintenir l'ordre puisque les conséquences économiques sont prises en charge par un fonds", estime celui qui est également directeur général adjoint de Liberty Mutual Reinsurance.

A.Fallone--PV

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