Pallade Veneta - L'Australie veut multiplier les zones refuges pour sauver les koalas

L'Australie veut multiplier les zones refuges pour sauver les koalas


L'Australie veut multiplier les zones refuges pour sauver les koalas
L'Australie veut multiplier les zones refuges pour sauver les koalas / Photo: PETER PARKS - AFP/Archives

L'Etat le plus peuplé d'Australie a annoncé dimanche interdire l'exploitation forestière sur de vastes zones de la côte est pour créer des refuges pour les koalas et tenter d'enrayer le déclin de cette espèce emblématique du pays, désormais menacée d'extinction.

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Cette mesure du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud, effective dès lundi, concerne 176.000 hectares au total, soit 15 fois la superficie de Paris intra-muros. Elle affecte directement six scieries qui emploient environ 300 personnes.

Ces zones seront comprises dans une nouvelle réserve naturelle, le Great Koala National Park, dont la création avait déjà été révélée il y a deux ans mais de manière bien moins ambitieuse avec une surface protégée 20 fois inférieure.

"Les koalas sont en danger d'extinction à l'état sauvage en Nouvelle-Galles du Sud, c'est impensable", a justifié le Premier ministre de l'Etat, Chris Minns, dans un communiqué.

"Le Great Koala National Park vise à inverser la tendance", a-t-il ajouté, assurant que les professionnels affectés seraient soutenus par les autorités.

Symboles dans le monde entier de l'écosystème unique de l'Australie, les koalas, qu'on ne trouve que dans ce pays, voient leur population décimée par les feux de brousse dévastateurs de ces dernières années ainsi que par la déforestation et les maladies.

En 2022, le gouvernement a officiellement classé ces marsupiaux comme étant "en danger" - le plus haut niveau de protection - sur une grande partie de la côte orientale de l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, où se trouve la ville de Sydney, autorités et scientifiques craignent que l'espèce ne s'éteigne en 2050 si rien n'est fait pour enrayer leur déclin.

- Refuge climatique -

Avec l'annonce de dimanche, le nouveau parc national pourra servir de refuge à plus de 12.000 koalas et 36.000 grands phalangers volants (des marsupiaux qui vivent la nuit et planent d'arbre en arbre), ainsi qu'à des représentants de plus de 100 espèces menacées, selon les autorités.

Le programme national de suivi des koalas estime leur nombre actuel entre 95.000 et 238.000 en Nouvelle-Galles du Sud, dans le Territoire de la capitale australienne et dans le Queensland qui constituent la côte orientale australienne.

Outre la préservation des marsupiaux, la nouvelle réserve "permettra de sauvegarder des bassins hydrographiques essentiels (...), de protéger les sites sacrés des peuples autochtones et d'ouvrir d'énormes opportunités économiques pour le tourisme vert régional", a insisté Gary Dunnett, directeur de l'association des parcs nationaux de Nouvelle-Galles du Sud.

L'exécutif de l'Etat a annoncé presque doubler, à environ 80 millions d'euros, le financement de ce projet dont la création finale doit être validée par le gouvernement fédéral dans le cadre de ses politiques environnementales.

Combinée avec les parc nationaux voisins, cette réserve qui ne sera pas d'un seul tenant formera un ensemble protégé de 476.000 hectares, à environ 350 km au nord de Sydney.

L'organisation de défense de la nature WWF s'est félicitée d'un projet susceptible de mettre fin à la "tragédie" que représente le déclin de la population de koalas, divisée par deux entre 2000 et 2020 en Nouvelle-Galles du Sud.

Les forêts de la région, a souligné le directeur de sa branche australienne Dermot O’Gorman, sont constituées d'eucalyptus de grande taille qui constituent "un refuge climatique pour les koalas": "L'Australie a besoin de telles aires protégées connectées entre elles pour se préparer à la possibilité d'un réchauffement de 2,5 à 3 degrés d'ici la fin de ce siècle".

H.Lagomarsino--PV

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