Pallade Veneta - Ces restaurants américains qui réduisent leurs portions pour leurs clients sous Ozempic

Ces restaurants américains qui réduisent leurs portions pour leurs clients sous Ozempic


Ces restaurants américains qui réduisent leurs portions pour leurs clients sous Ozempic
Ces restaurants américains qui réduisent leurs portions pour leurs clients sous Ozempic / Photo: ANGELA WEISS - AFP

Lina Axmacher a longtemps parcouru avec gourmandise la scène culinaire de New York et ses milliers d'adresses, jusqu'au jour où elle a commencé à prendre de l'Ozempic, un de ces traitements ultra-populaires contre l'obésité qui lui a fait perdre neuf kilos - et l'appétit.

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Si elle est désormais privée de son "envie de cocktails, desserts et tout ce qui est sucré", cette New-Yorkaise d'origine suédoise de 41 ans tient à continuer "à voir du monde" et à être invitée à dîner, mais sans avoir à payer les généreuses portions des restaurants américains.

Une de ses adresses favorites lui a facilité la vie: Le Petit Village, comme d'autres établissements, a modifié sa carte pour proposer des menus petites quantités... à plus petit prix.

Une décision motivée en partie par l'explosion du recours aux Etats-Unis à une gamme de médicaments amaigrissants dit GLP-1, récemment arrivés sur le marché et utilisés pour lutter contre le diabète et l'obésité.

Connus sous les noms d'Ozempic, Wegovy ou encore Mounjaro, ces traitements qui ont été récemment recommandés par l'OMS, sont utilisés par environ un Américain sur huit, selon un sondage en novembre du cercle de réflexion KFF spécialisé sur les questions de santé.

Lundi, l'Agence américaine du médicament (FDA) a même approuvé une première version en comprimé du Wegovy, comme alternative aux injections.

Un immense marché s'est ainsi ouvert pour satisfaire les besoins spécifiques des millions de personnes suivant ces traitements, qui créent une sensation de satiété en imitant une hormone gastro-intestinale.

- "Manger beaucoup moins" -

"J'ai réalisé en sortant que les gens mangeaient beaucoup moins, un morceau par ci, une gorgée par là, et c'est tout", laissant de "grandes quantités" de nourriture dans leur assiette, raconte Aristotle Hatzigeorgiou, patron de cinq restaurants à New York.

Face à ce changement, l'entrepreneur a eu une idée: un menu rétréci avec un petit burger, quelques frites et un petit verre d'alcool pour huit dollars. Très, très loin des autres options pas exactement légères de sa carte, comme ce burger à la fondue.

Son menu resserré a rencontré un grand succès, affirme-t-il, entre clients sous traitement amaigrissant et autres cherchant simplement à ne pas payer trop cher leur repas dans une ville au coût de la vie astronomique.

La prise d'Ozempic ou de médicaments analogues pour la simple perte de poids reste néanmoins à ce jour limitée aux Etats-Unis en raison de leurs prix très élevés.

Mais les experts s'attendent à ce qu'ils deviennent de plus en plus abordables, le président Donald Trump s'y étant même engagé.

 

"Quand, après avoir été l'un des grands plaisir de la vie, la nourriture devient ton ennemie, cela change tout", analyse-t-elle auprès de l'AFP.

- "Profiter de la vie" -

Si les traitements GLP-1 s'accompagnent parfois d'effets secondaires désagréables, ils ont été "miraculeux" pour d'autres, ajoute-t-elle.

Elle prévient néanmoins que les effets à long terme restent peu connus, physiologiquement mais aussi d'un point de vue social, voyant dans l'utilisation à grande échelle de ces produits "une vaste expérience humaine."

Lina Axmacher confie avoir parfois suspendu sa prise d'Ozempic pour "profiter un peu plus de la vie."

"J'apprécie la sensation de faim et la satisfaction de manger quelque chose dont j'ai envie", dit-elle, quelque chose dont elle dit manquer lorsqu'elle est sous traitement.

La prise d'Ozempic l'a quand même aidée à prendre de meilleures habitudes, comme boire moins d'alcool ou faire plus de sport, confie-t-elle.

Traitement amaigrissant ou pas, réduire les portions servies aux Etats-Unis ne pourra pas faire de mal, ajoute Marion Nestle.

Les petits plats servis dans les restaurants new-yorkais de Aristotle Hatzigeorgiou correspondent en réalité aux portions normales avant cette inflation calorique, lui ont affirmé des clients.

"En fait", dit-il, "peut-être que ce sont des plats qui sont juste à la bonne taille."

Z.Ottaviano--PV

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