Pallade Veneta - Les médecins libéraux obtiennent des engagements du gouvernement

Les médecins libéraux obtiennent des engagements du gouvernement


Les médecins libéraux obtiennent des engagements du gouvernement
Les médecins libéraux obtiennent des engagements du gouvernement / Photo: Charly TRIBALLEAU - AFP/Archives

Après dix jours d'une grève qui a perturbé le système de santé sans le mettre à l'arrêt, les syndicats de médecins libéraux ont obtenu du gouvernement des engagements de retrait de mesures contestées et une promesse de "renouer le dialogue".

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L'intersyndicale doit se réunir une nouvelle fois dans la soirée de vendredi pour tirer les conclusions de ce mouvement qui a aggravé les traditionnelles tensions hivernales dans les services d'urgences.

Interrogés par l'AFP, les syndicats évoquent des "avancées", des "choses qui prennent une bonne tournure", mais il leur reste à se mettre d'accord sur une conclusion commune au conflit, qu'ils n'ont pas encore officiellement déclaré terminé.

"Une lettre d'engagement de la ministre de la Santé ou du Premier ministre me paraîtrait plus adaptée" que le communiqué de presse très matinal publié vendredi par Stéphanie Rist, a souligné le docteur Vincent Pradeau, président du syndicat de spécialistes Avenir Spé.

Le communiqué de Mme Rist, qui affronte dimanche une législative partielle dans le Loiret, récapitule les engagements pris par la ministre dans des réunions bilatérales avec les différents syndicats, mercredi et jeudi.

Ainsi, le gouvernement s'engage à supprimer dans l'actuel projet de loi contre la fraude fiscale et social le caractère obligatoire de la "mise sous objectifs" par l'Assurance maladie des médecins qui sur-prescrivent des arrêts de travail par rapport à leurs confrères et consoeurs en situation comparable.

Cette "mise sous objectifs" (une réduction de 30% du volume d'indemnités journalières prescrites par exemple) conserverait un caractère non-obligatoire, le médecin pouvant à la place choisir un contrôle systématique de ses prescriptions par le médecin conseil de l'Assurance maladie.

Mme Rist s'est aussi engagée à "proposer une suppression des mesures permettant une baisses unilatérale des tarifs" par le gouvernement sur demande de l'Assurance maladie, un autre chiffon rouge pour les médecins.

Ces dispositions votées par amendement parlementaire dans le budget de la Sécu 2026 seront abrogées par "le prochain vecteur législatif qui le permettra".

- Revoir les tarifs de l'imagerie -

La ministre s'est aussi engagée à "relancer des discussions" avec les syndicats sur les tarifs de l'imagerie pour revenir sur certaines baisses tarifaires programmées, "à condition de conserver le niveau d'économie prévu" pour l'Assurance maladie (300 millions d'euros).

Sur le cumul emploi-retraite, elle promet de la rendre plus favorable pour les médecins "exerçant en zone sous-denses".

En revanche, la suppression du remboursement par l'Assurance maladie des prescriptions des médecins en secteur 3 (praticiens non conventionnés aux consultations non remboursées) sera maintenue.

Le niveau de participation à la grève des médecins libéraux entre le 5 et le 15 janvier reste difficile à mesurer.

L'Assurance maladie a vu baisser d'un peu plus de 13% le nombre de feuilles de soins télétransmises sur la période de grève (hors samedi et dimanche et jeudi 15), selon des données de l'institution compilées par l'AFP.

Le facteur neige a probablement joué aussi dans cette baisse la première semaine, en perturbant les déplacements.

La grève a eu un impact certain sur les urgences des hôpitaux publics, dont le traditionnel engorgement hivernal dû aux épidémies a été aggravé, avec des patients ne trouvant plus de réponse en médecine de ville.

Le syndicat de médecins urgentistes Samu Urgences de France a de nouveau tiré la sonnette d'alarme vendredi: "augmentation de 24% de l'activité des Samu-SAS (service d'accès aux soins) qui se maintient en début d'année, services d'urgences saturés en continu (...) multiplication des plans blancs...", ce dispositif permettant notamment le rappel de soignants en repos, ou la déprogrammation de soins non-urgents.

"Les conditions d’exercice" aux urgences "sont indignes et les conséquences sont majeures: événements indésirables graves, décès sur brancards, perte de chance des patients, épuisement physique et psychique des équipes, fuite des professionnels et perte d’attractivité d’une spécialité incontournable", a fustigé le syndicat.

A.Saggese--PV

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