Pallade Veneta - Christophe Bruneau à la tête d'ArianeGroup, un atout franco-allemand

Christophe Bruneau à la tête d'ArianeGroup, un atout franco-allemand


Christophe Bruneau à la tête d'ArianeGroup, un atout franco-allemand
Christophe Bruneau à la tête d'ArianeGroup, un atout franco-allemand / Photo: Nicolas TUCAT - AFP/Archives

Christophe Bruneau, expert des moteurs militaires chez Safran et fort d'une longue expérience en Allemagne, a été nommé lundi président exécutif d'ArianeGroup au moment où le fabricant de la fusée Ariane 6 cherche à renforcer sa coopération avec Berlin.

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Agé de 58 ans, cet ingénieur également diplômé en management remplacera en avril Martin Sion, lui aussi un ancien de Safran, qui part diriger Alstom à partir du 1er avril, a annoncé le groupe.

Christophe Bruneau, jusqu'à présent responsable de la division moteurs militaires chez Safran Aircraft Engines, a été choisi pour "sa connaissance de l'industrie spatiale et de défense" et "réunit les qualités nécessaires pour poursuivre et consolider le développement et la transformation engagés chez ArianeGroup", estime dans un communiqué la coentreprise entre Airbus et Safran à l'empreinte industrielle française et allemande.

Outre la fusée civile européenne Ariane 6 qui a effectué quatre vols commerciaux réussis après son lancement inaugural en juillet 2024, ArianeGroup fabrique aussi des missiles nucléaires intercontinentaux, gère un réseaux de détection spatiale et développe un planeur hypersonique.

"L'expérience des programmes en coopération, en particulier franco-allemands", de Christophe Bruneau en font "le candidat idéal pour prendre la tête d'ArianeGroup", a souligné Matthieu Louvot, président du conseil d'administration.

Sa nomination intervient "à l'heure où la montée en cadence industrielle d'Ariane 6 ainsi que la préparation de l'avenir pour les programmes civils et militaires demeurent des priorités majeures pour ArianeGroup", a-t-il poursuivi.

- L'Allemagne incontournable -

Avec ses ambitions massives dans le spatial militaire et des investissements prévus bien supérieurs à ceux de la France, l’Allemagne s’impose comme un acteur clé et incontournable pour la compétitivité d’Ariane 6 et les marchés européens à venir.

En présentant la nouvelle doctrine spatiale française en novembre, Emmanuel Macron a cité comme priorité la "montée en cadence d'Ariane 6 dont la compétitivité doit être améliorée".

Il a également annoncé l'octroi de 4,2 milliards d'euros en plus des 6 milliards déjà prévus pour le spatial militaire d'ici 2030.

C'est toutefois bien en deçà des 35 milliards d'euros que Berlin compte investir d'ici 2030 dans la défense spatiale pour contrer les capacités militaires de la Russie et de la Chine.

L'équipe d'Ariane prévoit de doubler ses lancements en 2026 à "7 à 8" pour arriver ensuite à une dizaine par an.

Pour des créneaux disponibles en 2028-2029, elle mise particulièrement sur l’Allemagne, dans le cadre de la constellation de satellites que la Bundeswehr s’apprête à commander au géant allemand Rheinmetall, allié à la start-up finlandaise Iceye.

Les satellites Iceye sont pour l'essentiel mis en orbite par les lanceurs Falcon 9 de SpaceX d'Elon Musk.

- Franco-allemand -

Christophe Bruneau, qui a la double nationalité française et allemande, a fait une partie de sa carrière en Allemagne et a travaillé pour le Scaf, projet d'un futur avion de combat européen en difficultés en raison des divergences industrielle entre Dassault, qui représente la France, et Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne.

Depuis 2020, il était directeur de la division moteurs militaires de Safran Aircraft Engines où il a supervisé le M88, qui propulse les avions de chasse français Rafale de Dassault et a coordonné l'avancement des travaux sur le moteur du du programme Scaf.

Diplômé de l’Institut des hautes études économiques et commerciales (INSEEC) et de l'Ecole centrale de Paris, Christophe Bruneau a commencé sa carrière en 1992 au sein d'Armines, association de promotion de la recherche scientifique et technologique.

Après un poste à l'ambassade de France en Allemagne comme attaché pour la science et la technologie et coordonnateur aéronautique et spatial, il intègre en 1999 l'allemand MAN Technologie comme directeur de l'activité Espace.

Il rejoint Snecma (aujourd'hui Safran Aircraft Engines) en 2004 en tant que directeur général adjoint de la division des moteurs spatiaux, puis est nommé en 2007 directeur du programme TP400, moteur de l'avion militaire de transport Airbus A400M du consortium Europrop International.

En 2012, il met en place et prend la direction d'Aerospace Embedded Solutions (AES) à Munich, une entreprise commune entre Sagem (aujourd'hui Safran Electronics & Defense) et MTU, avant de prendre la direction d'Europrop International en 2016.

R.Lagomarsino--PV

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