Pallade Veneta - Sans GPS à cause de la guerre, comment se guider dans le futur?

Sans GPS à cause de la guerre, comment se guider dans le futur?


Sans GPS à cause de la guerre, comment se guider dans le futur?
Sans GPS à cause de la guerre, comment se guider dans le futur? / Photo: - - AFP/Archives

L'explosion à cause des conflits des brouillages de signaux GPS, cruciaux pour l'aviation et la marine, pose la question des alternatives aujourd'hui peu évidentes devant la dépendance aux systèmes de navigation par satellites.

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"C'est presque comme une drogue dont nous devons essayer de nous sevrer", affirme à l'AFP Ramsey Faragher, à la tête de Royal Institute of Navigation, un groupe de réflexion international basé au Royaume-Uni.

"Cela va nous prendre un certain temps mais nous devons entamer ce processus", plaide-t-il.

- Pourquoi chercher une parade? -

Guerres en Ukraine, au Moyen-Orient...: toutes ont vu une systématisation du brouillage des signaux satellitaires visant les armées adversaires, ce qui affecte fortement la navigation des avions, des navires et des smartphones des populations.

Ces brouillages ont lieu actuellement dans la zone russo-ukrainienne, dans le golfe de Finlande, au Moyen-Orient, et autour de la Birmanie principalement, montrent les cartes interactives de brouillage en temps réel sur internet.

Le "jamming" consiste à brouiller des données pour compliquer la réception du signal GPS, et le "spoofing" à détourner le signal pour faire apparaître une position erronée.

Le transport commercial peut continuer à fonctionner mais il est parfois fortement perturbé. Selon Antoine Godier, commandant de bord sur Boeing 777 interrogé par l'AFP, "il n'y aura pas plus précis comme système de navigation. Pour autant, il faut continuer à avoir des systèmes alternatifs, parce que ceux-là, ils ne sont pas brouillés".

- Quelles alternatives?

Ces outils, d'abord à l'usage militaire avant d'être récemment autorisés au commerce, disposent d'antennes leur permettant d'identifier les tentatives de manipulation, contrairement aux récepteurs classiques.

Ils présentent toutefois le désavantage d'être plus gros, plus lourds et plus chers, relève Ramsey Faragher.

"Sur un navire, le fait qu'un équipement soit encombrant et consomme beaucoup d'énergie n'est pas un problème. Le véritable problème est de convaincre l'exploitant d'acheter du matériel plus coûteux", précise à l'AFP Paul Groves, professeur de localisation et de navigation à l'université collège de Londres.

Ce mode de guidage ancien figure déjà parmi les outils dont disposent les avions, permettant une navigation autonome grâce à un gyroscope qui mesure la vitesse, la direction et l'emplacement de l'engin.

Accompagné d'un système radio qui se fie à des balises au sol, l'avion peut déjà continuer à voler sans GPS, détaille Antoine Godier, bien que ce système soit moins fiable. La navigation inertielle devient par exemple moins précise à mesure que la durée augmente.

De plus, Ramsey Faragher alerte sur le fait que les radars et les gyroscopes modernes sont eux-mêmes souvent connectés au GPS, notamment dans le secteur maritime, ce qui peut rendre inopérantes leurs capacités de relai.

Comme les constellations de satellites Starlink pour internet, l'utilisation de satellites à basse altitude est perçue par certains experts comme une option sérieuse.

Il serait alors plus difficile, selon Paul Groves, de perturber les signaux en raison de la proximité plus grande du signal, en comparaison avec les satellites GPS qui sont beaucoup plus éloignés de la Terre.

"L'exploitation de systèmes en orbite basse coûte cher. La question est de savoir s'il existe un modèle économique viable. Pour l'instant, je dirais que c'est encore une inconnue", affirme M. Groves.

D'autres mécanismes sont cités par les experts, à l'instar de la navigation gravitationnelle, surtout utilisée pour les sous-marins, qui utilise la topologie terrestre pour se guider, et sur lesquels des entreprises travaillent.

La navigation grâce aux astres est aussi citée, et il en existe une "version moderne", affirme Ramsey Faragher, avec "des caméras pointées vers le ciel et équipées d'un logiciel informatique".

- Peut-on vraiment se passer du GPS?

Sans système GPS, "il faudrait probablement combiner quatre ou cinq technologies différentes, ce qui rendrait le système bien plus coûteux, encombrant et gourmand en énergie", pense M. Faragher.

"L'horizon pour le mettre en place serait des années, parce que mesurer les implications de cette implémentation de système, et être capable de montrer les dysfonctionnements qu'il va générer, mettre en place de nouvelles procédures entre les équipages, c'est tout sauf anodin", selon le pilote Antoine Godier.

C.Grillo--PV

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