Pallade Veneta - Foot: l'Espagne choquée par un nouvel "épisode inacceptable" de racisme dans un stade

Foot: l'Espagne choquée par un nouvel "épisode inacceptable" de racisme dans un stade


Foot: l'Espagne choquée par un nouvel "épisode inacceptable" de racisme dans un stade
Foot: l'Espagne choquée par un nouvel "épisode inacceptable" de racisme dans un stade / Photo: Lluis GENE - AFP

Le Premier ministre Pedro Sánchez a fustigé mercredi la "minorité" de supporters qui a "terni" l'image de l'Espagne en entonnant des chants islamophobes, mardi lors d'Espagne-Egypte à Barcelone, un nouvel épisode des difficultés du pays à combattre le fléau du racisme dans les stades.

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Ce qui devait être une simple rencontre de préparation à la Coupe du monde 2026 entre deux nations déjà qualifiées a viré au fiasco mardi soir au terme d'un match nul (0-0) marqué par des chants racistes ("Qui ne saute pas est musulman!") dans les tribunes de Cornella, l'enceinte de l'Espanyol Barcelone.

L'une des réactions les plus marquantes est venue du jeune prodige espagnol, Lamine Yamal. "Hier, au stade, on a entendu le chant +Qui ne saute pas est musulman+. Je sais que c'était en direction de l'équipe adverse, et pas personnel contre moi, mais en tant que personne musulmane, cela reste un manque de respect et quelque chose d'intolérable", a fustigé sur instagram la star du FC Barcelone.

"Se moquer d'une religion dans un stade fait de vous des personnes ignorantes et racistes", a poursuivi Yamal à destination de ses 40 millions d'abonnés, quelques heures après l'annonce par la police catalane de l'ouverture d'une enquête sur ces chants "islamophobes et xénophobes".

- "Minorité incivique" -

Quelques heures plus tard, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a déploré sur X un "épisode inacceptable": "Nous ne pouvons pas permettre qu'une minorité incivique ternisse la réalité de l'Espagne, un pays pluriel et tolérant. La sélection de football et ses supporters le sont aussi".

Dès mardi soir, la Fédération espagnole de football, son président Rafael Louzán et le sélectionneur Luis de la Fuente avaient aussi exprimé leur condamnation, de la Fuente évoquant un "dégoût total et absolu face à toute attitude xénophobe, raciste ou irrespectueuse".

La Fédération égyptienne a aussi exprimé sur X mercredi "sa condamnation totale de l'ignoble incident raciste", parlant d'un "comportement de certains spectateurs présents dans les tribunes qui ont dépassé les limites".

Elle a également regretté un "manque de respect manifesté envers l'hymne national" - qui a été sifflé dans le stade - et qualifié ces événements d'"inacceptables".

En Espagne, le ministre de la Justice a plus spécifiquement pointé du doigt "l'extrême droite", déterminée selon lui à ne laisser "aucun espace à l'abri de sa haine", alors que le parti d'extrême droite Vox est depuis plusieurs mois solidement installé comme la troisième force politique nationale, dans un pays où cette tendance politique était pendant longtemps très minoritaire.

Certains élus de Vox ont fait part de leur "fierté" sur les réseaux sociaux devant l'attitude du public espagnol mardi.

- Multiplication des incidents -

"Nous avons vibré avec nos couleurs et nous avons sauté pour défendre ce que nous sommes", a par exemple déclaré sur X Alberto Tarradas, élu en Catalogne, sous une photo de supporters dans la tribune du stade, dans une référence explicite au chant entonné la veille. Son message a été republié par le chef de file du Parti, Santiago Abascal.

Pour une partie de la presse espagnole, la rencontre aurait dû être arrêtée par l'arbitre, comme le veut le protocole mis en place par l'UEFA en cas d'incidents racistes ou discriminatoires en tribunes ou sur la pelouse.

Malgré les efforts des autorités et plusieurs condamnations en justice, cette affaire est une nouvelle illustration des difficultés du football espagnol à éradiquer le racisme dans ses stades et sur les terrains, où les incidents se sont multipliés ces derniers mois.

La star brésilienne du Real Madrid Vinicius Junior, devenu le symbole de la lutte contre les discriminations dans le monde du football, en a été la cible la plus fréquente depuis son arrivée à Madrid en 2018. Mais seule une partie de ces incidents ont mené à des sanctions.

Le fait que même la sélection espagnole, symbole de l'unité du pays, ne soit pas épargnée par ce fléau est un mauvais signal, alors que l'Espagne organisera la Coupe du monde en 2030 aux côtés du Portugal et du Maroc, pays dont l'immense majorité de la population est musulmane.

F.M.Ferrentino--PV

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