Pallade Veneta - A Saint-Denis, un rassemblement contre le racisme à l'initiative du maire LFI Bally Bagayoko

A Saint-Denis, un rassemblement contre le racisme à l'initiative du maire LFI Bally Bagayoko


A Saint-Denis, un rassemblement contre le racisme à l'initiative du maire LFI Bally Bagayoko
A Saint-Denis, un rassemblement contre le racisme à l'initiative du maire LFI Bally Bagayoko / Photo: Thomas SAMSON - AFP

Le nouveau maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, qui cristallise depuis son élection un débat devenu national sur la discrimination raciale, appelle à un rassemblement contre le racisme samedi après-midi devant sa mairie, où le gouvernement estime ne pas avoir sa place.

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Ce "grand rassemblement citoyen" doit se tenir à 14H00 sur le parvis de la mairie de cette ville populaire de banlieue, la deuxième plus grande d'Ile-de-France après Paris.

"Entre 10.000 et 20.000 personnes" sont attendues par le maire Insoumis, d'origine malienne et victime depuis qu'il est élu d'une campagne de haine.

Plusieurs syndicats et associations ont répondu favorablement, ainsi que de nombreuses personnalités politiques de gauche, dont les Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou, l'écologiste Marine Tondelier ou encore une délégation socialiste.

"La cause que nous défendons, est au-dessus" des divergences ou des difficultés pour certains à s'afficher aux côtés de La France insoumise, a estimé samedi sur franceinfo M. Bagayoko, alors que plusieurs partis devraient être absents.

"Celles et ceux qui aujourd'hui réduisent en fait cette marche uniquement à l'étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes finalement de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l'antisémitisme et contre l'islamophobie et toutes les formes de discriminations", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l'absence notamment de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé, il a jugé que "s'il y a bien une ministre qui aurait dû être là, c'est bien elle", tout en la remerciant de lui avoir témoigné sa solidarité par téléphone.

Reprenant les justifications de Mme Bergé, le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a répondu au maire de Saint-Denis sur la même radio samedi: "La place d'un ministre, ce n'est pas d'être dans une manifestation citoyenne". Avant d'ajouter toutefois: "Le combat est complètement partagé par le gouvernement et par l'Etat".

Bally Bagayoko a pour sa part dénoncé samedi le "silence" du chef de l'Etat, Emmanuel Macron, sur le sujet, ce qui "confirme le fait qu'il n'est pas engagé sur cette lutte" contre le racisme, a-t-il estimé.

Lors du conseil municipal de Saint-Denis tenu dans la matinée, les élus d'opposition ont apporté leur soutien au nouveau maire face aux "attaques racistes à répétition", selon les mots de l'écologiste Kader Chibane.

"Face à l'extrême droite, nous serons au rendez-vous", a lui aussi promis l'élu d'opposition de gauche Shems El Khalfaoui, quand Elsa Marcel (Révolution permanente) a dénoncé une "déferlante raciste et négrophobe".

- Premier pas scrutés -

Le maire avait lancé l'appel à ce rassemblement le 29 mars sur son compte Instagram, après plusieurs propos polémiques le visant tenus sur CNews.

Les 27 et 28 mars, sur cette chaîne appartenant au groupe Bolloré, des liens ont été faits entre M. Bagayoko et "la famille des grands singes" et une attitude de "mâle dominant" lui a été reprochée.

CNews a dit contester "formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus" sur son antenne et la direction a considéré auprès de l'AFP que des propos avaient été "délibérément déformés sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée".

Jeudi, le parquet de Paris a indiqué qu'il avait ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion", au lendemain du dépôt de plainte de l'élu, qui a également appelé lors d'un entretien à l'AFP à fermer la chaîne. Le préfet s'est constitué partie civile comme l'avait demandé le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Alors que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait qualifié les propos "d'ignobles" et "absolument inacceptables", M. Bagayoko a jugé ces soutiens gouvernementaux "toujours appréciables", bien qu'arrivés "relativement tard".

I.Saccomanno--PV

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