Pallade Veneta - Trump menace l'Iran de destruction totale

Trump menace l'Iran de destruction totale


Trump menace l'Iran de destruction totale
Trump menace l'Iran de destruction totale / Photo: Brendan SMIALOWSKI - AFP

Le président américain Donald Trump a menacé de détruire l'Iran "tout entier" mardi soir si Téhéran n'a pas répondu d'ici là à son ultimatum et rouvert le détroit d'Ormuz, vital pour l'approvisionnement mondial en pétrole.

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"Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit", qui pourrait être celle de mardi, a affirmé Donald Trump lors d'une conférence de presse lundi.

Il avait déjà menacé, la veille, de frapper les centrales énergétiques et les ponts iraniens si la République islamique ne débloquait pas Ormuz - une voie maritime dans le Golfe par laquelle transite d'ordinaire 1/5e du brut mondial - d'ici mardi 20H00, heure de Washington (00H00 GMT mercredi).

Les Etats-Unis peuvent détruire "en quatre heures" s'ils le veulent les ponts et centrales en Iran, a avancé lundi le président américain.

Au 38e jour de la guerre, qui a fait plusieurs milliers de morts au Moyen-Orient, l'offensive israélo-américaine a visé lundi des infrastructures énergétiques en Iran, Donald Trump assurant que les Iraniens soutenaient la "poursuite des frappes" et qu'ils étaient "prêts à souffrir" pour faire tomber le pouvoir actuel.

Quelques heures auparavant, interrogé par un journaliste sur sa menace de détruire des centrales électriques, il avait affirmé qu'il ne "s'inquiétait pas" du risque de commettre des crimes de guerre.

Toute frappe ciblant des infrastructures civiles, en particulier des installations énergétiques, est "illégale" et "inacceptable", a rappelé le président du Conseil européen, Antonio Costa.

Mais pour M. Trump, le "crime de guerre" serait de laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire. Il a aussi avancé une autre justification en évoquant les répressions de manifestations par les autorités iraniennes: "Ils tuent des manifestants. Ce sont des animaux".

- "Etape très significative" -

Plus tôt dans la journée, Iraniens et Américains avaient rejeté presque simultanément des offres de trêve.

La Maison Blanche, confirmant que des pays médiateurs avaient proposé un arrêt des combats de 45 jours, a annoncé que Donald Trump n'avait pas "validé" cette idée. "Ce n'est pas encore assez bien mais c'est une étape très significative", a toutefois estimé le président des Etats-Unis.

Selon le site d'information américain Axios, des médiateurs, turcs, égyptiens et pakistanais ont évoqué une proposition en deux phases, un cessez-le-feu de 45 jours devant d'abord permettre des négociations avant de déboucher sur un accord pour arrêter la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes d'Israël et des Etats-Unis contre l'Iran.

L'agence de presse iranienne Irna a de son côté affirmé que Téhéran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu, au contenu non précisé, portée par le Pakistan. Et un porte-parole de l'armée iranienne avait averti que Téhéran poursuivrait les hostilités "aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun".

Ils n'ont pas détaillé ces conditions, mais ces dernières semaines, des parlementaires iraniens avaient proposé d'imposer des droits de passage et des taxes aux navires dans le détroit.

- "Riposte majeure" -

Sur le terrain, les frappes se sont poursuivies de part et d'autre.

Sans attendre la fin de l'ultimatum américain, Israël a visé des installations du site de South Pars à Assalouyeh (sud) qui assure, selon le ministre israélien de la Défense Israël Katz, "environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

L'agence de presse iranienne Fars a fait état de "plusieurs explosions" sur ce gigantesque site qui abrite aussi la plus grande installation gazière du pays. Aucune victime n'a été rapportée et l'agence Irna a assuré que l'incendie était "maîtrisé".

"Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues", a averti le porte-parole du commandement militaire iranien.

Outre les infrastructures, des dirigeants iraniens ont été ciblés.

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé que leur chef des renseignements, Majid Khademi, avait été tué et promis de venger sa mort par "une riposte majeure". Le guide suprême Mojtaba Khamenei, toujours invisible, lui a rendu hommage dans un message écrit.

Le président américain est par ailleurs revenu, lors de sa conférence de presse, sur les détails du sauvetage de deux aviateurs américains dont l'avion avait été abattu en Iran, vantant le succès de l'opération qui a mobilisé plus de 170 avions.

Dans les pays du Golfe, frappés quotidiennement par l'Iran qui les accuse d'aider les Etats-Unis, le Koweït a dit avoir été visé par des missiles et des drones, faisant six blessés.

En Israël, les secouristes ont indiqué avoir retrouvé quatre personnes mortes sous les décombres d'un immeuble frappé par un missile iranien à Haïfa (nord).

Les rebelles houthis du Yémen ont affirmé avoir lancé une nouvelle attaque contre Israël, conjointement avec l'Iran et le Hezbollah libanais, évoquant "une salve de missiles de croisière et de drones visant plusieurs sites vitaux et militaires".

Au Liban, autre front qui paie un lourd tribut à la guerre, une frappe a de nouveau visé le sud de Beyrouth, après un avertissement israélien, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien approche des 1.500 morts.

burx-bar-am/cm

R.Zaccone--PV

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