Hantavirus: la recherche de potentiels malades se poursuit, le bateau en route pour les Canaries
Les autorités sanitaires cherchent jeudi à identifier toute personne infectée à terre en lien avec le rare foyer d'hantavirus qui a tué trois passagers d'un navire dans l'Atlantique, les croisiéristes restant confinés à bord où "plus personne" n'a de symptômes, en attendant de pouvoir débarquer aux Canaries.
Le navire MV Hondius est au coeur d'une alerte sanitaire internationale depuis le weekend, même si les autorités se veulent rassurantes devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.
La bateau, en route vers Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, doit y arriver dimanche à la mi-journée, selon le site de suivi maritime Marine Traffic, avant une évacuation des passagers prévue en début de semaine prochaine.
"Plus aucune personne n'a de symptômes à bord", où se trouvent 149 personnes, a annoncé jeudi à la mi-journée le croisiériste Oceanwide Expeditions dans un communiqué.
Une infection à l'hantavirus peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Il n'existe ni vaccin, ni traitement spécifique contre ce virus qui peut être contracté au contact de rongeurs et dont la souche des Andes, retrouvée sur des passagers infectés, est la seule à être connue pour des cas de transmission interhumaine.
Les trois passagers décédés depuis le début de la croisière, qui reliait Ushuaïa en Argentine au Cap-Vert, sont un couple de Néerlandais qui voyageaient depuis plusieurs mois en Amérique du Sud et une Allemande.
Une vingtaine de nationalités se trouvaient à bord du navire, et les autorités sanitaires s'attachent à retracer les trajets des passagers évacués ces derniers jours ou descendus à terre lors d'une escale pour identifier de possibles malades ou cas contact.
Des passagers sont hospitalisés ou sous surveillance médicale aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne et en Afrique du Sud.
Trois personnes ont été évacuées du bateau via le Cap-Vert mercredi: deux sont arrivées mercredi soir à Amsterdam et l'une prise en charge au centre médical universitaire de Leyde, aux Pays-Bas, l'autre, cas contact asymptomatique, à l'hôpital de Düsseldorf (Allemagne). Jeudi matin, l'avion transportant le troisième évacué est arrivé à Amsterdam.
A Singapour, deux sexagénaires qui se trouvaient à bord du bateau et ont voyagé avec la passagère néerlandaise depuis décédée ont été placés à l'isolement dans l'attente du résultat de tests, l'un présentant un écoulement nasal.
Une hôtesse de l'air de la compagnie néerlandaise KLM est par ailleurs en cours de dépistage après avoir présenté de légers symptômes, selon le ministère néerlandais de la Santé. Selon le média RTL nieuws, cette femme, hospitalisée à Amsterdam, a également été en contact avec la passagère néerlandaise décédée.
Un Danois, rentré à terre asymptomatique, s'est placé en isolement. La même chose a été demandée à deux personnes au Royaume-Uni.
- 29 passagers débarqués à Sainte-Hélène -
L'origine du foyer est encore inconnue mais, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la première contamination a eu lieu avant le début de l'expédition le 1er avril car le premier passager décédé, un Néerlandais de 70 ans, a présenté des symptômes dès le 6 avril. Or, la période d'incubation du virus est comprise entre une et six semaines.
L'hantavirus est endémique dans certaines régions d'Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années.
Des inquiétudes montent aussi sur l'île de Sainte-Hélène, où 29 passagers ont quitté le navire le 24 avril, selon le croisiériste.
Tous ont été "contactés" et "nous nous efforçons de recenser tous les passagers et membres d'équipage qui ont embarqué et débarqué aux différentes escales du MV Hondius", a ajouté la compagnie.
Parmi ces passagers débarqués, un vidéaste turc, Ruhi Çenet, a déploré mercredi auprès de l'AFP que "la vie [ait] poursuivi son cours" sur le bateau malgré la mort du passager néerlandais le 11 avril. Le capitaine "a dit que (le décès) était lié à des causes naturelles" et l'équipage n'a pas "envisagé la possibilité d'une telle maladie contagieuse", a-t-il raconté.
Dans son communiqué jeudi, le croisiériste a fait valoir que "le premier cas confirmé" n'a "pas été rapporté" avant début mai.
- Risque "faible" -
Le navire "n'accostera pas" aux Canaries, a assuré jeudi le président du gouvernement régional, "il mouillera" au large avant l'évacuation des passagers.
"L'évacuation des passagers se fera au moyen d'une vedette ou d'un petit vaisseau qui pourra atteindre (le navire), récupérer les passagers, les transférer et les acheminer vers l'aéroport" de Tenerife Sud, tout proche, a poursuivi le président régional. "En aucun cas les passagers ne quitteront le navire tant que les avions ne seront pas à l'aéroport".
Le risque sanitaire pour les Européens est "faible", a insisté la Commission européenne jeudi, après des propos similaires mercredi du directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
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F.Dodaro--PV