SpaceX réalise un décollage historique à Wall Street, la fortune d'Elon Musk sur orbite
L'action SpaceX s'est envolée de 19% pour ses débuts à Wall Street vendredi, la plus grosse entrée en Bourse de l'histoire ayant aussi fait passer la fortune d'Elon Musk au-delà des 1.000 milliards de dollars, du jamais-vu.
Le titre a clôturé à 160,95 dollars, soit 19,22% plus haut que le prix initialement défini par le groupe aérospatial. Il a même gagné jusqu'à plus de 30% durant la séance.
"Le fait que SpaceX ait été capable de réaliser une introduction en Bourse d'une telle ampleur (avec une levée totale de 75 milliards de dollars, ndlr) et de voir ensuite le titre progresser dès les premiers échanges en dit long", a noté Evan Schlossman, de la plateforme d'investissement SuRo Capital.
Avant l'ouverture du marché new-yorkais vendredi, Elon Musk a répété lors d'un discours depuis le siège du groupe au Texas son voeu de voir SpaceX aller "sur la Lune, sur Mars, et à terme, encore plus loin".
"J'adore les équipes fantastiques de SpaceX d'une façon indescriptible", a-t-il aussi écrit sur X, propriété de SpaceX.
Cette première cotation est sans commune mesure: elle triple - en montant levé - celle du pétrolier Saudi Aramco, qui détenait le record de la plus importante opération du genre depuis 2019.
SpaceX vaut désormais plus de 2.000 milliards de dollars, se hissant directement parmi les huit plus grosses capitalisations boursières mondiales, nettement au-dessus de celle de Tesla, autre joyau d'Elon Musk.
"Aujourd'hui, nous écrivons une nouvelle fois une page d'histoire; et nous avons l'habitude de marquer l'histoire", s'est félicitée Gwynne Shotwell, numéro 2 de SpaceX, lors d'un discours au Nasdaq, la Bourse électronique où est désormais cotée l'entreprise.
Une centaine de personnes s'étaient rassemblées vendredi matin devant le bâtiment du Nasdaq à Times Square, au coeur de New York, où les écrans géants ont diffusé des publicités pour SpaceX.
- Musk au sommet -
Avec cette cotation, la fortune d'Elon Musk a franchi la barre des 1.000 milliards de dollars, soit presque la somme des richesses produites en une année par des pays comme la Suisse ou la Pologne.
L'entrepreneur en série a quasiment triplé sa fortune depuis fin 2024 et dépasse de loin ses concurrents.
"Cela met en évidence le problème des inégalités (...) ainsi que la responsabilité qui incombe à ceux qui bénéficient de ces inégalités de faire tout leur possible pour aider tout le monde", a réagi Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU.
L'entrée en Bourse de SpaceX a aussi profité à nombre de ses actuels ou anciens employés disposant d'une participation au capital de l'entreprise.
Un ancien ingénieur a ainsi expliqué à l'AFP que les actions qu'il avait reçues il y a quelques années dans le cadre de sa rémunération valaient aujourd'hui "dix fois plus".
- "Science-fiction" -
Autre particularité de cette cotation, Elon Musk va conserver l'essentiel des droits de vote de SpaceX, tout en ne contrôlant qu'environ 42% du capital de l'entreprise.
"Il existe un risque de dépendance à une personnalité clé que les investisseurs ne devraient pas négliger", a souligné Nancy Tengler, analyste pour le gestionnaire de fortune Laffer Tengler Investments.
Ces dernières semaines, ceux-ci se sont précipités pour participer à la vague SpaceX, y compris des investisseurs individuels pour lesquels l'entreprise avait réservé une part importante des actions nouvelles.
Beaucoup d'entre eux adhèrent à la vision d'Elon Musk, celle d'un conglomérat multi-facettes, hétéroclite pour certains, entre fusées, intelligence artificielle (IA), puces, internet par satellite et réseau social.
Ce que vend l'homme le plus riche du monde aux investisseurs, bien plus que les activités qui rapportent déjà, comme le lanceur Falcon ou le réseau internet Starlink, c'est un potentiel et des marchés qui n'existent pas encore, à l'instar des centres de données dans l'espace.
"L'envoi de passagers sur la Lune et sur Mars (...), la production d'énergie et l'exploitation minière d'astéroïdes, toutes ces choses-là (...) relevaient largement de la science-fiction", souligne auprès de l'AFP George Nield, du cabinet de conseil Commercial Space Technologies.
Très optimiste sur le futur des industries spatiales privées, il estime disposer de "suffisamment d'éléments" pour voir ces ambitions "être réalisées dans un avenir proche".
L.Guglielmino--PV