Pallade Veneta - Bolivie: fin progressive des barrages routiers après sept semaines de crise

Bolivie: fin progressive des barrages routiers après sept semaines de crise


Bolivie: fin progressive des barrages routiers après sept semaines de crise
Bolivie: fin progressive des barrages routiers après sept semaines de crise / Photo: AIZAR RALDES - AFP

L'ancien président bolivien Evo Morales a annoncé lundi la levée temporaire des derniers barrages routiers encore actifs dans le pays, trois jours après la proclamation de l'état d'exception destiné à mettre fin à plus de sept semaines de contestation.

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Avec l'entrée en vigueur de la mesure décrétée par le président de centre droit Rodrigo Paz, l'approvisionnement a commencé à se normaliser dans le pays.

Depuis début mai, syndicats, groupes indigènes et cultivateurs de coca multipliaient manifestations et blocages routiers pour réclamer la démission de M. Paz sur fond de crise économique, la plus grave depuis 40 ans.

Le chef de l'État accuse Evo Morales (2006-2019) d'avoir orchestré le mouvement de protestation, à l'origine de graves pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments dans plusieurs villes.

"Pour l'instant, nous observons une trêve. Il ne s'agit pas d'une reddition", a déclaré l'ancien président socialiste lors d'une réunion avec des dirigeants de syndicats de cultivateurs de coca du Chapare, dans le département de Cochabamba, son bastion dans le centre du pays.

Au plus fort de la crise, les autorités ont recensé jusqu'à une centaine de barrages routiers. L'état d'exception a accéléré leur démantèlement. Lundi matin, les neuf derniers barrages étaient concentrés dans le département de Cochabamba.

- Retour à la normale -

Sur un marché de La Paz, des centaines d'habitants se pressaient lundi pour acheter des produits arrivés dans les dernières heures.

"La situation est désormais normalisée. Les jours précédents, il y avait quatre pâtés de maisons de file d'attente, mais maintenant c'est plus calme", a déclaré à l'AFP Rosa Quispe, une commerçante de 48 ans.

Les longues files d'attente et les bousculades pour se procurer de la nourriture semblaient appartenir au passé, tandis que des camions déchargeaient viande, légumes et autres marchandises.

Si les produits étaient de retour sur les étals, le pouvoir d'achat restait durement affecté. "La plupart des gens n'ont pas d'argent. Avec ou sans barrages, il n'y a pas beaucoup de clients", a expliqué à l'AFP Mari Soria, derrière un étal de rue proposant du foie et de la panse de boeuf. "Aujourd'hui les prix ont baissé, mais les gens se tournent toujours vers le poulet, moins cher".

L'approvisionnement en carburant, déjà problématique avant même les barrages, demeurait difficile. Les files de taxis, de véhicules particuliers et d'autobus restaient longues devant les stations-service.

Des centaines de camions-citernes venus du Chili et du Pérou, immobilisés pendant plusieurs semaines, déchargeaient cependant essence et diesel dans le complexe de Senkata, près de La Paz, en vue de leur distribution.

- Coupures de courant -

Les derniers foyers de contestation se situaient dans le Chapare, région où Evo Morales demeure réfugié afin d'échapper à l'exécution d'un mandat d'arrêt émis dans une affaire de traite présumée d'une mineure, une accusation qu'il rejette.

Le ministre de l'Intérieur, Marco Antonio Oviedo, a déclaré à la chaîne Unitel qu'un plan était en préparation pour permettre l'entrée des forces de l'ordre dans cette région. Il a assuré que l'opération serait menée "avec tranquillité et calme".

M. Paz accuse Evo Morales de recevoir un soutien financier de narcotrafiquants, sans présenter de preuves à l'appui. L'ancien président rejette ces allégations et affirme que les États-Unis cherchent à obtenir son arrestation.

Le dirigeant indigène dénonce des coupures répétées d'électricité qu'il attribue à une "guerre psychologique" menée contre le Chapare. "Si l'on nous coupe encore l'électricité, nous nous mobiliserons et prendrons le contrôle d'une centrale électrique", a-t-il averti.

R.Zarlengo--PV

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