Pallade Veneta - La REF du Medef s'ouvre sous le signe du "courage" et de la présidentielle

La REF du Medef s'ouvre sous le signe du "courage" et de la présidentielle


La REF du Medef s'ouvre sous le signe du "courage" et de la présidentielle
La REF du Medef s'ouvre sous le signe du "courage" et de la présidentielle / Photo: Thibaud MORITZ - POOL/AFP/Archives

La Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) qui s'ouvre mercredi au stade Roland-Garros sera placée sous le thème du "courage", alors que les sept principaux candidats à la présidentielle évoqueront en clôture, jeudi, leurs idées pour l'économie.

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À huit mois de l'élection présidentielle, le rendez-vous annuel du Medef prend ainsi cette année une dimension particulièrement politique.

Le point d'orgue sera ce débat réunissant Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier sur le court central, où se tient l'événement depuis l'an dernier.

Les candidats répondront aux questions de cinq dirigeants de PME élaborées à partir d'une consultation menée pendant trois mois auprès de 66.000 chefs d'entreprise, et dont le Medef a publié les résultats mardi.

On y découvre que, sans même qu'on leur avance un nom de vainqueur possible, seuls 17% des chefs d'entreprises interrogés se disent optimistes (dont 2% très optimistes) face aux effets de la politique économique du prochain président, et 82% sont pessimistes, dont 29% très pessimistes.

Interrogés sur ce qui leur semble prioritaire lors du prochain quinquennat, 81% citent la réindustrialisation du pays, 75%, la simplification des normes, 83%, la réduction de la fiscalité, 75%, la réduction de la dette et des dépenses publiques.

- "Traduction concrète" -

À travers cet exercice, l'organisation patronale espère imposer ses thèmes dans le débat présidentiel.

Mardi dans un communiqué, le Medef estimait que "les enseignements de cette consultation doivent trouver une traduction concrète dans la campagne présidentielle".

Il attend que "chaque candidat précise ce qu'il entend proposer pour redresser l'économie du pays et quelle place il entend donner aux entreprises".

"Le débat économique ne peut plus avoir pour seul horizon de nouvelles hausses d'impôts et toujours plus de contraintes pour les entreprises", souligne le mouvement.

Au contraire, "il doit porter sur les conditions permettant aux entreprises de prévoir, d'investir, d'innover, de recruter et de se développer en France".

Le président Patrick Martin, élu en 2023, s'agace régulièrement de voir les entreprises être selon lui "la variable d'ajustement" du budget, faute de majorité à l'Assemblée nationale depuis 2024.

Sous son impulsion, le premier mouvement patronal a cherché à se positionner comme un acteur du débat public, bien au-delà des seules revendications des entreprises, ces dernières années.

Il multiplie les propositions et travaux chiffrés sur les finances publiques, la santé, l'emploi des jeunes, la protection sociale ou la démographie.

- "Il a fallu faire des choix" -

Cette stratégie traduit une volonté de "remettre de la rationalité dans le débat", comme le dit régulièrement Patrick Martin, qui ne cache pas trouver les responsables politiques trop focalisés sur le court terme et insuffisamment attentifs aux enjeux de compétitivité, dette publique ou réindustrialisation.

Le thème choisi cette année, "le courage", s'inscrit dans cette logique. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, Patrick Martin estimait ce weekend que "le courage ne consiste pas à tout changer pour que rien ne change", mais à dire aux Français que la préservation du modèle social suppose de "remettre le travail au cœur de notre ambition collective".

Outre ce débat présidentiel, la REF accueillera notamment la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le ministre de l'Économie Roland Lescure et le directeur exécutif de Stellantis, Antonio Filosa.

D'autres candidats possibles ou déclarés à la présidentielle figureront dans des tables rondes ou discussions (Fabien Roussel, David Lisnard, Bruno Le Maire, Elisabeth Borne, le député socialiste Philippe Brun, Xavier Bertrand).

Mais, dans cette REF dont la fréquentation s'annonce record, ils n'auront pas droit au grand débat. "Vous ne pouvez pas mettre tous les candidats potentiels ou déclarés sur une même scène, il a fallu faire des choix", explique-t-on au Medef.

A.Graziadei--PV

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