Enquête élargie sur les risques d'une carrière d'Imerys accusée de pollution
Le parquet de Saint-Brieuc, qui a ouvert en avril une enquête pour pollution des eaux visant une carrière exploitée par la multinationale Imerys dans les Côtes-d'Armor, a annoncé vendredi l'avoir élargie pour rechercher d'éventuelles infractions en matière de santé au travail.
Cette annonce fait suite à une enquête du média indépendant d'investigation Splann!, publiée jeudi, selon laquelle des ouvriers du site de Glomel (Côtes-d'Armor), exploité par le groupe français de minéraux industriels, sont exposés à des poussières toxiques.
"L'enquête évolue et investigue sur de nouvelles infractions. Elle était actuellement sur le volet +environnement+ et +santé publique+. Avec ce nouveau signalement concernant la santé/sécurité au travail, de nouvelles infractions vont être recherchées dans ce domaine", a indiqué à l'AFP le parquet de Saint-Brieuc.
Plusieurs ouvriers du site seraient exposés à des poussières toxiques et certains seraient même atteints de "maladies pulmonaires" dont des silicoses ou des cancers, a dénoncé jeudi le média breton, en expliquant s'appuyer sur des "documents et vidéos inédits" ainsi que sur des récits de plusieurs employés.
Imerys exploite à Glomel un gisement d'andalousite, un minerai utilisé dans l'industrie pour sa résistance à de très hautes températures. Cette carrière, unique en Europe et qui a été ouverte dans les années 1970, permet à cette multinationale de répondre à 20% de la demande mondiale.
Lors d'une conférence de presse jeudi à Rennes, la journaliste de Splann!, Célia Izoard, a précisé avoir eu accès à cinq témoignages dans cette usine de 68 salariés où règne selon elle "l'omerta".
Présent à la conférence de presse, un ancien intérimaire, Cédric Gouagout, 44 ans, affaibli, dit vivre "un enfer" et "être une victime d'Imerys" depuis son passage de quelques mois sur ce site. "J'ai reniflé toute cette poussière qui m'a rendu invalide", a-t-il dénoncé.
Contacté par l'AFP, Imerys indique de son côté que "les opérations du site de Glomel sont conduites dans le cadre des autorisations préfectorales applicables et sous le contrôle régulier des autorités compétentes, notamment la DREAL", la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement.
Le groupe avait déjà été accusé par Splann! d'avoir provoqué une pollution de l'eau en déversant illégalement des produits chimiques sur le site de Glomel. Ces accusations avaient entraîné l'ouverture d'une enquête début avril.
Imerys se présente comme le leader mondial des spécialités minérales pour l'industrie avec un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros en 2025. Il emploie 12.300 salariés dans 40 pays.
M.Jacobucci--PV