Marchés mondiaux: la France sous haute surveillance
La France restait lundi sous haute surveillance des marchés, au sein d'une zone euro fragilisée par le recul de la monnaie unique vis-à-vis du dollar, de surcroît après l'annonce d'élections anticipées en Espagne.
La France inquiète les marchés avec sa dette à 119% du PIB, son gouvernement sans majorité parlementaire pour l'adoption du budget, sur fond de campagne présidentielle qui creuse les clivages sur le financement des retraites.
Dans un contexte global de hausse des taux d'intérêt, les investisseurs demandent une prime de risque supplémentaire à la France, qui emprunte beaucoup plus cher sur les marchés que l'Allemagne pour financer sa dette.
Lundi matin vers 08H30 GMT, ce "spread" se creusait encore avec un coût du crédit à dix ans en France à 4,88% (4,87% vendredi à la clôture), contre 3,42% en Allemagne (3,46% vendredi).
"Les rendements français (taux d'intérêt d'emprunt) seront de nouveau au centre de l’attention cette semaine, les investisseurs restant préoccupés par les perspectives budgétaires", avance Kathleen Brooks de la plate-forme XTB Markets.
"Seul un accord budgétaire convaincant apporterait un soulagement à la France et aux marchés européens dans leur ensemble", ajoute Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
"La poursuite de la paralysie politique pourrait maintenir les investisseurs en retrait, et exercer une pression sur l’euro ainsi que sur les marchés boursiers européens", ajoute-t-elle.
- L'euro en recul -
L'euro était à son plus bas face au dollar depuis mai 2025, à 1,1203 dollar pour un euro. La monnaie unique encaissait les doutes sur la situation en France, ainsi que l'annonce d'élections anticipées en Espagne prévues en novembre.
"L’Espagne reste un élément secondaire, mais la France constitue le véritable facteur de prime de risque pour l’euro", insiste Neil Wilson de Saxo Market rappelant que "les chances de voir Marine Le Pen remporter l’élection présidentielle de l’an prochain augmentent, sur fond de troubles civils et de dégradation de la situation budgétaire".
- Baisse du pétrole -
Vers 08H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 100,81 dollars (-1,41%), et le WTI américain reculait à 89,42 dollars le baril (-1,85%).
Les exportations de pétrole brut des pays du Moyen-Orient, hors Iran, ont dépassé la semaine dernière leur niveau d'avant la guerre dans la région, malgré les attaques contre des navires dans le détroit d'Ormuz, selon les données de la société de suivi maritime Kpler.
- Bourse: Paris à la peine -
Sur les marchés boursiers européens donc, Paris reculait (-0,52%), entraînée par le mouvement de cession des titres de Schneider Electric (-8,04%).
Le géant français des équipements électriques plongeait après l'annonce de l'acquisition de l'américain PTC, concepteur de logiciels, pour 22,6 milliards de dollars (20,1 milliards d'euros).
Francfort progressait (+0,21%), tout comme Londres malgré la baisse du pétrole (+0,44%), Milan (+0,42%) et même Madrid (+0,83%) malgré l'annonce d'élections anticipées pour fin novembre.
En Asie, les indices ont emboîté le pas à ceux de Wall Street, qui ont clôturé en hausse vendredi en réaction aux données très attendues sur l'emploi américain.
L'indice Taiex de la Bourse de Taipei a terminé en hausse (+2,55%) tout comme Tokyo (+2,40%) et Hong Kong a fini à l'équilibre (+0,03%). Séoul était fermé.
"Les investisseurs sont confrontés à un programme contrasté. Tandis que les signaux venus des États-Unis et d’Asie sont positifs, les facteurs de pression restent tenaces en Europe", note Andreas Lipkow de CMC Markets.
"Les marchés actions asiatiques ont transformé les signaux positifs de Wall Street en gains de cours", poursuit-il, rappelant que "la faiblesse des chiffres de l’emploi américain publiés vendredi a nettement réduit la probabilité d’une nouvelle hausse de taux de la Fed. En Europe en revanche, les rendements élevés des obligations d’État françaises restent un facteur de tension majeur".
U.Paccione--PV