Pallade Veneta - "Nous sommes Mélanie": marche blanche pour la surveillante poignardée

"Nous sommes Mélanie": marche blanche pour la surveillante poignardée


"Nous sommes Mélanie": marche blanche pour la surveillante poignardée
"Nous sommes Mélanie": marche blanche pour la surveillante poignardée / Photo: FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

"Nous sommes Mélanie": dans un silence aussi absolu qu'impressionnant, 1.500 personnes environ ont défilé, vendredi à Nogent (Haute-Marne), en hommage à Mélanie, surveillante de collège poignardée à mort par un élève de 14 ans au profil troublant.

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"Mélanie, ton sourire et ta joie de vivre resteront gravés", disait une banderole en tête du cortège, tenue par des proches accablés.

Le défilé est parti depuis les grilles chargées de fleurs du collège Françoise-Dolto, où l'assistante d'éducation de 31 ans a été tuée de sept coups de couteau par un élève de 3e.

"Elle était là au mauvais endroit au mauvais moment", lâche Priscilla, la trentaine, un bouquet de fleurs blanches à la main.

"Et en plus, il n'a pas de remords", ajoute-t-elle à l'AFP, dans une allusion au meurtrier présumé, décrit par le procureur de Chaumont comme dépourvu de "regrets" et de "compassion".

"Il va aller en prison et il va ressortir", déplore vivement Priscilla, à l'image de la colère sourde qui gronde dans la foule dense, 1.500 personnes selon la gendarmerie, sur une commune d'environ 3.500 habitants.

L'adolescent mis en cause a été incarcéré dans la foulée de sa mise en examen, jeudi soir, pour meurtre aggravé par la circonstance que sa victime était "chargée d'une mission de service public".

Du fait de sa minorité, il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Dans les rues du gros bourg, un habitant avait collé une affichette "Nous sommes Mélanie".

"C'est catastrophique ce qu'il se passe. On n'a pas de mots", estime Josselyne Guillemin, 70 ans, portant fièrement son écharpe de "Super Mamie de Haute Marne". "On vient de Saint-Dizier, à 80 km. On ne la connaissait pas, mais on veut être solidaire", dit-elle, portant une affichette composée de photos de Mélanie.

- "La joie de vivre" -

La plupart des participants arboraient des tee-shirts aux couleurs claires, souvent imprimés du visage de Mélanie tout sourire.

"Pour symboliser la joie de vivre de Mélanie, il est demandé aux participants de ne pas porter de vêtements de couleur sombre", avaient écrit ses proches sur les réseaux sociaux en annonçant la marche blanche.

En arrivant à l'hôtel de ville de Nogent, le cortège a noirci la place pourtant immense du gros bourg, respectant une impressionnante minute de silence. Quelques journalistes cameramen impétueux ont été vertement repoussés après avoir voulu filmer la famille, ce qu'elle avait expressément refusé.

Lors de sa garde à vue, le collégien a confessé avoir voulu tuer une surveillante, "n'importe laquelle", après que l'une d'elles, mais pas Mélanie, lui reproche d'avoir embrassé sa copine dans l'enceinte de l'école, selon le parquet.

L'adolescent n'a "aucun signe évoquant un possible trouble mental" mais une "certaine fascination pour la violence et la mort", et "ne semble pas attacher d'importance particulière" à la vie, a indiqué mercredi le procureur de Chaumont, Denis Devallois.

A deux reprises, en 2024, il avait frappé deux camarades, dont l'un de 6e, se faisant expulser pour une journée à chaque fois du collège.

Le mardi du drame, il avait pris, dans la cuisine de ses parents, le plus gros couteau pour faire "le plus de dégâts", a-t-il dit lors de sa garde à vue. Il avait peu après poignardé à sept reprises la surveillante.

Les funérailles se tiendront mardi à Sarcey, non loin de Nogent, où vivait la surveillante, la famille exigeant l'absence de "médiatisation".

Ce nouveau drame dans une école a autant secoué le monde politique qu'éducatif.

La ministre de l'Éducation nationale Élisabeth Borne a indiqué vendredi lors d'un déplacement dans l'Aisne que chaque établissement devrait se doter d'ici la fin de l'année d'un "protocole de repérage et de prise en charge des situations de souffrance psychologique chez les jeunes".

Reconnaissant que 50% des postes de médecins scolaires "sont vacants", elle s'est engagée à "renforcer les effectifs" pour les infirmières, psychologues notamment, soulignant que cela serait arbitré "dans le cadre des discussions budgétaires" à venir.

H.Ercolani--PV

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