Pallade Veneta - L'inquiétude domine au débat public sur une mine de lithium en Auvergne

L'inquiétude domine au débat public sur une mine de lithium en Auvergne


L'inquiétude domine au débat public sur une mine de lithium en Auvergne
L'inquiétude domine au débat public sur une mine de lithium en Auvergne / Photo: OLIVIER CHASSIGNOLE - AFP

"C'est un non massif!" Des habitants ont exprimé leur opposition, ou a minima leurs inquiétudes, jeudi soir, lors d'une réunion du débat public sur un ambitieux projet de mine de lithium dans l'Allier.

Taille du texte:

Dans la salle polyvalente de Gannat, les organisateurs ont dû ajouter des chaises pour accueillir les quelque 220 personnes ayant participé à la rencontre.

Ce débat public, lancé cette semaine, est consacré à l'ouverture d'une mine de lithium à Echassières par le groupe industriel Imerys, qui prévoit de produire de l'hydroxyde de lithium pour 700.000 voitures électriques par an dès 2028.

Le projet vise à extraire le précieux métal sur son site de Beauvoir, où il exploite déjà du kaolin, pour aider l'Europe à limiter sa dépendance vis-à-vis de la Chine, dans un contexte de forte demande pour les voitures électriques équipées de batteries au lithium.

La réunion, à laquelle ont participé des représentants d'Imerys, s'est tenue sous forme de tables rondes permettant aux participants de poser leurs questions, synthétisées en fin de séance.

"On craint pour la forêt des Colettes (située à proximité), mais d'un autre côté, il y a la question de l'emploi... Je suis venue car j'ai du mal à me faire une idée précise", a témoigné auprès de l'AFP Brigitte Rodde, 56 ans, avant l'ouverture des débats qui se sont prolongés au-delà des trois heures prévues initialement.

A la table ronde consacrée aux impacts socio-économiques, Numa Bertrand, 49 ans, habitant de Gannat, s'interroge sur les 1.000 emplois directs et indirects promis par Imerys. "Quelles seront les conditions de travail? Parle-t-on de CDI? De CDD? Ce seront des emplois locaux ou extérieurs? Qu'est-ce qui est prévu pour la santé et la sécurité des salariés?", questionne-t-il.

"Laborantins, techniciens de maintenance, ingénieurs, etc.: ce seront des emplois permanents, avec des équipes postées, on aura besoin de CDI", a assuré Loïc Chenal, responsable des opérations chez Imerys, évoquant 600 emplois directs.

- La question de l'eau -

Pour Vincent, habitant de Saint-Bonnet-de-Rochefort qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, "parler des emplois, c'est déjà accepter le fait que le projet soit acté, j'ai l'impression que les décisions sont déjà prises".

"On ne voit aucune opportunité, mais que des menaces dans ce projet", a estimé de son côté Jacques Morisot, membre de l'association locale "Préservons la forêt des Colettes".

L'installation de la mine soulève notamment "la question du recyclage des batteries qui est problématique, des terres agricoles et du tourisme", a-t-il dit.

"Pour nous, c'est un non franc et massif!", a-t-il lancé, déclenchant des applaudissements dans la salle.

"Notre préoccupation est d'empiéter le moins possible sur des terrains agricoles ou forestiers, c'est pour cela que nous avons prévu des canalisations enterrées sans emprise en surface", a affirmé Fabrice Frebourg, responsable environnement chez Imerys.

Beaucoup de questions concernaient les conséquences sur l'environnement ou la gestion de l'eau.

"La mine propre n'existe pas, mais cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas en réduire au maximum les conséquences environnementales", en recyclant l'eau ou en utilisant moins de produits chimiques polluants, a déclaré cette semaine au journal Les Echos Christophe Poinssot, directeur général délégué du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Imerys assure que 90% de l'eau utilisée pour le projet - qui nécessitera 1,2 million de m3 par an - sera recyclée. Une réunion spécifiquement consacrée à ce sujet, où seront dévoilés les résultats d'une étude, se tiendra le 30 mai à Vichy.

Le débat public s'articule autour d'une quinzaine de réunions publiques, à Echassières, Saint-Bonnet-de-Rochefort et Montluçon, avec des ateliers à Saint-Pourçain, Saint-Eloy-les-mines, Paris et Clermont-Ferrand.

Une synthèse sera restituée à Gannat le 8 juillet. Une autre réunion finale de compte-rendu est prévue en septembre.

"On se situe en amont de toute décision (...), c'est un temps démocratique important", a déclaré Mathias Bourrissoux, président du débat public sur le projet lors d'une conférence de presse, en soulignant que "plus de la moitié des projets se trouvent transformés par le débat public".

C.Grillo--PV

En vedette

Déplacer le village de Miquelon: pas un modèle mais des leçons à tirer, selon une géographe

Présenté comme le premier village de France relocalisé face à la montée des eaux, Miquelon, dans l'archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, avance dans son déplacement: après la tempête Fiona en 2022 et le début des aménagements, la phase 2 du projet va commencer. Interrogée par l'AFP, la géographe Xenia Philippenko analyse les avancées et les limites de l'opération.

France: près de 8.000 décès en excès après un été de canicules quasi continues

L'été le plus chaud jamais vécu par l'Hexagone depuis 1900, avec sa succession presque ininterrompue de canicules, a fait près de 8.000 morts en excès, selon des données provisoires des autorités sanitaires.

Indonésie : les incendies, menace supplémentaire pour l'éléphant de Sumatra

Les éléphants de Sumatra, une espèce en danger critique d'extinction, sont encore plus menacés par les incendies qui ont ravagé des centaines d'hectares de leur habitat sur cette grande île d'Indonésie, a indiqué mercredi une organisation de protection de la faune sauvage.

Au G20 Energie, les Etats-Unis cherchent à vanter leur puissance et faire oublier la guerre en Iran

A la réunion des ministres de l'Energie du G20 qu'ils organisent au Texas, les Etats-Unis martèlent le message de leur puissance énergétique, quitte à mettre de côté les conséquences de la guerre en Iran et les inquiétudes environnementales.

Taille du texte: