Pallade Veneta - Face aux défis de l'agriculture, des experts prônent des systèmes "conscients"

Face aux défis de l'agriculture, des experts prônent des systèmes "conscients"


Face aux défis de l'agriculture, des experts prônent des systèmes "conscients"
Face aux défis de l'agriculture, des experts prônent des systèmes "conscients" / Photo: Niharika KULKARNI - AFP

Pour aider les agriculteurs confrontés aux pressions financières, aux conséquences du changement climatique et à l'appauvrissement des sols, des experts réunis cette semaine au Bhoutan plaident pour rapprocher les consommateurs des producteurs.

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Un groupe d'agriculteurs, de scientifiques et de spécialistes du développement prône des "systèmes alimentaires conscients", arguant que les populations sont aujourd'hui trop éloignées de la nature et des producteurs.

Les méthodes de production actuelles "ne sont pas vraiment adaptées à leur objectif", pose Andrew Bovarnick, responsable des systèmes alimentaires au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

"Cela engendre d'énormes problèmes environnementaux", poursuit-il. Par ailleurs, "nous avons davantage de nourriture dans le monde, mais il y a plus de personnes que jamais qui souffrent de malnutrition et de famine".

M. Bovarnick a passé des années à rechercher des solutions techniques, mais il estime que la technologie ne peut pas à elle seule résoudre le problème.

Il retrouve cette semaine au Bhoutan des agriculteurs, scientifiques et spécialistes du développement, tous membres comme lui de la Global Conscious Food Systems Alliance. Ils défendent une production alimentaire axée sur la protection de l'environnement, des producteurs et des consommateurs, plutôt que sur la maximisation des profits ou des rendements.

L'agriculture intensive, l'utilisation de produits chimiques et les phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique ont dégradé jusqu'à 40% des terres à l'échelle mondiale.

Des difficultés de cet ordre, Ashish Gupta y est confronté quotidiennement. Il cultive, au sein d'une coopérative, une petite exploitation de l'Himachal Pradesh, dans le nord de l'Inde.

"Les marchés sont vraiment impitoyables", explique-t-il à l'AFP en marge de la conférence, déplorant les obstacles auxquels se heurtent les petits exploitants qui produisent des aliments bio.

Certes, ces denrées peuvent sembler plus chères. Mais M. Gupta exhorte les consommateurs à prendre conscience des impacts environnementaux et sociaux de l'agriculture industrielle.

Dès qu'une inondation ruine une récolte, sa communauté peine à survivre, raconte-t-il. Il se désole aussi de "la nouvelle génération (qui) se désintéresse de l'agriculture".

- "Lien à la terre" -

Qu'est-ce qu'un système alimentaire "conscient"? Pour M. Gupta, cela commence par des consommateurs qui s'intéressent aux personnes qui produisent leur nourriture et aux moyens qu'elles emploient. Il cherche à créer du lien afin d'encourager les acheteurs à payer un prix plus juste.

Il souhaite "que les jeunes puissent ressentir dans leur cœur ce lien avec la terre, et pas seulement l'aspect économique", explique-t-il. "Sans ça, le statu quo restera en place."

Concrètement, à quoi un tel système pourrait-il ressembler ?

Dans la ville de Paro, plusieurs centaines de défenseurs de cette idée mettent en œuvre différentes pratiques, de la marche méditative aux repas en pleine conscience - une pratique visant à prêter une attention totale aux sensations provoquées par l'acte de manger.

Le groupe débat aussi de différents exemples, comme celui d'un projet égyptien qui a incité 50.000 agriculteurs à adopter l'agriculture régénératrice, qui cherche à restaurer des sols dégradés.

Le Bhoutan offre un terrain fertile à ces réflexions, car le pays s'est engagé à faire en sorte que 60% de ses terres restent des forêts et à afficher un bilan carbone négatif.

Mais le pays est confronté à de lourds défis. "Notre main-d'œuvre agricole vieillit et nous avons un problème de migration, des campagnes vers les villes mais aussi vers l'étranger", explique à l'AFP le ministre de l'Agriculture du Bhoutan, Lyonpo Younten Phuntsho.

Il espère pouvoir tirer parti de l'environnement préservé du pays pour proposer des produits à forte valeur ajoutée, et donc vendus à un prix élevé.

D.Vanacore--PV

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