Grèce: une station balnéaire proche d'Athènes menacée par un violent incendie
Des centaines de pompiers luttent samedi en Grèce contre les flammes qui menacent de ravager une station balnéaire très fréquentée à quelque 70 kilomètres d'Athènes mais des vents violents compliquent fortement leur tâche.
Ils sont plus de 300 à intervenir dans cette localité de Porto Germeno, au nord-ouest de la capitale grecque, alors que la Grèce, relativement épargnée par les grands incendies en début d'été contrairement à la France et l'Espagne, est en alerte maximum dans de nombreuses régions.
"En raison des vents, il y a trois fronts distincts à Porto Germeno", a déclaré Yiannis Artopios, porte-parole adjoint des pompiers, à la chaîne de télévision publique ERT.
Près de 30 appareils aériens ont été mobilisés, selon les pompiers, mais seulement certains ont pu intervenir en raison des vents violents qui soufflent sur la région depuis plusieurs jours.
"Nous constatons des résultats spectaculaires", a toutefois assuré en début d'après-midi le vice-gouverneur régional de Béotie, Giorgos Dasiotis, sur ERT.
Mais "les changements de direction du vent modifient les conditions instantanément. C'est sans précédent", a-t-il aussi souligné.
Porto Germeno, sur le Golfe de Corinthe, est un lieu de villégiature prisé des Athèniens qui y possèdent des maisons secondaires.
Sa population est multipliée en été en particulier en ce premier week-end d'août où nombre de Grecs entament leurs vacances.
- Dégâts considérables -
Les dégâts y sont d'ores et déjà considérables, ont affirmé plusieurs témoins à l'AFP.
Parmi eux, Minas Tsotdanis, un agriculteur dont la maison située dans un hameau à proximité, a été détruite.
"Le feu était trop violent et le vent soufflait avec une force incroyable. Il n’y avait rien à faire, sinon regarder l’incendie. Ma maison a été entièrement détruite", a-t-il expliqué.
"À ma connaissance, il n'y a pas eu de victimes, mais beaucoup de maisons ont été détruites", a confirmé Dimos Economou, qui habite le village tout proche de Vilia et qui est venu prêter main-forte aux pompiers.
Partout, cela sent la fumée alors que des messages sont envoyés sur les téléphones portables ordonnant l'évacuation de certaines zones.
Jusqu’à 150 maisons à Porto Germeno auraient été endommagées, a quant à lui affirmé Dimitris Pagonis, haut responsable de la protection civile de la ville voisine de Mandra, sur la chaîne Skai.
Des vents atteignant 130 km/h ont été enregistrés samedi, selon meteo.gr, le service météorologique de l'Observatoire national d'Athènes.
"Le vent tombe puis, quelques secondes plus tard, se remet à souffler avec une violence extrême", a expliqué à l'AFP Albert Bushaj, bénévole de 40 ans.
- "Tout est touché" -
"Il embrase à nouveau tout sur son passage (...) Les animaux, tout est touché", a-t-il ajouté.
L'incendie s'est déclaré vendredi près du village côtier voisin d'Agios Vasileios.
Quelque 300 personnes ont dû être évacuées par la mer.
Avec déjà 4 à 5.000 hectares parcourus par le feu, les dégâts autour de Porto Germeno sont "inconcevables", a jugé Theodore Giannaros, météorologue spécialisé dans les feux de forêt de l'Observatoire national d'Athènes, sur Facebook.
Par ailleurs, près de 100 pompiers sont mobilisés sur un autre incendie à Aigialia, dans le nord du Péloponnèse (sud).
Des incendies ont frappé plusieurs régions de Grèce depuis mardi, notamment sur les îles prisées de Crète et de Paros où la saison touristique bat son plein. Quelque 6.000 hectares sont partis en fumée sur ces deux îles, selon meteo.gr.
Vendredi soir, le feu s'est rapproché d'Athènes forçant les autorités à ordonner l'évacuation d'une partie d'une banlieue d'Athènes. Les habitants ont pu en fin de soirée regagner leur logement.
Trois pompiers ont été tués.
La région d'Athènes mais aussi une partie de l'île d'Eubée ont été placées en état d'alerte maximum ce samedi tandis que le risque est très élevé sur une partie de la Crète et une majorité d'îles de la mer Egée notamment.
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a prévenu jeudi que le pays allait vivre "des jours difficiles".
La Grèce, touchée de plein fouet par la crise climatique comme l'ensemble du pourtour méditerranéen, est en proie à des incendies chaque été en raison de fortes températures, de canicules fréquentes, et de la sécheresse.
N.Tartaglione--PV