Pallade Veneta - Le G7 affiche au Japon son unité face à la Chine

Le G7 affiche au Japon son unité face à la Chine


Le G7 affiche au Japon son unité face à la Chine
Le G7 affiche au Japon son unité face à la Chine / Photo: Franck ROBICHON - POOL/AFP

Au pied du mont Asama au Japon, les chefs de la diplomatie des pays du G7 ont présenté lundi un front uni face aux défis posés par la Chine, rejetant toute divergence de vues concernant le géant asiatique.

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Réunis dans la station de ski huppée de Karuizawa, à une centaine de kilomètres de Tokyo, les ministres des Affaires étrangères des grands pays industrialisés ont consacré une bonne part de leurs discussions à la montée en puissance de la Chine, et réitéré leur soutien à l'Ukraine face à la Russie.

La présidence japonaise du G7 (France, Japon, Etats-Unis, Canada, Allemagne, Italie, Royaume-Uni) avait clairement affiché la couleur en organisant dès dimanche soir un dîner à huis clos sur la Chine et la Corée du Nord.

Comme un rappel des tensions avec la Chine sur la question taïwanaise, un destroyer américain a navigué dimanche dans le détroit de Taïwan, où Pékin, qui revendique l'île comme faisant partie de son territoire, avait récemment organisé de vastes exercices militaires.

"La communauté internationale est à présent à un tournant historique", a plaidé lundi le ministre japonais Yoshimasa Hayashi, en soulignant que "l'unité du G7 était extrêmement importante" à cet égard.

Mais les récents propos du président français Emmanuel Macron sur la Chine ont plané sur la réunion.

De retour d'une visite en Chine, il avait défendu dans une interview la nécessité d'une "autonomie stratégique" européenne face au risque de voir l'UE entraînée dans un conflit entre Washington et Pékin, notamment sur la question de Taïwan.

Publiquement, les responsables américains y compris le secrétaire d'Etat Antony Blinken se sont gardés de dénoncer ces propos, au contraire d'une certaine exaspération affichée par des pays européens comme la Pologne.

Paris s'est de son côté efforcé de désamorcer la polémique, réaffirmant que la position de la France n'avait pas changé. La France reste "profondément attachée au respect du statu quo, ainsi qu'à la préservation de la paix et de la stabilité entre les deux rives du détroit" de Taïwan", a rappelé la ministre française Catherine Colonna.

Le chef de la diplomatie américaine et son homologue française se sont d'ailleurs rencontrés en marge du G7 lundi, affichant selon M. Blinken leur "convergence" de vues.

"Nous sommes unis, nous envoyons clairement le même signal au reste du monde que toute situation requiert le respect du droit international, précondition pour le reste", a déclaré à la presse Mme Colonna.

"Beaucoup de ministres se sont récemment rendus en Chine", constatait de son côté un haut responsable américain, évoquant un "large consensus dans la salle pour rester engagés avec la Chine".

"Il y a beaucoup d'unité" autour de la table qui sera mis en musique dans le communiqué final de la réunion attendu mardi, a ajouté le responsable qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.

Les ministres y enverront le message "que nous voulons travailler avec la Chine mais que nous allons certainement nous opposer à toute coercition" de la part de Pékin, selon cette source.

- "Coquille" -

Des experts soulignent cependant la difficulté d'obtenir un consensus.

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a elle appelé les pays européens à ne "pas se limiter à défendre l'ordre de paix européen" ni à se "retirer dans leur coquille" mais à agir "avec une vision large du monde".

"Autonomie stratégique, vous appelez ça comme vous voulez. Le fait est que nous devons avoir les moyens de nous protéger contre nos vulnérabilités", résume un responsable européen.

Les ministres se sont également accordés pour intensifier leurs efforts pour "prévenir et répondre à l'évasion des sanctions" contre la Russie ainsi qu'à "la fourniture d'armes à la Russie par des tiers", ce qui pourrait être considéré comme un nouvel avertissement à la Chine.

O.Merendino--PV

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