Pallade Veneta - Samu: les assistants de régulation en grève dans près des trois quarts du territoire

Samu: les assistants de régulation en grève dans près des trois quarts du territoire


Samu: les assistants de régulation en grève dans près des trois quarts du territoire
Samu: les assistants de régulation en grève dans près des trois quarts du territoire / Photo: Valentine CHAPUIS - AFP

Médecins absents, urgences "régulées": "épuisés" par un fort surcroît d'activité, les assistants de régulation médicale (ARM), premiers à décrocher les appels au Samu, sont en grève dans 69 des 100 "centres 15" départementaux, réclamant revalorisations salariales et embauches, selon leur association nationale Afarm.

Taille du texte:

En visite lundi au Samu de Toulouse, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a déclaré qu'"une partie" de leurs revendications étaient "légitimes" et qu'il comptait "y travailler dans les toutes prochaines semaines".

Cette grève illimitée, entamée le 3 juillet, se voit peu car les ARM grévistes sont, comme beaucoup de soignants, "généralement assignés par l'administration, et donc à leur poste", sans perte de salaire, explique à l'AFP Yann Rouet, co-président de l'Afarm (Association française des assistants de régulation médicale). La grève n'a ainsi "aucun impact sur la qualité de réponse pour les Français", précise-t-il.

Alors qu'au coeur de l'été, de nombreux hôpitaux doivent restreindre l'accès aux urgences faute de soignants, et que beaucoup de généralistes sont absents, les autorités enjoignent "d'appeler le 15" en premier recours. Pour les ARM, "cela engendre forcément une activité supplémentaire", de l'ordre "de 30%, comme l'été dernier", en particulier dans les zones touristiques, détaille M. Rouet.

"Sur le terrain, c'est compliqué, on a le même temps pour gérer un appel", "pas toujours de solution à apporter" aux appelants. Les agents sont "fatigués, épuisés, certains sont clairement à bout", poursuit cet ARM des Côtes d'Armor.

"On réclame une reconnaissance de la pénibilité actuelle" soit une prime mensuelle de 100 euros, et des précisions sur les nouvelles grilles promises, ajoute M. Rouet.

L'Afarm demande aussi des embauches, alors qu'il manque selon elle "environ 800 ARM" en France pour répondre aux besoins et que le gouvernement entend généraliser d'ici la fin de l'année le Service d'accès aux soins (SAS).

Ce service - qui vise à orienter à partir du 15 certains patients vers des prises en charge en médecine de ville, lorsque leur état de santé ne justifie pas un recours aux urgences - doit être généralisé d'ici la fin de l'année.

"Les ARM c'est le coeur, c'est la rotule de notre système de régulation. Ils ont une fonction particulière qui, en quelques années, a pris beaucoup d'ampleur, qui en a pris encore plus depuis l'an dernier et le fait qu'on incite beaucoup les Français à passer par le 15", a déclaré de son côté Aurélien Rousseau à Toulouse.

"Je considère qu'une partie de ces revendications sont légitimes et on va y travailler dans les toutes prochaines semaines", a-t-il ajouté, sans préciser à quelles revendications il faisait allusion, ni se prononcer sur la demande de l'Afarm d'embaucher 800 ARM supplémentaires.

Le ministre a également souligné la "qualité" du travail de ces agents.

"Il faut reconnaître cette qualité à sa juste valeur", a-t-il notamment déclaré au délégué de l'Afarm à Toulouse, Lilian Gelbart Carrasco.

Un ARM sur trois est en grève à Toulouse, qui compte "beaucoup de contractuels", pour lesquels il est plus délicat de faire grève, a précisé M. Gelbart Carrasco à l'AFP.

Chaque année, les Samu reçoivent au total quelque 30 millions d'appels. Selon la Cour des comptes, ce nombre a augmenté de 22% entre 2014 et 2021.

R.Lagomarsino--PV

En vedette

Expulsion de deux agents nigériens par la France: Niamey dénonce "un acte d'ingratitude grave"

Le gouvernement du Niger, pays dirigé par un régime militaire hostile à la France, a qualifié mardi l'expulsion de deux agents nigériens par Paris en septembre "d'acte d'ingratitude grave et inacceptable".

Budget 2027 : le débat s'ouvre dans l'hémicycle, la dette et la présidentielle dans les esprits

Le gouvernement a ouvert mardi soir les débats sur le budget de l'Etat pour 2027, martelant son objectif d'un déficit à 5% du PIB l'an prochain, condition préalable selon lui à tout "compromis" avec les oppositions très critiques de la copie gouvernementale.

Piratage en supermarchés: "Pas besoin de chars pour faire la guerre", dit un expert

En entraînant indirectement la destruction de produits frais, la cyberattaque inédite qui a visé lundi les installations frigorifiques de nombreux supermarchés met en lumière la "vulnérabilité" de l'approvisionnement alimentaire en France, indissociable de la "sécurité collective", estime auprès de l'AFP Stéphane Linou, expert associé au laboratoire sécurité défense du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

"Tenir bon": en Israël, des Bédouins déterminés à rester sur leurs terres malgré les démolitions

Sous un ciel couvert dans le sud d'Israël, des villageois bédouins errent parmi les décombres de leurs maisons, les dernières en date à avoir été démolies après avoir été jugées illégales par les autorités israéliennes.

Taille du texte: