Pallade Veneta - Russie: patrouilles et inquiétudes à Belgorod à cause des frappes ukrainiennes

Russie: patrouilles et inquiétudes à Belgorod à cause des frappes ukrainiennes


Russie: patrouilles et inquiétudes à Belgorod à cause des frappes ukrainiennes
Russie: patrouilles et inquiétudes à Belgorod à cause des frappes ukrainiennes / Photo: STRINGER - AFP

Sa barbe grise dépassant de son manteau de camouflage, Andreï patrouille dans les rues de Belgorod, ville russe visée par un nombre croissant de frappes ukrainiennes. Son fils, lui, se bat sur le front de l'autre côté de la frontière.

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Après bientôt deux ans de conflit, les dégâts sont de plus en plus visibles à Belgorod, qui connaît une escalade des bombardements ukrainiens ces dernières semaines en réplique à ceux de la Russie: des bars aux fenêtres éventrées, des maisons aux toits détruits...

Andreï, qui répond au nom de guerre "Douchman", fait partie des forces de défense territoriale déployées dans la ville. Il a fait coudre sur son manteau les armoiries de la région, un lion et un faucon, ainsi que le sigle des forces spéciales soviétiques.

"Quand il y a une attaque, nous sommes les premiers à arriver", explique-t-il à l'AFP.

Selon cet homme de 49 ans, la plupart des membres de la défense territoriale étaient jusqu'à peu postés à la frontière, pour aider une armée russe débordée à empêcher l'infiltration potentielle de saboteurs ukrainiens.

Ils ont désormais été transférés à Belgorod même, ville de quelque 345.000 habitants située à une cinquantaine de kilomètres de l'Ukraine, en raison de la multiplication des frappes.

Le 30 décembre, la cité a été le théâtre d'une attaque ukrainienne d'une ampleur sans précédent, qui a tué 25 personnes et blessé plus d'une centaine d'autres. Cette frappe, la plus meurtrière sur le sol russe depuis le début du conflit en 2022, avait eu lieu après un bombardement massif de villes ukrainiennes par la Russie.

Oleg Guerassimov, qui était chauffeur de camions en temps de paix et qui dirige aujourd'hui une unité de défense territoriale, révèle que les rangs se sont "remplis" de volontaires depuis cette attaque.

Les hommes patrouillent par deux, aidant les gens à se mettre à l'abri lors de alertes et organisant des cours de premiers secours. Ils sont habillés comme des militaires, mais ne sont pas armés.

- "Constamment regarder le ciel" -

Le fait qu'une grande ville russe soit victime de frappes est un coup dur pour le Kremlin, qui s'efforce d'affirmer que les hostilités n'affectent pas directement la vie des Russes.

Oleg reconnaît d'ailleurs que les choses ne se déroulent pas comme elles le devraient.

"La situation est bien sûr difficile en ce moment", constate-t-il. "Mais nous espérons, nous sommes convaincus que la menace qui pèse sur notre ville et sur l'ensemble du pays prendra fin dans un avenir proche", veut-il croire.

Reste qu'aujourd'hui, Belgorod semble de plus en plus vulnérable.

Après avoir prolongé les vacances scolaires et annulé des événements publics, les autorités locales ont procédé à de premières évacuations.

"Nous sommes très inquiets pour notre ville, à chaque bombardement", avoue Andreï, un ouvrier métallurgiste de 36 ans qui a rejoint la défense territoriale.

Beaucoup espèrent que les forces russes relanceront une offensive sur Kharkiv, grande ville ukrainienne de l'autre côté de la frontière, pour mettre Belgorod hors de portée des canons ukrainiens.

En ville, la réalité du conflit est plus présente qu'ailleurs en Russie. Des panneaux d'affichage géants montrent des vidéos sur la manière d'aider les personnes blessées et plusieurs monuments de fortune ont été érigés à la mémoire des civils tués dans la frappe du 30 décembre.

Anatoli Krolovetski, un retraité local, se dit encore sous le choc.

"Il y a eu quelques explosions successives, très fortes" ce jour-là, se souvient cet ex-ingénieur de 69 ans, qui se trouvait alors chez lui.

Puis il y a eu "une frappe si forte que j'ai voulu courir, me cacher, mais la vague de l'explosion était telle qu'elle m'a cloué au sol".

M. Krolovetski, qui a étudié à Kharkiv, en Ukraine soviétique, reconnaît que vivre avec la menace des bombardements est devenu la norme.

"Vous allez quelque part mais vous devez constamment regarder le ciel, pour voir s'il n'y a pas quelque chose qui vole", raconte-t-il, en soupirant: la paix appartient au passé.

O.Merendino--PV

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