Pallade Veneta - En visite à Clichy-sous-Bois, Macron défend le "symbole" Dati

En visite à Clichy-sous-Bois, Macron défend le "symbole" Dati


En visite à Clichy-sous-Bois, Macron défend le "symbole" Dati
En visite à Clichy-sous-Bois, Macron défend le "symbole" Dati / Photo: CHRISTIAN HARTMANN - POOL/AFP

Un déplacement entouré de jeunes et très politique: pour sa première sortie sur le terrain depuis le remaniement, Emmanuel Macron s'est rendu jeudi à Clichy-sous-Bois avec sa nouvelle ministre de la Culture Rachida Dati, un "symbole" dont il vanté "l'énergie" et le "talent".

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Mieux qu'une prise de guerre, un trophée. Silencieuse au côté du chef de l'Etat durant leur visite de deux heures dans une résidence d'artistes, Mme Dati a eu droit aux louanges présidentiels.

"La ministre de la Culture, quand elle voit des jeunes de Clichy, ils disent: +je vous aime beaucoup car vous me ressemblez+", a déclaré M. Macron, ajoutant qu'"on gouverne toujours par de l'efficacité et des symboles".

Et quel symbole que ce déplacement au coeur d'une commune déshéritée de Seine-Saint-Denis, foyer des émeutes urbaines de 2005, avec une figure de la diversité et de la réussite sociale, transfuge des Républicains et surprise du gouvernement Attal.

"Une chance", a estimé M. Macron, ravi que "des gens qui viennent d'horizons politiques différents (soient) prêts à mettre leur talent politique, leur énergie et ce qu'ils inspirent aux plus jeunes, au service de (son) projet", à savoir "de permettre à tous d'accéder à la culture".

Feuille de route qui s'est enrichie d'un objectif: "ouvrir l'accès à la culture" durant l'été 2024, avec une offre de théâtre, de musique, voire de cinéma proposée "de manière totalement gratuite" autour des Jeux olympiques. Charge à la ministre de "revenir dans quelques semaines avec un programme détaillé", a-t-il indiqué.

Deux jours après une conférence de presse aux forts accents conservateurs, le locataire de l'Elysée a pris le contrepied, martelant que "la culture est au coeur du projet républicain" tout au long de sa visite des Ateliers Médicis, où le cinéaste Ladj Ly a notamment développé son école de cinéma.

 

- "Objectif, Paris" -

Une phrase encore inimaginable la semaine dernière. La nomination de cette proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy, dont elle fut ministre de la Justice, et qui cultive sa liberté d'action a en effet été la sensation du nouveau casting gouvernemental.

Les Républicains (LR), dont elle a aussitôt été exclue, crient depuis à la "trahison" et la qualifient de "grenade dégoupillée" ou de "bombe à retardement". Son arrivée a aussi créé des remous dans le camp présidentiel, où certains la jugent incontrôlable et "à risque" en raison de ses ennuis judiciaires.

Mme Dati est en effet mise en examen pour "corruption" et "trafic d'influence passif" dans l'enquête sur des contrats noués par une filiale de Renault-Nissan à l'époque où Carlos Ghosn dirigeait le groupe.

Pas de quoi impressionner l'intéressée, qui s'est déclarée candidate aux municipales de 2026 dans la capitale. "Mon objectif, c'est Paris", a-t-elle annoncé mercredi, au risque d'un télescopage avec sa mission à la tête du ministère de la Culture.

Et quitte à faire mentir M. Macron, qui avait réfuté la veille toute discussion, et a fortiori tout accord, avec sa nouvelle ministre en vue de la bataille pour la mairie de Paris.

"Il y a peut-être des ministres qui ont des ambitions politiques, en 2026 ou en 2027, mais ils sont ministres à temps plein", a assuré le chef de l'Etat jeudi. "Tout le monde est au boulot" et Mme Dati "est au boulot pour la culture", a-t-il ajouté.

Mais ses opposants voient les choses autrement, comme l'écologiste Sandrine Rousseau accusant sur TF1 Rachida Dati d'être "là non pas pour être ministre de la Culture mais pour préparer la candidature de Paris", ou l'ancien premier ministre socialiste Manuel Valls dénonçant une "triple provocation" à l'égard de la droite, de la justice et du monde de la culture qui a "le sentiment d'être pris en otage" par ce "coup politique".

T.Galgano--PV

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