Pallade Veneta - La guerre a fait près de 30.000 morts à Gaza, menacée de famine

La guerre a fait près de 30.000 morts à Gaza, menacée de famine


La guerre a fait près de 30.000 morts à Gaza, menacée de famine
La guerre a fait près de 30.000 morts à Gaza, menacée de famine / Photo: - - AFP

L'armée israélienne a de nouveau bombardé mercredi la bande de Gaza, où la guerre entre Israël et le Hamas a fait près de 30.000 morts et menace la population de famine, pendant que les pays médiateurs espèrent arracher une trêve avant le ramadan.

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Après bientôt cinq mois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, les Etats-Unis et le Qatar espèrent obtenir une trêve avant le début du ramadan, qui commence le soir du 10 ou le 11 mars, permettant la libération d'une partie des 130 otages détenus à Gaza.

Mais cette guerre, qui a transformé Gaza en "zone de mort", selon l'ONU, est déjà, et de très loin, la plus meurtrière des cinq conflits qui ont opposé Israël au Hamas.

A travers le territoire assiégé par Israël, les civils sont pris au quotidien dans les combats et les bombardements, qui n'ont épargné aucune zone, dévasté des quartiers entiers et forcé de nombreuses familles à fuir.

L'ONU estime que 2,2 millions de personnes, soit l'immense majorité de la population, sont menacées de famine, en particulier dans le nord où les destructions, les combats et les pillages rendent presque impossible l'acheminement de l'aide humanitaire.

"Si rien ne change, une famine est imminente dans le nord de Gaza", a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

Pendant la nuit de mardi à mercredi, des bombardements israéliens ont de nouveau visé Zeitun, dans le nord, où des combats de rue ont aussi été signalés, ainsi que Khan Younès et Rafah, dans le sud, selon un journaliste de l'AFP dans la bande de Gaza.

L'armée continue à mener des opérations terrestres contre le Hamas à Khan Younès, transformée en champ de ruines, et prépare une offensive contre Rafah, à quelques kilomètres plus au sud, où sont massés près d'un million et demi de Palestiniens, selon l'ONU, pour la plupart des déplacés, piégés dans un périmètre exigu contre la frontière fermée avec l'Egypte.

Malgré de multiples mises en garde internationales, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de lancer une offensive sur cette ville qui est selon lui le "dernier bastion" du Hamas, afin d'éliminer définitivement le mouvement islamiste. Il a affirmé qu'une trêve ne ferait que "retarder" cette offensive.

- "Pas encore fait" -

Les discussions portent sur une pause des combats de six semaines, durant laquelle un otage, parmi des femmes, mineurs et personnes âgées malades, serait échangé chaque jour contre dix Palestiniens détenus par Israël, selon une source proche du Hamas.

Le mouvement islamiste réclame également une augmentation de l'aide humanitaire entrant à Gaza.

Le président américain Joe Biden a évoqué lundi "un accord des Israéliens selon lequel ils ne s'engageraient pas dans des opérations durant le ramadan" afin de "faire sortir tous les otages".

"J'ai espoir que d'ici lundi prochain, nous aurons un cessez-le-feu", a-t-il déclaré, en soulignant que ce n'était "pas encore fait".

"Nous serions bien sûr heureux d'y parvenir d'ici la fin de semaine", a assuré mardi le porte-parole de la diplomatie américaine, Matthew Miller. "Nous tentons de faire franchir la ligne d'arrivée à cet accord, et selon nous c'est possible".

L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, dont le pays est au coeur des efforts de médiation avec les Etats-Unis et l'Egypte, et le président français Emmanuel Macron ont réitéré mardi à Paris leur volonté d'arriver "très rapidement à un cessez-le-feu".

L'émir du Qatar a dénoncé un "génocide du peuple palestinien", avec des "déplacements forcés" et des "bombardements sauvages".

La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont lancé une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, qui a causé la mort d'au moins 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Durant l'attaque, quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées dans la bande Gaza. Selon Israël, 130 y sont encore retenues, dont 31 seraient mortes, après la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens lors d'une première trêve en novembre.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne, comme une organisation terroriste.

L'offensive israélienne a déjà fait 29.878 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

- "Océan de besoins" -

La communauté internationale s'alarme d'une catastrophe humanitaire en cas d'offensive terrestre sur Rafah.

Le chef du Norwegian Refugee Council (NRC), Jan Egeland, interviewé en direct de cette ville par CNN, a confié mardi n'avoir "jamais vu un endroit aussi bombardé pendant aussi longtemps avec une population autant piégée sans aucune échappatoire".

Les organisations humanitaires "sont débordées dans cet océan de besoins", a-t-il reconnu.

Rafah est l'unique point d'entrée de l'aide dans le territoire, soumise au feu vert d'Israël et qui arrive en quantité très limitée depuis l'Egypte.

Aucun convoi n'a pu se rendre dans le nord de la bande de Gaza depuis le 23 janvier, selon l'ONU, qui dénonce les entraves des autorités israéliennes.

"Il n'y a aucune nourriture ici. Même le fourrage que nous devions manger n'est plus disponible", a affirmé à l'AFP Marwan Awadieh, un habitant de cette région. "Nous ne savons pas comment nous pourrons survivre".

A.dCosmo--PV

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