Pallade Veneta - Moldavie : les séparatistes prorusses de Transdniestrie se réunissent, suscitant des craintes

Moldavie : les séparatistes prorusses de Transdniestrie se réunissent, suscitant des craintes


Moldavie : les séparatistes prorusses de Transdniestrie se réunissent, suscitant des craintes
Moldavie : les séparatistes prorusses de Transdniestrie se réunissent, suscitant des craintes / Photo: Sergei GAPON - AFP/Archives

Les députés de la Transdniestrie, une région séparatiste prorusse de Moldavie, sont réunis mercredi, officiellement pour aborder des questions économiques, sur fond de craintes d'une demande de rattachement de ce territoire à la Russie, exacerbées par les tensions avec l'Ukraine.

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Ce congrès extraordinaire, le premier depuis 2006, intervient à un moment où le président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontre en Albanie des dirigeants de l'Europe du Sud-Est pour réclamer leur soutien à son pays, confronté à un manque de munitions face à une armée russe qui grignote du terrain sur le front.

La Transdniestrie, une étroite bande de terre située entre la Moldavie et l'Ukraine, a fait sécession après une courte guerre en 1992 contre l'armée moldave. La Russie y maintient toujours 1.500 militaires censés assurer une mission de maintien de la paix, selon les chiffres officiels.

Mais depuis l'attaque russe de février 2022 contre Kiev, des conjectures ressurgissent régulièrement quant à une éventuelle attaque russe à partir de la Transdniestrie en direction de la grande ville portuaire ukrainienne d'Odessa, sur la mer Noire.

Les autorités séparatistes ont assuré que le congrès de mercredi, auquel participent 620 députés, était uniquement destiné à "discuter de la situation politique et socio-économique", après la récente introduction de droits de douane par Chisinau sur les importations en provenance de Transdniestrie.

Dans son discours inaugural, le chef du Parlement Alexandre Korchounov a ainsi dénoncé "une politique d'étranglement économique de la Transdniestrie", quand sa vice-présidente, Galina Antioufeïeva, a déploré "une situation (...) qui nous inquiète tous".

"Les décisions du congrès ne peuvent être ignorées par la communauté internationale", a toutefois prévenu le ministre séparatiste des Affaires étrangères, Vitali Ignatiev, qui est resté évasif.

Le gouvernement moldave a de son côté assuré qu'à l'heure actuelle "les choses semblent calmes", affirmant qu'"il n'y a aucun risque d'escalade" malgré cette "nouvelle campagne visant à créer l'hystérie au sein de la société".

- Une première depuis 2006 -

C'est néanmoins la première fois qu'un tel congrès a lieu depuis 2006, quand les députés séparatistes avaient justement décidé d'organiser un référendum sur une intégration de la Transdniestrie à la Russie.

Au cours de ce scrutin, dont le résultat n'a pas été reconnu internationalement, la population locale avait voté à 97,1% pour son rattachement à ce pays.

Depuis le début de l'assaut russe en Ukraine il y a deux ans, les craintes de l'élargissement du conflit à la Transdniestrie ont rejailli à plusieurs reprises.

L'an passé, les autorités de cet Etat autoproclamé avaient notamment accusé Kiev de vouloir l'attaquer après avoir affirmé avoir déjoué en mars un attentat ayant visé ses dirigeants.

Le ministère russe de la Défense a encore assuré la semaine dernière, sans présenter de preuves, que l'Ukraine préparait une "provocation armée" contre la Transdniestrie.

De quoi laisser penser à un ancien ministre local devenu opposant, Guennadiï Tchorba, que le congrès de mercredi sera l'occasion d'un nouvel acte d'allégeance à la Russie, pour que la région séparatiste devienne "un sujet de la Fédération de Russie".

Ces craintes avaient toutefois été balayées mardi par le président local, Vadim Krasnosselski, qui a réaffirmé "l'engagement de la Transdniestrie envers les principes de maintien de la paix et de la sécurité", selon ses services, à l'issue d'une rencontre avec un représentant de la diplomatie américaine.

Comptant officiellement 465.000 habitants majoritairement russophones, ce petit territoire qui longe le Dniestr n'est pas reconnu en tant qu'Etat par la communauté internationale, y compris par Moscou.

La Russie est régulièrement accusée par Chisinau et l'Union européenne de chercher à déstabiliser la Moldavie, anciennement dans sa zone d'influence mais dont les autorités sont désormais résolument tournées vers l'Europe.

En décembre 2023, l'UE a décidé d'ouvrir des négociations d'adhésion à la fois avec l'Ukraine et avec la Moldavie.

Au plan diplomatique, Volodymyr Zelensky est à Tirana mercredi pour rallier des soutiens sur fond de conquête ces derniers jours par les troupes russes de plusieurs villages du Donbass, dans l'est de l'Ukraine.

A.Saggese--PV

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