Pallade Veneta - Le Mexique va porter la violation de son ambassade en Equateur devant la CIJ

Le Mexique va porter la violation de son ambassade en Equateur devant la CIJ


Le Mexique va porter la violation de son ambassade en Equateur devant la CIJ

Le Mexique a annoncé son intention de saisir lundi la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute instance judiciaire des Nations unies, après le raid policier dans son ambassade en Equateur, qui a suscité la rupture des relations diplomatiques et un tollé international.

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Le personnel diplomatique mexicain basé à Quito a quitté l'Equateur dimanche, deux jours après le raid policier contre l'ambassade pour y arrêter un ex-vice président qui y avait trouvé asile.

"Dès demain, nous irons devant la CIJ où nous présenterons cette triste affaire", a déclaré la cheffe de la diplomatie mexicaine Alicia Barcena en accueillant le personnel diplomatique mexicain rapatrié d'Equateur.

"Nous croyons que nous pouvons obtenir gain de cause rapidement", a-t-elle ajouté.

Les diplomates et membres de leur famille avaient embarqué à Quito à bord d'un vol commercial après avoir été accompagnés à l'aéroport par les ambassadeurs allemand, panaméen, cubain et hondurien, selon le ministère des Affaires étrangères.

Dans la foulée, Mexico a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec l'Equateur, suivi par le Nicaragua.

Le raid a été condamné par les gouvernements de gauche d'Amérique latine, du Brésil au Venezuela, en passant par le Chili, et même par l'Argentine du président ultralibéral Javier Milei, ainsi que par l'Organisation des Etats américains, l'Union européenne et l'Espagne.

"Alarmé", le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a estimé que toute violation des enceintes diplomatiques compromettait "la poursuite de relations internationales normales", selon son porte-parole.

Les Etats-Unis - qui condamnent "toute violation de la Convention de Vienne" - ont encouragé le Mexique et l'Equateur "à résoudre leurs différends dans le respect des normes internationales". Cette convention de 1961 prévoit que les ambassades et les consulats "sont inviolables".

La présidente du Honduras, Xiomara Castro, qui assure la présidence temporaire de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (Celac), a appelé à une réunion d'urgence lundi.

Enfin le président bolivien Luis Arce a annoncé dimanche que son gouvernement avait rappelé son ambassadeur en Equateur, et convoqué l'ambassadeur équatorien en Bolivie pour des explications.

- "Hors norme" -

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a dénoncé une "violation flagrante du droit international et de la souveraineté du Mexique", et dit son intention de porter l'affaire devant la Cour internationale de Justice.

M. Glas, 54 ans, a, lui, été transféré samedi dans une prison de haute sécurité à Guayaquil (sud-ouest de l'Equateur), selon des sources gouvernementales.

Des images publiées dans les médias locaux montrent le chef de la mission diplomatique mexicaine, Roberto Canseco, criant "c'est un scandale!" en courant derrière des véhicules quittant son ambassade. S'ensuit une bousculade, au cours de laquelle M. Canseco tombe à terre.

"C'est totalement hors norme, je suis très inquiet qu'ils puissent tuer Jorge Glas", a dit M. Canseco à une télévision locale, encore tremblant.

- "Illégale" -

Le Mexique avait accordé vendredi l'asile à Jorge Glas, réfugié depuis le 17 décembre dans son ambassade à Quito et visé par un mandat d'arrêt pour corruption présumée.

Quito avait qualifié cette décision d'"illégale", dénoncé un "abus des immunités et privilèges" accordés à l'ambassade et une ingérence dans ses affaires intérieures. "Jorge Glas a fait l'objet d'une condamnation exécutoire et d'un mandat d'arrêt émis par les autorités compétentes", a commenté le ministère équatorien de la Communication.

L'octroi de l'asile à M. Glas était intervenu au lendemain de la décision de l'Equateur d'expulser l'ambassadrice mexicaine à Quito, Raquel Serur, à la suite de critiques émises par le président mexicain sur la conduite de la présidentielle équatorienne de 2023.

Mercredi, celui-ci avait accusé les autorités équatoriennes d'avoir exploité l'assassinat du candidat d'opposition Fernando Villavicencio, le 9 août 2023, pour favoriser l'élection du libéral Daniel Noboa, au détriment de la candidate de gauche Luisa González.

Fernando Villavicencio a été abattu après un meeting de campagne dans le nord de Quito à quelques jours de l'élection du 20 août.

Le gouvernement de l'Equateur, qui lutte contre les bandes criminelles se disputant les routes du trafic de drogue, avait jugé ces propos offensants.

Jorge Glas, vice-président entre 2013 et 2017 sous la présidence du socialiste Rafael Correa (2007-2017), est accusé d'avoir détourné des fonds publics destinés à la reconstruction de villes côtières après un séisme en 2016.

Il avait déjà été condamné en 2017 à six ans de prison pour corruption dans un vaste scandale impliquant le géant de la construction brésilien Odebrecht. Il avait été libéré en novembre dernier.

O.Mucciarone--PV

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