Pallade Veneta - Destituer Macron ? La menace brandie par LFI tuée dans l'oeuf par ses partenaires

Destituer Macron ? La menace brandie par LFI tuée dans l'oeuf par ses partenaires


Destituer Macron ? La menace brandie par LFI tuée dans l'oeuf par ses partenaires
Destituer Macron ? La menace brandie par LFI tuée dans l'oeuf par ses partenaires / Photo: François WALSCHAERTS - AFP/Archives

La menace agitée par La France insoumise d'engager une procédure de destitution à l'encontre d'Emmanuel Macron a fait long feu: ses partenaires de gauche s'en sont désolidarisés dimanche, ouvrant un nouvel épisode de discorde à l'heure où le Nouveau Front populaire cherche toujours à briguer Matignon.

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LFI avait allumé la mèche samedi soir par un texte énonçant le "coup de force institutionnel contre la démocratie" attribué à Emmanuel Macron, coupable de ne pas "tenir compte du résultat politique" des élections législatives anticipées qui ont placé la gauche unie en tête (193 députés), loin toutefois de la majorité absolue (289 député). Mais le PS a soufflé dessus dimanche midi.

La proposition d'initier une destitution d'Emmanuel Macron "n'engage que leur mouvement" et non l'ensemble de la gauche unie au sein du Nouveau Front populaire, a écrit Olivier Faure sur X, répondant ainsi à l'initiative parue dans La Tribune dimanche du leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, du coordinateur de LFI Manuel Bompard et la cheffe des députés Mathilde Panot.

Et le patron du PS d'ajouter: "la réponse à une nomination d'un (Premier ministre) qui ne serait pas conforme à la tradition républicaine, est la censure".

Dans la foulée, les autres partenaires de gauche ont fait savoir à l'AFP leur circonspection face à la piste lancée par LFI. Dessinant une divergence tactique, alors que chacun cherche à accroître la pression sur Emmanuel Macron qui tarde à désigner un nouveau gouvernement et a balayé l'hypothèse de nommer à Matignon la représentante du NFP, Lucie Castets.

"L’entêtement d’Emmanuel Macron qui continue à revendiquer qu'il ne changera pas de cap est inquiétant. Chacun y réagit à sa manière", a souligné la patronne des Ecologistes Marine Tondelier.

"Pour ce qui est des Ecologistes, nous consacrons toute notre énergie à ce que Lucie Castets soit nommée dans les plus brefs délais", a-t-elle renchéri.

Même prise de distance au Parti communiste, où l'on observe que "LFI choisit de se lancer dans la présidentielle dès maintenant. C’est leur choix".

"Pour nous ce n’est pas la priorité. Avant d’envisager une nouvelle présidentielle, faisons respecter le résultat des législatives", plaide encore le PCF, qui sera reçu par Emmanuel Macron, avec ses alliés du NFP, Mme Castets, et les autres forces politiques, vendredi prochain à l'Elysée.

- "Chienlit" -

Même si les Insoumis avaient affirmé qu'ils souhaitaient voir leur démarche s'accomplir sur une "base aussi collective que possible", plusieurs voix à gauche ont fustigé son caractère "solitaire".

"Ou comment rendre service au Président avec une menace constitutionnellement et politiquement impraticable, qui divise légitimement la gauche (à nouveau mise devant le fait accompli)", a ainsi déploré le député PS Jérôme Guedj, y voyant "du Mélenchon pur jus".

"Quels que soient les désaccords avec le Président de la République, brandir la menace d’une destitution n’aboutit qu’à brutaliser les rapports politiques, rendre impossible toute forme d’échange dans une période qui l’impose pourtant et diviser la gauche", a abondé l'ancien ministre de la Santé macroniste Aurélien Rousseau, désormais député au sein du NFP.

En dressant les herses, les partenaires de LFI annihilent une procédure déjà complexe à faire aboutir: elle nécessite de convaincre Assemblée et Sénat de se constituer en "Haute cour", avant de voter sur la destitution en tant que telle, à chaque fois à la majorité des deux tiers.

L'épisode ouvre également une brèche dans une alliance qui tangue voire chavire régulièrement depuis deux ans. Au grand bonheur des macronistes, qui espèrent encore désarrimer les socio-démocrates afin de tenter de former une large coalition.

"Il y a urgence désormais pour la gauche française de se séparer des Insoumis qui ne veulent que la chienlit", a ainsi appuyé dimanche le ministre démissionnaire de l'Intérieur Gérald Darmanin, en mettant en garde face à "l'anarchie" dans laquelle LFI voudrait supposément "faire plonger la France".

"Destituer le Président pour cause de non-respect de la volonté mélenchonienne ? Lunaire! LFI tire encore la gauche vers l'extrémisme et sort du champ républicain", a insisté le ministre démissionnaire de la Justice Eric Dupond-Moretti.

L.Guglielmino--PV

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