Pallade Veneta - L'UE va-t-elle tenir le choc face aux provocations de la "tech" américaine?

L'UE va-t-elle tenir le choc face aux provocations de la "tech" américaine?


L'UE va-t-elle tenir le choc face aux provocations de la "tech" américaine?
L'UE va-t-elle tenir le choc face aux provocations de la "tech" américaine? / Photo: Nicolas TUCAT - AFP

Confrontée aux attaques frontales d'Elon Musk et Mark Zuckerberg, désormais alignés sur Donald Trump, l'Union européenne, accusée de "censure", doit démontrer qu'elle a les moyens législatifs - et la volonté politique - de résister à la "big tech" américaine.

Taille du texte:

La Commission européenne s'est dotée l'an dernier d'un vaste arsenal juridique pour réguler son espace numérique, avec un grand texte pour lutter contre les abus de position de dominante, dans le domaine économique (le DMA), et un autre pour endiguer les contenus illégaux et la désinformation sur internet (le DSA).

Or, depuis l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, tenant d'une ligne dure contre l'Europe, l'exécutif bruxellois semble soucieux de ne pas froisser son allié américain, tandis que Meta (Facebook, Instagram) a rejoint X mardi dans sa croisade contre les règlements européens.

Le silence de la présidente Ursula von der Leyen, certes immobilisée chez elle par une pneumonie, mais aussi de ses commissaires, était assourdissant ces derniers jours. Pas la moindre intervention sur les réseaux sociaux.

- "Pas de commentaire" -

Mercredi, la Commission a toutefois "catégoriquement" réfuté les accusations de censure lancées la veille par Zuckerberg contre l'UE. Le DSA ne définit pas ce qui est légal ou illégal mais contraint les plateformes à respecter les lois déjà existantes qui interdisent par exemple en France les injures racistes ou sexistes, les incitations à la violence ou les contenus terroristes.

Le patron de Meta, dans un mouvement de rapprochement vers Trump et ses soutiens, a annoncé qu'il mettait fin au "fact-checking" au sein de son groupe aux Etats-Unis, sans incidence en Europe pour l'instant.

Un tel recours à des vérificateurs indépendants n'est pas une obligation dans l'UE, mais c'est un engagement volontaire qui peut être pris en compte par le régulateur parmi les efforts des plateformes pour réduire les risques de manipulation de l'information.

L'AFP participe à un programme de fact-checking, dans plus de 26 langues, développé par Facebook, qui rémunère plus de 80 médias à travers le monde pour utiliser leurs "fact-checks" sur sa plateforme, sur WhatsApp et sur Instagram.

De son côté, Elon Musk multiplie les provocations sur X en s'invitant dans les débats politiques au Royaume-Uni et en Allemagne. Le milliardaire, proche de Donald Trump, participera jeudi à une conversation avec la dirigeante du parti d'extrême droite allemand, AfD, retransmise sur X, à un mois et demi des élections législatives.

La porte-parole de Mme von der Leyen, Paula Pinho, a justifié mardi son mutisme par la volonté de ne pas donner plus de visibilité aux messages problématiques. "En réagissant, on nourrit aussi le débat, le choix politique pour l'instant est de ne pas nourrir encore ce débat", a-t-elle affirmé.

Cette apparente passivité a suscité une réaction courroucée de Paris. Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a exhorté Bruxelles mercredi à protéger les Etats membres de l'UE contre les ingérences dans le débat public européen.

"Soit la Commission européenne applique avec la plus grande fermeté les lois que nous nous sommes données pour protéger notre espace public, soit elle ne le fait pas et alors il faudra qu'elle consente à rendre aux Etats membres de l'UE la capacité de le faire", a-t-il lancé.

- "Protéger nos démocraties" -

Le silence de la Commission contraste avec la fermeté affichée en décembre lorsqu'elle a annoncé l'ouverture d'une enquête contre le réseau social d'origine chinoise, TikTok, accusé d'avoir manqué à ses obligations et ouvert la porte à de possibles manipulations russes dans l'élection présidentielle annulée en Roumanie.

"Nous devons protéger nos démocraties de toute forme d'ingérence étrangère", avait alors déclaré Ursula von der Leyen.

"Il y a sans doute une volonté de ne pas s'attaquer frontalement à Trump et Musk, parce qu'on a peur des réactions", estime Alexandre de Streel, expert des législations numériques pour le Center on regulation in Europe (Cerre). La Commission "a été plus stricte avec les plateformes chinoises", souligne-t-il, mettant en avant le contexte géopolitique compliqué avec la guerre en Ukraine et la dépendance militaire des Européens envers les Etats-Unis.

"Si la Commission ouvrait une procédure contre Musk ça mettrait plus que de l'huile sur le feu", constate aussi Umberto Gambini, partenaire de la société de consultants Forward Global, spécialisée dans les affaires européennes. La mise en œuvre du DSA "reste très politique" selon lui.

Cela vaut aussi pour le DMA. Selon plusieurs sources, le cabinet von der Leyen a gelé récemment l'annonce d'une amende contre Apple pour pratiques anticoncurrentielles par souci de ne pas nuire aux liens transatlantiques.

Une enquête a été ouverte contre X en décembre 2023. Mais aucune mise en cause formelle n'a encore été annoncée sur les soupçons de manipulation des algorithmes qui rendraient plus visibles les messages de Musk ou de l'extrême droite.

Dans ce domaine, les violations sont "très difficiles à prouver", explique M. de Streel, selon qui le DSA ne va "probablement pas assez loin" pour réguler l'internet. Les plateformes numériques ne sont ainsi pas tenues aux mêmes règles d'équilibre politique que les médias traditionnels.

Z.Ottaviano--PV

En vedette

Aux États-Unis, samedi de mobilisation pour transformer la contestation anti-Trump en vote

A un peu plus de deux semaines des élections législatives de mi-mandat, le principal mouvement de contestation anti-Trump organise samedi des milliers d'événements à travers le pays pour encourager les Américains à se mobiliser massivement dans les urnes.

Trump exempte la Russie de nouvelles sanctions : Kiev dénonce un "encouragement" pour Poutine

La décision de Donald Trump d'exempter la Russie de nouvelles sanctions majeures a été saluée samedi par Moscou comme un "moment historique" et conspuée par Volodymyr Zelensky qui y voit une "récompense" pour Vladimir Poutine et un "encouragement" à poursuivre son "agression".

Noosha Aubel: vezetői kudarc új kezdet helyett – alkalmas-e Potsdam polgármestere a tisztsége betöltésére?

Noosha Aubel (50 éves, pártonkívüli) új kezdetet ígért Potsdamnak, miután a város polgárai eltávolították hivatalából elődjét, Mike Schubertet (53 éves, SPD – Németország Szociáldemokrata Pártja). Csaknem egy évvel Aubel hivatalba lépése után azonban ezekkel az ígéretekkel egy halmozottan, súlyosan fogyatékos kisgyermek ellátása körül kialakult botrány, leromlott állapotú utak, költségvetési zárolás és egy elmérgesedett vezetési válság áll szemben. A gyermek ellátásának ügye időközben Brandenburg tartomány fővárosa, Potsdam, különösen pedig Noosha Aubel erkölcsi bizonyítványává vált. Mindeközben tisztségéhez kiemelkedő javadalmazás társul: Aubel jelenleg évi 143 056 euró alapilletményt vesz fel. Egy bejelentett illetményemelés után ez az összeg a jövőben évi 169 006,44 euróra nőne, amelyet a polgároknak kell finanszírozniuk.Mindez felvet egy kellemetlen, ám jogos kérdést: képes-e Noosha Aubel egyáltalán megfelelni egy tartományi főváros gazdasági, szervezési és politikai követelményeinek?

نوشا آوبل: ناکامی در مدیریت به‌جای آغازی نو؛ آیا شهردار پوتسدام از عهدهٔ مسئولیت‌هایش برمی‌آید؟

نوشا آوبل، ۵۰ ساله و بدون وابستگی حزبی، پس از آنکه شهروندان پوتسدام سلف او، مایک شوبرت، ۵۳ ساله و عضو حزب سوسیال‌دموکرات آلمان (SPD)، را از سمتش برکنار کردند، به این شهر وعدهٔ آغازی نو داد. اکنون، نزدیک به یک سال پس از آغاز کار آوبل، آن وعده با واقعیتی متفاوت روبه‌روست: رسوایی در تأمین خدمات مراقبتی برای کودکی خردسال با چندین معلولیت بسیار شدید که به گواهی بر ورشکستگی اخلاقی پوتسدام، مرکز ایالت براندنبورگ، و به‌ویژه خود نوشا آوبل تبدیل شده است؛ خیابان‌هایی فرسوده، توقف هزینه‌کرد بودجه و بحرانی فزاینده در مدیریت شهر. در همین حال، سمت او از حقوقی بسیار بالا برخوردار است: آوبل در حال حاضر سالانه ۱۴۳٬۰۵۶ یورو حقوق پایه دریافت می‌کند. طبق افزایش حقوق اعلام‌شده، قرار است این مبلغ در آینده حتی به ۱۶۹٬۰۰۶٫۴۴ یورو در سال برسد؛ هزینه‌ای که شهروندان باید تأمین کنند.   ازاین‌رو، پرسشی ناخوشایند اما بجا مطرح می‌شود: آیا نوشا آوبل اساساً از نظر اقتصادی، سازمانی و سیاسی توان پاسخ‌گویی به الزامات ادارهٔ مرکز یک ایالت را دارد؟

Taille du texte: