Pallade Veneta - Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, arrive en France

Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, arrive en France


Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, arrive en France
Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, arrive en France / Photo: BAY ISMOYO - AFP

Serge Atlaoui, Français condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue en 2007, doit arriver mercredi en France où il sera incarcéré après un passage par le tribunal de Bobigny.

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A son arrivée à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, prévue aux alentours de 10H00 (09H00 GMT), il sera directement pris en charge par des agents de l'administration pénitentiaire puis amené au tribunal judiciaire de Bobigny, compétent pour l'aéroport, a indiqué une source proche du dossier.

Au tribunal, il sera "présenté au procureur qui lui notifiera son incarcération en France en exécution de sa peine", d'après le parquet de Bobigny.

"Il sera ensuite conduit directement dans un établissement pénitentiaire déterminé par l'administration pénitentiaire", a poursuivi la même source.

Serge Atlaoui, 61 ans, a quitté l'Indonésie mardi à 19H35 heures locales (12H35 GMT) après avoir été extrait de la prison de Salemba à Jakarta.

Il est escorté par trois policiers français.

Avant son départ, il a dû participer à une conférence de presse à l'aéroport de Jakarta, aux côtés de l'ambassadeur de France Fabien Penone et d'un responsable au ministère indonésien en charge des Affaires juridiques et des droits humains, I Nyoman Gede Surya Mataram.

Masque sur la bouche et casquette noire, le Français est resté muet durant toute la conférence.

En 2005, cet artisan soudeur avait été arrêté dans une usine où des dizaines de kilos de drogue avaient été découverts et les autorités l'avaient accusé d'être un "chimiste".

Venu de Metz, ce père de quatre enfants, s'est toujours défendu d'être un trafiquant de drogue, affirmant qu'il n'avait fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Initialement condamné à la prison à vie, il avait vu la Cour suprême alourdir la sentence et le condamner à la peine capitale en appel.

Il devait être exécuté aux côtés de huit autres condamnés en 2015, mais a obtenu un sursis après que Paris a intensifié la pression.

- "Raisons humanitaires" -

Demandé officiellement le 4 novembre par la France, son retour a été rendu possible par la signature d'un accord le 24 janvier entre les ministres français de la Justice Gérald Darmanin et indonésien Yusril Ihza Mahendra.

Dans cet accord, Jakarta explique avoir décidé de "ne pas exécuter" le prisonnier et d'autoriser son retour pour "raisons humanitaires" car "il est malade". M. Atlaoui a suivi chaque semaine un traitement, ces derniers temps, dans un hôpital proche de sa prison.

"Je me réjouis que le combat que nous avons mené se solde par la victoire de la vie sur la mort", avait réagi mardi auprès de l'AFP son avocat Richard Sédillot. "Je vais maintenant m'employer à faire en sorte que la peine soit adaptée dans des conditions qui permettront sa mise en liberté".

L'affaire avait fait grand bruit en Indonésie, où la législation antidrogue est l'une des plus sévères du monde. Mais aussi en France où de nombreuses personnalités, dont la chanteuse franco-indonésienne Anggun, s'étaient mobilisées pour le soutenir.

L'Indonésie qui n'a plus procédé à une exécution depuis 2016, compte actuellement au moins 530 condamnés dans le couloir de la mort, selon l'association de défense des droits Kontras, citant des données officielles.

Parmi eux, plus de 90 étrangers, dont au moins une femme, selon le ministère de l'Immigration et des services correctionnels.

D'après l'association française Ensemble contre la peine de mort, outre M. Atlaoui, au moins quatre Français sont actuellement condamnés à mort dans le monde: deux hommes au Maroc, un en Chine ainsi qu'une femme en Algérie.

O.Mucciarone--PV

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