Pallade Veneta - Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, est incarcéré en France

Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, est incarcéré en France


Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, est incarcéré en France
Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, est incarcéré en France / Photo: BAY ISMOYO - AFP

Serge Atlaoui, Français qui a échappé à la peine de mort en Indonésie pour trafic de drogue en 2007, est arrivé en France mercredi matin et a été emmené à la prison d'Osny dans le Val-d'Oise, après un rapide passage par le tribunal de Bobigny.

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A son arrivée à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, peu après 10H00, il a été pris en charge par l'administration pénitentiaire et amené au tribunal judiciaire de Bobigny, compétent pour l'aéroport.

Il y a été présenté à un magistrat du parquet qui lui a notifié son incarcération dans la maison d'arrêt du Val-d'Oise à Osny, où il a été transféré, a indiqué le parquet.

"Je suis particulièrement ému et soulagé de le savoir en France", a déclaré à l'AFP son avocat Richard Sédillot. "Je vais tout faire pour obtenir un permis de visite très rapidement et aller le voir à la prison".

En 2005, cet artisan soudeur, aujourd'hui âgé de 61 ans, avait été arrêté dans une usine où des dizaines de kilos de drogue avaient été découverts et les autorités l'avaient accusé d'être un "chimiste".

Venu de Metz, ce père de quatre enfants, s'est toujours défendu d'être un trafiquant de drogue, affirmant qu'il n'avait fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Initialement condamné à la prison à vie, il avait vu la Cour suprême alourdir la sentence et le condamner à la peine capitale en appel.

- Raisons humanitaires -

Demandé officiellement le 4 novembre par la France, son retour a été rendu possible par la signature d'un accord le 24 janvier entre les ministres français de la Justice Gérald Darmanin et indonésien Yusril Ihza Mahendra.

Dans cet accord, Jakarta explique avoir décidé de "ne pas exécuter" le prisonnier et d'autoriser son retour pour "raisons humanitaires" car "il est malade". M. Atlaoui a suivi chaque semaine un traitement, ces derniers temps, dans un hôpital proche de sa prison.

Il avait quitté l'Indonésie et la prison de Salemba à Jakarta mardi, escorté par trois policiers français.

Avant son retour en France, il a dû participer à une conférence de presse à l'aéroport de Jakarta, aux côtés de l'ambassadeur de France Fabien Penone et d'un responsable au ministère indonésien en charge des Affaires juridiques et des droits humains, I Nyoman Gede Surya Mataram.

Masque sur la bouche et casquette noire, le Français est resté muet durant toute la conférence.

L'affaire avait fait grand bruit en Indonésie, où la législation antidrogue est l'une des plus sévères du monde. Mais aussi en France où de nombreuses personnalités, dont la chanteuse franco-indonésienne Anggun, s'étaient mobilisées pour le soutenir.

L'Indonésie, qui n'a plus procédé à une exécution depuis 2016, compte actuellement au moins 530 condamnés dans le couloir de la mort, selon l'association de défense des droits Kontras, citant des données officielles. Parmi eux, plus de 90 étrangers, dont au moins une femme, selon le ministère de l'Immigration et des services correctionnels.

D'après l'association française Ensemble contre la peine de mort, outre M. Atlaoui, au moins quatre Français sont actuellement condamnés à mort dans le monde: deux hommes au Maroc, un en Chine ainsi qu'une femme en Algérie.

F.Dodaro--PV

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