Pallade Veneta - EDF engrange un bénéfice record pour 2024, avant d'entamer une année cruciale

EDF engrange un bénéfice record pour 2024, avant d'entamer une année cruciale


EDF engrange un bénéfice record pour 2024, avant d'entamer une année cruciale
EDF engrange un bénéfice record pour 2024, avant d'entamer une année cruciale / Photo: Alex MARTIN - AFP

Le géant électricien français EDF, revigoré par le redressement de sa production électrique, a annoncé des bénéfices record pour 2024 et aborde l'année 2025 avec un agenda chargé.

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Le groupe a engrangé 11,4 milliards d'euros de profits l'an dernier, dopé par la "forte hausse" de sa production nucléaire et hydraulique et malgré la décrue des prix de l'électricité.

"Nous avons des performances opérationnelles et commerciales qu'on peut qualifier d'excellentes, qui permettent au groupe de réaliser des résultats financiers solides", a indiqué le PDG Luc Rémont lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

L’État, unique actionnaire d'EDF, va toucher un dividende pour la première fois depuis plus de 10 ans, dont le montant sera de 2 milliards d'euros.

Comme en 2023, le groupe public a continué de redresser sa production nucléaire et hydraulique, tournant la page de l'annus horribilis 2022 marquée par des niveaux historiquement bas liés à des problèmes de corrosion dans des centrales nucléaires et à la sécheresse affectant des barrages. En 2024, la production électrique du groupe a atteint 520 térawattheures (TWh), en hausse de 11%, dont 361,7 TWh de nucléaire.

Revers de la médaille, l'électricien a aussi subi le "contexte de baisse des prix de marché" pour l'électricité: son chiffre d'affaires recule de 15,7% à 118,7 milliards d'euros et son Ebitda, un indicateur mesurant la rentabilité de l'entreprise, de 8,5%.

Ce dernier représente néanmoins 36,5 milliards d'euros, "le niveau le plus élevé jamais atteint après 2023", selon le directeur financier d'EDF Xavier Girre.

Après une année d'"une très forte intensité", selon Luc Rémont, marquée entre autres par le démarrage du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, EDF aborde 2025 avec un agenda très chargé sur le plan financier et industriel, et toujours lesté d'une dette abyssale de 54,3 milliards d'euros.

Le réacteur, qui a été connecté au réseau électrique fin décembre 2024 avec 12 ans de retard, va poursuivre sa montée en puissance "jusqu'à atteindre 100% l'été prochain", a dit Luc Rémont.

EDF se concentre sur la poursuite de sa "remontada" nucléaire avec une fourchette de production située entre 350 et 370 TWh en 2025, mais aussi en 2026 et 2027, une estimation qui inclut la production de Flamanville.

- Faire préférer l'électricité -

Fort de sa production électrique en redressement et à 94% décarbonée, EDF cherche à conquérir de nouveaux clients, parmi les particuliers pour de nouveaux usages (voitures électriques), dans les entreprises et parmi les grands industriels qui cherchent à verdir leur énergie et bientôt dans les centres de données, très gourmands en électricité.

"Nous avons l'électricité disponible, notre plus grand défi c'est de l'utiliser", a lancé le PDG devant la presse.

"Notre premier défi chez EDF, c'est bien d'accompagner les clients (...) de les amener à préférer l'électricité", plutôt que les énergies fossiles dont la France veut progressivement se passer, a-t-il expliqué.

Et d'insister: "Il y a en Europe et dans l'ensemble du monde développé un premier défi qui est l'adoption de l'électricité" et ce, alors que la consommation stagne "au même niveau qu'il y a 20 ans".

Autre grand chantier de l'année, l'issue des négociations intenses entre EDF et l’État sur le coût total et le partage du financement du programme des 6 réacteurs nucléaires EPR2 voulu par le gouvernement, dont le devis prévisionnel est repoussé de plusieurs mois.

Le ministre chargé de l’Énergie Marc Ferracci a indiqué que le coût serait "en dessous de 100 milliards d'euros" pour ces six réacteurs et que le schéma de financement serait connu "dans les prochaines semaines". Selon une source proche de l'électricien, il comprendrait notamment un prêt à taux zéro de l’État.

Prallèlement, EDF doit mener ses deux projets d'EPR2 britanniques de Sizewell C, en développement, et de Hinkley Point C, en construction et alourdi par des délais et des coûts supplémentaires, ce qui a amené EDF à inscrire une dépréciation de 800 millions d'euros dans ses comptes au titre de la révision de l'inflation.

Aux États-Unis, le groupe doit aussi manœuvrer face aux vents contraires venus de l'administration américaine de Trump concernant l'éolien offshore.

EDF a ainsi annoncé passer une dépréciation pour 900 millions d'euros sur sa coentreprise d'éolien en mer avec Shell aux Etats-Unis, Atlantic Shores, au vu des positions du président américain sur cette forme d'énergie renouvelable.

M.Romero--PV

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