Pallade Veneta - Bis repetita en Roumanie, l'extrême droite favorite de la présidentielle

Bis repetita en Roumanie, l'extrême droite favorite de la présidentielle


Bis repetita en Roumanie, l'extrême droite favorite de la présidentielle
Bis repetita en Roumanie, l'extrême droite favorite de la présidentielle / Photo: Daniel MIHAILESCU - AFP

Cinq mois après l'annulation du premier tour de la présidentielle, les Roumains retournent aux urnes dimanche, avec à la clé une possible nouvelle victoire de l'extrême droite.

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Campagne sur les réseaux sociaux, colère et désillusion d'une partie de la population, nombreux indécis: les ingrédients sont les mêmes que le 24 novembre, quand le candidat critique de l'UE et de l'Otan Calin Georgescu avait surgi en tête à la surprise générale.

Exclu de l'élection par la Cour constitutionnelle après des suspicions d'ingérence russe, il a depuis été remplacé par une figure établie de l'extrême droite roumaine, George Simion.

Onze candidats au total briguent ce poste essentiellement protocolaire mais influent en politique étrangère, alors que ce pays membre de l'UE de 19 millions d'habitants est devenu un pilier essentiel de l'Otan depuis l'invasion russe de l'Ukraine voisine.

- "Président MAGA" -

Crédité de quelque 30% des votes selon des sondages à manier avec précaution, George Simion brandit à 38 ans sa jeunesse, sa rhétorique souverainiste et sa maîtrise de la plateforme TikTok pour espérer venger son désormais allié Georgescu.

"Cette fois, on va leur voler le second tour", a-t-il promis.

Si le député se dit "plus modéré" et nie toute inclination pour la Russie, il partage la même aversion pour "les bureaucrates bruxellois", les accusant sans preuves de s'être immiscés dans le processus électoral, et promet de rendre sa "dignité" à une Roumanie trop souvent méprisée.

Sur les marchés ou à l'étranger pour convaincre l'importante diaspora, ce fan de Donald Trump se rêve en "président MAGA" (Make America Great Again), slogan parfois affiché sur ses casquettes.

Ce discours plaît à Stela Ivan, 67 ans, qui "espère de tout coeur" sa victoire.

Après des décennies dominées par les mêmes partis politiques, au pouvoir depuis la fin du communisme, George Simion apporterait "du changement" et ferait revenir ses fils partis vivre en Espagne, dit-elle après l'avoir chaleureusement salué lors de son passage dans la ville d'Alexandria, à deux heures de Bucarest.

"Nous voulons une personne capable de défendre les intérêts des Roumains dans l'Union européenne", renchérit dans la capitale Eugenia Niculescu, 65 ans, qui avec une retraite de seulement 300 euros par mois, peine à payer ses médicaments et factures dans ce pays miné par l'inflation.

- Un scrutin sous surveillance -

Face à George Simion, trois prétendants peuvent accéder au second tour prévu le 18 mai.

Le candidat de la coalition pro-européenne au pouvoir, Crin Antonescu, offre "stabilité". Le maire de Bucarest, Nicusor Dan, promet lutte contre la "corruption" et "l'arrogance" de la classe politique. Et plus loin derrière, l'ancien Premier ministre social-démocrate Victor Ponta mise sur un discours aux accents trumpiens.

"La course est devenue très serrée", commente pour l'AFP Remus Stefureac, directeur du cabinet de recherches INSCOP. "Chacun des quatre peut prétendre au poste de président".

Mais tout peut arriver selon lui: la campagne sur internet "dopée aux stéroïdes", les attaques verbales et judiciaires dans la dernière ligne droite et "le grand nombre d'indécis" peuvent "complètement bousculer" les pronostics.

Après l'annulation, décision rarissime au sein de l'UE, le scrutin est en tout cas sous haute surveillance.

Des milliers de personnes ont manifesté ces derniers mois pour dénoncer "un coup d'Etat". Les Etats-Unis sont également intervenus, le vice-président JD Vance appelant à écouter la voix d'un peuple qu'on a fait taire "sur la base des faibles soupçons d'une agence de renseignement".

Les autorités, qui ont renforcé les mesures de prévention et la collaboration avec le réseau TikTok, mis en cause à l'automne, assurent avoir "tiré les leçons" du fiasco et s'engagent à "des élections équitables et transparentes".

E.M.Filippelli--PV

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