Pallade Veneta - Sous une chaleur écrasante, les Philippins votent en pleine querelle entre les dynasties au pouvoir

Sous une chaleur écrasante, les Philippins votent en pleine querelle entre les dynasties au pouvoir


Sous une chaleur écrasante, les Philippins votent en pleine querelle entre les dynasties au pouvoir

Les Philippins ont commencé à voter lundi pour des élections de mi-mandat en forme de duel entre les deux dynasties au pouvoir, avec d'un côté le président Ferdinand Marcos Jr, et de l'autre sa vice-présidente Sara Duterte, son ancienne alliée menacée de destitution.

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Avec des températures atteignant 34 degrés Celsius dans certains endroits, George Garcia, chef de la Commission électorale (Comelec), a déclaré que certaines machines à voter étaient en "surchauffe".

"Cela ralentit le processus" a-t-il indiqué aux journalistes dans une prison où les détenus votent.

"En raison des chaleurs extrêmes, l'encre (des bulletins de vote), ne sèche pas immédiatement et le bulletin reste collé sur les scanners" a déclaré M. Garcia.

Si municipalités et sièges à la Chambre des représentants sont en jeu, l'attention se focalise avant tout sur le Sénat, en raison des retombées possibles sur la prochaine élection présidentielle de 2028.

Avec leurs 12 collègues déjà en poste à la chambre haute, les 12 sénateurs choisis lundi composeront le jury du procès en destitution de Sara Duterte, prévu pour juillet, qui pourrait à l'avenir écarter la vice-présidente de tout mandat public.

En février, la Chambre des représentants a déjà voté en faveur de son limogeage pour des soupçons de crimes, entre corruption et projet d'assassinat du président Marcos Jr.

Sara Duterte, qui a voté dans la matinée dans sa région natale de Davao, aura besoin de neuf sénateurs en sa faveur sur les 24 de la chambre haute pour espérer concourir à une élection présidentielle.

- Menace de mort -

Sara Duterte était pressentie pour succéder à son père Rodrigo Duterte lors de la présidentielle de 2022, mais elle s'est retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr, fils de l'autocrate du même nom (1965-1986), à qui elle s'est alliée avant d'être élue à la vice-présidence.

L'union entre les deux dynasties rivales a cependant vite implosé et laissé la place à des affrontements publics ces derniers mois.

En novembre 2024, au cours d'une conférence de presse, Mme Duterte a déclaré qu'elle avait donné l'ordre de tuer le chef de l'Etat si elle était elle-même tuée. Elle a, par la suite, nié avoir proféré une menace de mort, décrivant ses commentaires comme l'expression de sa "consternation" face à des échecs du président philippin.

Parmi les 12 candidats favoris pour remporter un siège au Sénat, sept sont soutenus par le président Marcos Jr, quatre par Sara Duterte - parmi lesquels la propre soeur du chef de l'Etat, Imee Marcos.

Lors de son dernier meeting de campagne jeudi à Manille, Mme Duterte a mis en garde contre une fraude électorale "massive" et qualifié une nouvelle fois d'"enlèvement" le transfèrement de son père Rodrigo Duterte vers la Cour pénale internationale.

L'ancien chef de l'Etat (2016-2022) a été arrêté et acheminé en mars vers le tribunal de La Haye aux Pays-Bas. Il est accusé de crimes contre l'humanité en raison de sa campagne meurtrière contre la drogue durant son mandat.

Malgré sa détention, Duterte père est d'ailleurs candidat dans le bastion familial de Davao, dans le sud du pays, où il compte retrouver son ancien mandat de maire. Un sondage local prédit une victoire de l'ex-président.

Pour Roland Agasa, un des 68 millions d'électeurs enregistrés, la rivalité entre Mme Duterte et M. Marcos Jr a pesé sur la campagne.

"Pour moi, le gouvernement devient stressant", a-t-il confié, à l'extérieur d'une école élémentaire de Manille qui abrite un bureau de vote.

"J'espère que nous choisirons les personnes méritantes, celles qui peuvent aider le pays", a dit M. Agasa, ajoutant qu'il prévoyait d'attendre que la météo se rafraîchisse avant d'aller voter.

- Violences -

Dans l'ensemble du pays, plus de 18.000 mandats sont en jeu lors de ce scrutin.

La police de l'archipel est en état d'alerte. Quelque 163.000 agents sont déployés pour assurer la sécurité des bureaux de vote, escorter les responsables électoraux et monter la garde au niveau de postes de contrôle.

Des militaires et des pompiers sont également mobilisés pour empêcher toute violence.

Un candidat aux élections locales, un responsable électoral, un chef de village et 13 autres personnes ont perdu la vie lors d'attaques en amont du scrutin.

Samedi, deux hommes d'un "groupe armé", dont un candidat à un mandat de conseiller municipal, ont été tués dans une fusillade avec la police et l'armée dans la région autonome musulmane située sur l'île de Mindanao (sud), territoire marqué historiquement par des violences en lien avec des élections.

Samedi également, un groupe d'hommes a été arrêté à l'aéroport de Cebu (centre) avec plusieurs millions d'euros en liquide, un crime au regard de la loi électorale qui vise à empêcher les pots-de-vin dans les contextes de scrutin.

Et dimanche, au moins deux personnes ont été tuées dans un affrontement entre sympathisants de camps opposés, également sur l'île de Mindanao, selon l'armée.

Un responsable de la région autonome de Bangsamoro a évoqué par téléphone le chiffre de quatre morts.

A.Rispoli--PV

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