Pallade Veneta - L'Inde veut que le FMI cesse ses prêts au Pakistan, l'accusant de "financer le terrorisme"

L'Inde veut que le FMI cesse ses prêts au Pakistan, l'accusant de "financer le terrorisme"


L'Inde veut que le FMI cesse ses prêts au Pakistan, l'accusant de "financer le terrorisme"
L'Inde veut que le FMI cesse ses prêts au Pakistan, l'accusant de "financer le terrorisme" / Photo: Money SHARMA - AFP

L'Inde a appelé vendredi le Fonds monétaire international (FMI) à revoir ses prêts au Pakistan, accusant Islamabad de financer "le terrorisme", au moment où son rival célèbre en grandes pompes son armée après la pire confrontation entre les deux voisins depuis des décennies.

Taille du texte:

"Je crois qu'une grande partie du milliard de dollars provenant du FMI sera utilisée pour financer l'infrastructure terroriste", a déclaré le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, en visitant ses troupes.

La veille devant d'autres soldats et officiers, le même ministre appelait le monde à "surveiller" l'arsenal nucléaire du Pakistan.

La dernière confrontation entre les deux puissances nucléaires a explosé après une attaque meurtrière au Cachemire indien, menée selon New Delhi par des jihadistes soutenus par Islamabad. Le Pakistan dément de son côté et réclame une "enquête neutre".

Le Pakistan a été retiré en 2022 de la "liste grise" des Etats soupçonnés de "blanchiment d'argent" et de "financement du terrorisme".

Le prêt auquel M. Singh fait référence a été débloqué il y a une semaine, alors que les deux puissances nucléaires échangeaient tirs d'artillerie, attaques de drones et frappes de missiles --au sol comme dans les airs.

Depuis, la Banque centrale pakistanaise a confirmé avoir reçu le versement.

- Ministre britannique à Islamabad -

Le FMI, basé à Washington, avait autorisé le déboursement d'environ un milliard de dollars dans le cadre de la revue d'un programme d'aide existant, saluant "une mise en oeuvre vigoureuse du programme" d'austérité auquel Islamabad s'est engagé après avoir échappé à la faillite en 2022.

Le conseil d'administration du Fonds avait aussi donné son feu vert à un nouveau programme d'aide, qui pourra permettre au pays d'accéder à environ 1,4 milliard de dollars supplémentaires pour faire face au changement climatique.

L'Inde s'était abstenue.

Le conflit entre les deux puissances nucléaires avait fait redouter à l'étranger une escalade jusqu'au point de non-retour, avant un cessez-le-feu annoncé à la surprise générale par le président américain Donald Trump.

Le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale partie en 1947 avant la sanglante partition entre l'Inde et le Pakistan, avait été l'un des nombreux pays à appeler les deux voisins à cesser les hostilités.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'était dit prêt à "s'engager de toute urgence" et, vendredi, son chef de la diplomatie David Lammy était à Islamabad.

Washington et Islamabad affirment que la médiation pour l'arrêt des combats a été assurée par les Etats-Unis, ce que l'Inde, qui a toujours refusé les tierces parties face au Pakistan, réfute.

Avant et durant la confrontation militaire, Téhéran et Ryad avaient également dépêché de hauts diplomates à Islamabad et New Delhi.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a dit vendredi à son homologue britannique avoir "apprécié le rôle constructif de la Grande-Bretagne dans la désescalade".

- "Prêtes et déterminées" -

Dans la nuit du 6 au 7 mai, l'Inde avait tiré des missiles sur des sites pakistanais qui abritaient, selon elle, des membres du groupe jihadiste qu'elle soupçonne d'être l'auteur de l'attaque qui a fait 26 morts le 22 avril à Pahalgam, au Cachemire indien.

Quarante civils, pour moitié des femmes et des enfants, ont été tués dans ces frappes, selon l'armée pakistanaise, qui recense 13 morts dans ses rangs. L'Inde compte pour sa part 16 civils et cinq soldats tués sur son sol dans les attaques et les ripostes qui ont suivi.

Le Pakistan, qui répète à l'envie avoir gagné la bataille des airs en abattant notamment plusieurs avions indiens --des affirmations impossibles à vérifier de façon indépendante-- marque vendredi une journée d'hommage à son armée.

Dans toutes les villes, des cérémonies de salut au drapeau, des tirs de célébration et des dépôts de gerbe ont eu lieu, pour "remercier" l'armée, toute-puissante en politique comme en économie selon les experts.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif, s'adressant une nouvelle fois aux troupes jeudi soir, avait salué leur "défense de la souveraineté du pays".

"Les forces armées pakistanaises restent prêtes et déterminées à protéger chaque centimètre du territoire", a-t-il encore menacé, alors qu'Inde et Pakistan ne cessent de répéter que les hostilités pourraient reprendre en cas d'agression venue de l'autre côté de la frontière.

burs-sbh/jma/pz

F.Abruzzese--PV

En vedette

Piratage en supermarchés: "Pas besoin de chars pour faire la guerre", dit un expert

En entraînant indirectement la destruction de produits frais, la cyberattaque inédite qui a visé lundi les installations frigorifiques de nombreux supermarchés met en lumière la "vulnérabilité" de l'approvisionnement alimentaire en France, indissociable de la "sécurité collective", estime auprès de l'AFP Stéphane Linou, expert associé au laboratoire sécurité défense du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

"Tenir bon": en Israël, des Bédouins déterminés à rester sur leurs terres malgré les démolitions

Sous un ciel couvert dans le sud d'Israël, des villageois bédouins errent parmi les décombres de leurs maisons, les dernières en date à avoir été démolies après avoir été jugées illégales par les autorités israéliennes.

Lunettes connectées: signalez quand vous filmez, demande le régulateur européen

Les lunettes connectées devraient clairement signaler quand elles filment, prennent des photos ou enregistrent du son, au nom du respect de la vie privée, a réclamé mardi le régulateur européen en charge de la protection des données (EDPB).

Ryad frappe un site pétrolier au Yémen, selon un média des Houthis

La coalition militaire menée par Ryad a bombardé mardi un site pétrolier au Yémen, selon le média des combattants pro-iraniens houthis qui ont promis de riposter en ciblant des locaux du géant pétrolier Aramco et l'aéroport de la capitale saoudienne.

Taille du texte: