Pallade Veneta - Népal: l'ex-cheffe de la Cour suprême à la tête du gouvernement de transition

Népal: l'ex-cheffe de la Cour suprême à la tête du gouvernement de transition


Népal: l'ex-cheffe de la Cour suprême à la tête du gouvernement de transition
Népal: l'ex-cheffe de la Cour suprême à la tête du gouvernement de transition / Photo: Pedro Pardo - AFP

L'ancienne cheffe de la Cour suprême du Népal, Sushila Karki, 73 ans, a été désignée pour diriger la transition ouverte par les émeutes anti-gouvernementales du début de la semaine, qui ont fait au moins 51 morts.

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"Le président Ram Chandra Paudel va nommer (...) Sushila Karki Première ministre, après accord de toutes les parties", a déclaré à l'AFP le conseiller du chef de l'Etat pour la presse, Kiran Pokharel.

L'ex-plus haute magistrate du pays, dont le nom était régulièrement cité pour succéder au Premier ministre démissionnaire KP Sharma Oli, doit prêter serment en soirée (15h15 GMT), a précisé M. Pokharel.

"Un conseil de ministres sera formé ensuite", a-t-il ajouté.

"Nous avons un accord", s'est réjoui auprès de l'AFP un des représentants des manifestants, Nimesh Shrestha. "Le Parlement sera dissous et Sushila Karki sera Première ministre", a-t-il ajouté.

La nomination de cette magistrate réputée pour son indépendance intervient après deux jours de tractations intenses organisées par le chef d'état-major de l'armée, le général Ashok Raj Sigdel, avec le président Paudel.

Une vingtaine de manifestants ont été tués, des centaines d'autres blessés, nourrissant l'indignation et la colère de la population.

Le lendemain, le chef du gouvernement a tenté de reprendre la main en ordonnant le rétablissement de Facebook, Youtube et X et promis une enquête "indépendante" sur les violences policières.

Mais rien n'y a fait: des jeunes réunis sous une bannière "Génération Z" ont investi les rues de la capitale Katmandou et mis à sac de nombreux bâtiments publics, résidences de dirigeants politique et autres symboles du pouvoir.

- "Très tendu" -

Le Parlement a été incendié, comme la résidence du Premier ministre, qui n'a eu d'autre choix que de présenter sa démission.

Agé de 73 ans, le chef du Parti communiste (maoïste) népalais, qui a dirigé quatre fois le gouvernement depuis 2015, menait depuis 2024 une coalition avec un parti de centre gauche.

Il incarnait l'élite dont la jeunesse du pays, largement privée d'emploi et lassée de la corruption, exigeait le départ.

Les troubles ont fait "au moins 51 morts (...) dont 21 manifestants et 3 policiers", a déclaré vendredi à l'AFP un porte-parole de la police, Binod Ghimire.

L'armée a repris le contrôle de la capitale. Ses soldats en armes, accompagnés de véhicules blindés et de chars, continuaient vendredi à patrouiller dans les rues désertes de Katmandou sous couvre-feu.

Ses habitants ont été autorisés à sortir vendredi matin quelques heures pour se ravitailler, alors que se poursuivait le grand nettoyage engagé pour effacer les traces des destructions de mardi, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Notre priorité, c'est de faire le plein de carburant parce qu'on a besoin de notre moto pour aller travailler", a déclaré à l'AFP Laxmi Thapa, 32 ans, ravie de pouvoir mettre le nez dehors.

- "Exigences" -

"On est sorti aujourd'hui car la situation s'améliore", s'est-elle réjoui aux côtés de son mari. "C'était très tendu, on est resté à l'abri chez nous".

La gigantesque chasse à l'homme lancée pour retrouver les quelque 13.500 détenus qui ont profité des troubles pour s'évader de leur prison continuait à battre son plein dans tout le pays.

Moins d'un millier ont été rattrapés à ce jour, certains sur le sol de l'Inde voisine, a précisé vendredi le porte-parole de la police: "12.533 sont toujours en cavale".

Le président du Népal, Ramchandra Paudel, avait promis jeudi de faire "tous les efforts" pour trouver "aussi vite que possible" une "issue à la situation difficile que connaît le pays".

Les discussions ont été animées dans les rangs des représentants de la "Génération Z", qui souhaitent une transition radicale avec les gouvernements précédents.

"Nous voulons que ça change", a exhorté jeudi une des têtes de la contestation, Sudan Gurung. "La fin de la corruption doit être une priorité absolue".

"Nous voulons la transparence du gouvernement, une éducation de qualité, des opportunités d'emploi et une vie digne", a énuméré un autre, James Karki, 24 ans, devant la presse. "Je veux croire que l'armée va nous entendre".

M.Romero--PV

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