Pallade Veneta - Soudan du Sud: l'ex-vice-président Riek Machar face à la justice

Soudan du Sud: l'ex-vice-président Riek Machar face à la justice


Soudan du Sud: l'ex-vice-président Riek Machar face à la justice
Soudan du Sud: l'ex-vice-président Riek Machar face à la justice / Photo: Simon MAINA - AFP/Archives

L'ex-vice-président sud-soudanais Riek Machar, inculpé pour "crimes contre l'humanité", a fait face lundi à la justice de son pays pour un procès diffusé en direct par la télévision publique mais dont ses avocats dénoncent l'illégalité.

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L'inculpation le 11 septembre de Riek Machar, suivie de sa destitution quelques heures plus tard par décret présidentiel, alimente les craintes d'un nouveau conflit, près de sept ans après la fin d'une guerre sanglante entre ses partisans et ceux du président Salva Kiir, qui avait fait quelque 400.000 morts entre 2013 et 2018.

Un accord de paix signé en 2018 avait mis fin au bain de sang en actant un partage de pouvoir entre les deux protagonistes. Lundi dernier, ses soutiens avaient appelé à la mobilisation militaire en vue d'un "changement de régime" au Soudan du Sud, pays devenu indépendant du Soudan en 2011.

M. Machar, vêtu d'un costume, d'une chemise blanche et d'une cravate bleue, s'est levé lundi matin de sa chaise et s'est emparé d'un micro pour décliner son nom, comme ses sept co-accusés abrités avec lui derrière d'épais barreaux.

L'un de ses avocats a dénoncé le tribunal spécial mis en place pour l'occasion, une cour selon lui "incompétente, qui n'a pas d'autorité". Les débats ont été ajournés au bout de quelques heures pour des raisons de procédure. Ils reprendront mardi.

SSBC, la télévision publique sud-soudanaise, a présenté l'événement, dans un bandeau, comme le "procès du Dr Riek Machar et de sept membres du SPLM-IO", son parti.

Les huit hommes sont également inculpés pour "meurtre", "terrorisme" et "conspiration" pour avoir participé à la coordination d'une attaque contre une base militaire par l'"Armée blanche", une milice accusée par le pouvoir de collaborer avec lui.

- "Injustifiable juridiquement" -

D'après le ministère de la Justice sud-soudanais, une attaque commise par l'"Armée blanche" a tué "plus de 250 soldats", ainsi qu'un major général sud-soudanais et un pilote onusien, le 3 mars à Nasir (nord-est).

Les soutiens de M. Machar, arrêté en mars et placé depuis lors en résidence surveillée, estiment que ces accusations sont "montées de toutes pièces".

"Si l'incident de Nasir doit être qualifié comme une (...) violation du cessez-le-feu constituant un crime grave relevant du droit international ou d'autres lois, alors la question relève (d'une) cour hybride" de l'Union africaine, dont l'existence est prévue dans les accords de paix de 2018, et non d'un tribunal spécial sud-soudanais, a encore argumenté un avocat de Riek Machar.

Edmund Yakani, figure de la société civile sud-soudanaise, avait expliqué à l'AFP au lendemain de l'inculpation de M. Machar que "le crime contre l'humanité n'est même pas stipulé dans la loi sud-soudanaise", ce qui donne le sentiment que les accusations sont "politiquement motivées", mais "injustifiables juridiquement".

Le parquet a par ailleurs rejeté lundi les requêtes en immunité de la défense pour Riek Machar, au motif que seul le président en bénéficie et non ses vice-présidents, ce "privilège" n'étant en outre selon lui "pas absolu".

Les troubles politiques ont déjà eu d'importantes conséquences humanitaires. En juin, l'ONU dénombrait 165.000 déplacés en trois mois, dont environ 100.000 avaient fui dans les pays voisins.

L'ONU a en outre récemment fait état de 100.000 personnes déplacées par des inondations ces dernières semaines, le Soudan du Sud, parmi les plus pauvres au monde, étant régulièrement victime de catastrophes climatiques.

T.Galgano--PV

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