Pallade Veneta - A Ungheni, des électeurs moldaves las de l'opposition UE-Russie

A Ungheni, des électeurs moldaves las de l'opposition UE-Russie


A Ungheni, des électeurs moldaves las de l'opposition UE-Russie
A Ungheni, des électeurs moldaves las de l'opposition UE-Russie / Photo: Daniel MIHAILESCU - AFP

A Ungheni, dans l'ouest de la Moldavie, à la frontière avec la Roumanie, membre de l'UE, Valentina Safciuc n'a toujours pas décidé pour qui voter aux élections législatives de dimanche et se dit lasse d'être poussée à choisir un camp.

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Le scrutin oppose le parti pro-européen PAS, arrivé au pouvoir en 2021 après une large victoire, au Bloc patriotique prorusse de l'ancien président Igor Dodon (2016-2020), qui gagne du terrain dans cette ancienne république soviétique voisine de l'Ukraine.

Mme Safciuc dit ne se sentir proche "ni des Allemands", "ni des Russes".

"Il faut vivre en harmonie avec tous les pays", déclare la retraitée de 63 ans à l'AFP, se disant fatiguée d'entendre les mêmes discours élection après élection.

"Ça suffit maintenant, arrêtez de faire peur aux gens," lance-t-elle à l'adresse des politiciens de tous bords de son pays, estimant qu'ils "rendent les habitants fous" au lieu de se préoccuper des "vrais problèmes", comme l'inflation.

- Porte vers l'UE -

Surnommée "la porte occidentale de la Moldavie", Ungheni est parsemée de panneaux et d'autocollants vantant les investissements réalisés par l'UE, y compris sur les poubelles et les panneaux routiers.

La région a reçu des dizaines de millions d'euros de l'UE ces dernières années. De nouveaux trottoirs, des bancs et un grand cœur portant le nom de la ville de 39.000 habitants embellissent le centre piétonnier rénové grâce à ces fonds.

Mais tout en appréciant le nouveau visage de sa ville, Mme Safciuc ne veut "pas savoir d'où vient l'argent".

Lors du référendum de 2024 visant à inscrire dans la constitution l'objectif d'entrer dans l'UE, elle a coché oui et non sur le bulletin, refusant de choisir.

La majorité des habitants du district d'Ungheni ont voté "non" à cet objectif, qui a finalement été approuvé de justesse à l'échelle nationale.

"Nous pensions que ce serait plus simple" et que "les gens comprendraient par eux-mêmes" les avantages du choix européen, déclare à l'AFP le président du district d'Ungheni, Dionisie Ternovschi.

Affilié au PAS au pouvoir, il se dit prudent quant au résultat des élections.

Pendant la campagne électorale, le PAS a mis en garde contre le tarissement de la manne de l'UE en cas d'arrivée d'un gouvernement prorusse au pouvoir.

"Je vous souhaite de rester les gardiens des portes de la Moldavie qui mènent à l'Union européenne," a déclaré le chef du parti, Igor Grosu, venu sur place fin août.

Contrairement à Mme Safciuc, pour Catalina, 25 ans, le choix est clair et il est pro-européen.

"Les élections sont importantes, surtout maintenant, car c'est notre avenir et celui de nos enfants", dit la jeune femme qui refuse de donner son nom de famille, tenant sa fille d'un an dans les bras.

En face, l'opposition prorusse a également mené une campagne acharnée. Et à quelques jours du scrutin, sa présence est plus visible que celle du PAS dans la ville, où elle a déployé davantage de panneaux publicitaires et de tentes électorales que son concurrent.

Son candidat dans le district, Ghenadie Mitriuc, se dit très confiant en sa victoire, dans un entretien avec l'AFP au siège du parti habillé de rouge.

Il accuse le PAS de préférer dépendre de l'argent de l'UE plutôt que de fournir des emplois et du gaz bon marché aux habitants.

"Nous sommes là, comme des drogués, recevant notre dose mensuelle" de Bruxelles, dit-il, rejetant en revanche les accusations du gouvernement selon lesquelles la Russie a déversé des centaines de millions d'euros pour influencer le résultat des élections, à coup de campagnes de désinformation et d'achat de votes.

O.Mucciarone--PV

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