Pallade Veneta - Fort du retour d'expérience en Ukraine, KNDS adapte ses canons Caesar à la guerre moderne

Fort du retour d'expérience en Ukraine, KNDS adapte ses canons Caesar à la guerre moderne


Fort du retour d'expérience en Ukraine, KNDS adapte ses canons Caesar à la guerre moderne
Fort du retour d'expérience en Ukraine, KNDS adapte ses canons Caesar à la guerre moderne / Photo: Frederic DIDES - AFP

Sous le ciel lourd et bas, les détonations résonnent sur le plateau de Canjuers, dans le sud de la France. Avec l'expérience de la guerre en Ukraine, les canons Caesar du franco-allemand KNDS se réinventent pour résister aux drones, nouvelle menace apparue avec ce conflit.

Taille du texte:

Les artilleurs se déploient pour envoyer plusieurs obus de 155 mm qui éclatent sur ce camp militaire, le plus vaste d’Europe occidentale, alternant terre battue et lisières boisées sur les hauteurs, devant huit délégations étrangères — venues d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie, autant de clients potentiels.

Avec l'augmentation des budgets militaires en Europe et les appels au patriotisme, la concurrence reste féroce face aux K9 Thunder sud-coréens qui équipent massivement l'armée polonaise, ou aux Panzerhaubitze 2000 allemands.

Léger et mobile, Caesar est capable de neutraliser à distance de 40 km l’équivalent d’un terrain de football avec un seul obus, puis de repartir avant même que les munitions n’atteignent la cible.

Ce qui évite qu'il soit détecté et ne devienne une cible: le taux de destruction du Caesar qui se déplace sur roues est d'environ 11% alors qu'il va jusqu'à 50% pour certains systèmes, plus lourds et souvent chenillés, assure Olivier Fort, directeur marketing artillerie de KNDS citant les statistiques ukrainiennes.

Il peut arriver en moins de 2 minutes et demie sur sa position de tir et envoyer six obus en une minute.

- "Tout à apprendre d'Ukraine" -

Cette architecture fait qu'en Ukraine Caesar se déplace sans munitions à bord, celles-ci sont prépositionnées. En cas d'attaque de drones ou de munitions planantes, le système et l'équipage sont de ce fait protégés contre une explosion secondaire ultra-puissante.

"Cela n'avait pas été envisagé précédemment", explique Olivier Fort qui a été l'auteur de la doctrine d'artillerie de l'armée de terre française en 2012.

Sur le plateau de Canjuers, en raison d'une pluie incessante, le drone de renseignement censé transmettre les coordonnées de tir à la batterie n'est pas de la partie. Les munitions téléopérées — ces drones armés que KNDS a développés avec le droniste français Delair en un temps record, dans le sillage de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022- manquent elles aussi à l’appel.

Mais la démonstration grandeur nature est tout sauf théorique: principal fournisseur d’armement terrestre à l’Ukraine, KNDS s'appuie sur un retour d’expérience de terrain unique puisque près de 120 Caesar sont présents dans le pays.

"On a tout à apprendre de la situation en Ukraine pour nos propres besoins. Il y a plein d'améliorations qui ont été faites grâce à l'Ukraine sur le canon Caesar", résume pour l'AFP Darot Dy, consultant aérospatial et défense du cabinet de conseil stratégique Roland Berger.

Une cabine au blindage renforcé, un moteur modernisé: depuis l'entrée en service du premier canon Caesar en 2008, celui-ci a déjà fait ses preuves en Afghanistan, au Mali et en Irak, et ne cesse d'évoluer, assure KNDS.

"Il y a des tactiques que les artilleurs ukrainiens ont imaginées au combat et qui vont être reprises par l'armée de terre" française, estime Olivier Fort.

L'une d'elles consiste à combiner l'utilisation de l'artillerie pour détruire les filets de protection sur les tranchées avant d'y envoyer des munitions téléopérées.

- Transparent et vulnérable -

"Les canons Caesar ont démontré leur performance en termes de précision" et leur capacité à se déplacer, souligne à l'AFP Pascal Fabre, directeur associé au cabinet de conseil AlixPartners.

Ils doivent désormais faire face au nouveau défi: "la transparence du champ de bataille" grâce aux satellites, mais surtout aux drones.

"La vitesse de réaction est très grande entre la détection et la frappe. Les armées des deux côtés se sont adaptées pour frapper beaucoup plus vite", ajoute Pascal Fabre.

La leçon numéro un de la guerre en Ukraine c'est "le besoin de se prémunir contre la menace des drones et "concilier la puissance de feu avec la mobilité", déclare à l'AFP le lieutenant-colonel Renaud Durbecq, responsable du 35e régiment d'artillerie parachutiste qui anime la démonstration.

Autre invention anti-drone déjà utilisée en Ukraine: des leurres gonflables, répliques de canons Caesar dotées d’une signature thermique qui servent à détourner les drones kamikazes russes et à préserver les véritables pièces d’artillerie.

"C'est vraiment nouveau, pour permettre de se fondre dans le paysage", commente Renaud Durbecq.

L.Guglielmino--PV

En vedette

L'extrême droite se projette à la tête d’une région en Allemagne

Expulsion des migrants, famille et orthographe traditionnelles : l'extrême droite allemande, qui pourrait diriger pour la première fois depuis 1945 un Etat régional, a présenté samedi son programme pour ses cent premiers jours en cas de victoire au scrutin de septembre.

La "vengeance" pour Khamenei est "inévitable", dit le guide suprême iranien

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé samedi que la "vengeance" était "inévitable" après la mort de son père, tué dans des bombardements israélo-américains au premier jour de la guerre, après de nouveaux échanges de frappes cette semaine malgré la signature d'un protocole d'accord.

Varsovie va ériger un Mur du Souvenir pour les victimes du "génocide" commis par les "nationalistes ukrainiens"

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé samedi qu'un Mur du Souvenir serait érigé pour honorer les victimes du "génocide" commis par les "nationalistes ukrainiens", en pleine bataille mémorielle entre Varsovie et Kiev autour des massacres de civils pendant la Seconde Guerre mondiale.

Entre Téhéran et Washington, les médiateurs reprennent leurs efforts après les frappes

Les médiateurs entre l'Iran et les Etats-Unis tentent samedi de remettre la diplomatie sur les rails après un nouvel accès de violence, sur le terrain comme dans les mots, malgré le protocole d'accord signé en juin entre les deux pays ennemis.

Taille du texte: