Pallade Veneta - Mairie de New York: la discrète main tendue du favori socialiste aux milieux d'affaires

Mairie de New York: la discrète main tendue du favori socialiste aux milieux d'affaires


Mairie de New York: la discrète main tendue du favori socialiste aux milieux d'affaires
Mairie de New York: la discrète main tendue du favori socialiste aux milieux d'affaires / Photo: ANGELA WEISS - AFP

L'un des chantiers de la campagne de Zohran Mamdani, socialiste revendiqué et favori à l'élection municipale à New York mardi, aura été de rassurer les milieux d'affaires de la capitale économique et financière des Etats-Unis.

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"Je ne pense pas que nous devrions avoir de milliardaires", a déclaré le candidat pendant la campagne pour la primaire démocrate qu'il a remportée en juin. Depuis, il a discrètement multiplié les rencontres avec des dirigeants d'entreprises.

Passé en quelques mois de quasi-inconnu à potentiel maire de la plus grande ville du pays, Zohran Mamdani a construit son programme contre la hausse du coût de la vie avec trois mesures phares: des loyers encadrés, des bus et des crèches gratuits.

De quoi devenir la cible quasi-quotidienne de médias de droite, comme la chaîne Fox News et le tabloïd New York Post, mais surtout du président Donald Trump, qui qualifie le social-démocrate de "communiste".

Dès juillet, Zohran Mamdani a toutefois participé à deux réunions organisées par le Partenariat pour la ville de New York, un groupe de défense des intérêts économiques et financiers dont le conseil d'administration inclut le patron de la banque JPMorgan, Jamie Dimon.

Le candidat "parle à beaucoup de gens, il a convaincu beaucoup de gens (qu'il) va changer (et) qu'il veut apprendre", a commenté ce dernier auprès du magazine spécialisé Fortune, offrant son "aide" si le démocrate, dont l'avance est évaluée entre 4,5 et 16 points selon les sondages, était élu.

- "Tout ira bien"-

Maire, Zohran Mamdani devrait aussi composer avec un autre centre de pouvoir: la capitale de l'Etat de New York, Albany, qui avalise certaines mesures fiscales. Or la gouverneure démocrate Kathy Hochul, classée au centre, s'est notamment montrée critique de son idée d'imposer à hauteur de 2% les revenus de plus d'un million de dollars.

S'adressant le mois dernier à un groupe de défense des intérêts immobiliers à New York, Zohran Mamdani a promis d'"évaluer les choses sur leur mérite" plutôt que sur des critères idéologiques.

Face à l'Association pour un meilleur New York, le candidat de 34 ans a souligné le rôle des entreprises dans la construction de logements et loué un "partenariat profond entre le secteur privé et le secteur public".

"Mamdani a été clair sur le fait qu'il travaillerait avec nous et se concentrerait sur les projets d'investissement et sur les actions pour relancer l'économie", a commenté auprès de l'AFP Carlo Scissura, président du Congrès du bâtiment de New York.

Les dirigeants du secteur en ont conclu que "tout ira bien" avec Zohran Mamdani à la mairie, comme avec son principal rival, le centriste Andrew Cuomo, a ajouté M. Scissura.

- "Signal important" -

Autre point de discorde, le candidat démocrate a infléchi son discours contre les forces de l'ordre, s'excusant d'avoir appelé à "couper les fonds" d'une police qu'il jugeait "raciste et anti-LGBT".

Le Partenariat pour la ville de New York a qualifié sa décision de conserver l'actuelle responsable de la police, Jessica Tisch, de "signal important à la communauté des affaires que son administration ne reviendra pas sur les progrès réalisés par la ville en matière de réduction de la criminalité".

Certaines des plus grandes fortunes, dans cette ville de 8,5 millions d'habitants comptant de nombreux milliardaires, demeurent toutefois hostiles à Zohran Mamdani, à l'image de Michael Bloomberg, des magnats des fonds spéculatifs Bill Ackman et Dan Loeb ou du dirigeant de médias Barry Diller, qui soutiennent financièrement Andrew Cuomo.

Parmi les causes de la défiance de ces soutiens d'Israël, la position propalestinienne du candidat de confession musulmane, qui a qualifié l'Etat israélien de "régime d'apartheid" et la guerre à Gaza de "génocide".

Et au milieu de ces réserves, de rares voix émergent en soutien au projet de Zohran Mamdani.

"Les gens ne quittent pas New York parce que leurs impôts sont trop élevés", estime ainsi Morris Pearl, ancien dirigeant de la société de gestion d'actifs BlackRock, désormais responsable des Millionnaires Patriotes, qui plaident pour une plus grande justice fiscale. "Les gens quittent New York parce qu'ils ne peuvent pas payer leur loyer".

P.Colombo--PV

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